Areva : anomalies détectées sur l’EPR de Flamanville étendues à d’autres réacteurs

Les ennuis continuent pour Areva. Selon Pierre-Franck Chevet, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), les anomalies détectées sur la cuve de l’EPR en cours de construction à Flamanville concernent d’autres réacteurs nucléaires en exploitation en France.

« Actuellement, les recherches se poursuivent pour regarder dans les historiques de fabrication pour voir si cette anomalie (…) identifiée sur la cuve de l’EPR a pu concerner des composants en exploitation. La réponse est oui, il y en a », a ainsi déclaré mercredi Pierre-Franck Chevet lors d’une audition au Sénat.

Pierre-Franck Chevet a par ailleurs ajouté que l’ASN était être actuellement en discussions avec EDF pour « voir quel est l’impact sur la sûreté de ces anomalies ».

Rappelons que ces dernières, annoncées en avril 2015, concernent le couvercle et le fond de la cuve de l’EPR dont l’acier contient par endroits une trop forte concentration de carbone, entraînant une « résilience mécanique » plus faible qu’attendu.

Un programme d’essai a été engagé, en concertation avec l’ASN, afin de s’assurer de la conformité de ces éléments avec les normes de sûreté. Parallèlement, Areva a lancé un audit sur son site du Creusot, où avait été fabriquée la cuve. Lequel a conduit à la mise au jour d’un système de possibles « falsifications » des dossiers de fabrication des composants nucléaires.

A la mi-avril 2016, Areva et EDF ont indiqué que de nouveaux tests étaient nécessaires sur le couvercle et le fond de la cuve du réacteur, construits à l’usine Areva du Creusot. Ces vérifications entraîneront de facto des décalages supplémentaires dans l’homologation de ces éléments par l’ASN.

Compte tenu de l’augmentation du nombre d’analyses à effectuer, Areva ne remettra son rapport à l’ASN que fin 2016, au lieu de juillet comme prévu initialement, décalant de six mois la décision de l’ASN sur la conformité des pièces. Si ces dernières s’avéraient non conformes, leur remplacement pourrait prendre plusieurs années.

Pire encore, rappelons que deux réacteurs ont été construits sur le même modèle en Chine, à Taishan. Or, le ministère chinois de l’Environnement a d’ores et déjà déclaré qu’il attendrait que tous les doutes soient levés sur la sûreté avant de les charger en combustible.

A noter également que EDF a conditionné la reprise d’Areva NP, l’activité réacteurs du constructeur, à la conformité de la cuve. Le sauvetage d’Areva, et par là même de la filière nucléaire française, repose donc sur cette opération.

Enfin, précisons qu’à l’occasion de la présentation devant l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) du rapport sur l’état de la sûreté  et de la radioprotection en France en 2015, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire  a également renouvelé sa mise en garde.  « En matière de sûreté, a-t-il ainsi martelé à plusieurs reprises, les enjeux sont sans précédent, dans un contexte préoccupant pour l’avenir. »

Alors que le secteur nucléaire doit faire face à de nombreux chantiers, l’ASN s’inquiète par ailleurs des « difficultés financières, économiques ou budgétaires » des grands opérateurs de la filière tels que Areva, EDF mais aussi le CEA. Une situation qui, selon M. Chevet,« peut conduire à ce que des investissements de sûreté ne soient pas faits ou soient retardés ».

Sources : ASN, Reuters , Les Echos

Elisabeth Studer – 25 mai 2016 – www.leblogfinance.com

(32 commentaires)

  1. Anne ma soeur âne, n’a tu rien vu venir ? Si j’ai vu les pseudo-mines qui poudroient et l’EPR qui merdoit !! 🙂 🙁

  2. Nucléaire/Le Creusot: l’intégrité des pièces pas remise en cause, selon un point d’étape d’Areva

    Paris – Les anomalies détectées dans le contrôle des fabrications à l’usine d’Areva au Creusot (Saône-et-Loire) ne remettent pas en cause l’intégrité des composants nucléaires forgés sur le site, a indiqué le groupe nucléaire français dans un point d’étape publié mardi.

    Concernant ces anomalies, une première analyse interne sur deux tiers de ces constats est achevée. Elle ne remet pas en cause l’intégrité mécanique des pièces fabriquées, a annoncé le groupe dans un communiqué.

    Areva avait annoncé fin avril que des anomalies avaient été détectées dans le suivi des processus de fabrication d’équipements au sein de son usine du Creusot, dans le cadre d’un audit qualité lancé fin 2015 à la suite de la découverte d’un défaut dans la composition de l’acier de la cuve du réacteur EPR de Flamanville (Manche) fabriquée sur le site.

    Le groupe a dit ne pas exclure des falsifications.

    L’audit de la documentation de fabrication et les analyses complémentaires se poursuivent au Creusot, a précisé le spécialiste du nucléaire, qui communiquera un nouveau point d’avancement avant fin juin.

    Selon l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), ces irrégularités concernent environ 400 pièces produites depuis 1965, dont une cinquantaine seraient en service sur le parc nucléaire français, dans des centrales non précisées.

    Elles consistent en des incohérences, des modifications ou des omissions dans les dossiers de fabrication portant sur des paramètres de fabrication ou des résultats d’essais, selon l’ASN.

    Les premières analyses, réalisées avec EDF pour le parc de réacteurs français, concernent les quelque 260 dossiers relatifs à des pièces nucléaires, tandis que des anomalies ont été détectées aussi sur des pièces non nucléaires.

    Les clients du groupe à l’étranger concernés par les constats identifiés à ce stade ont été informés, selon Areva.

    Le 12 mai, EDF avait déjà assuré que l’analyse des anomalies n’avaient mis au jour aucun défaut nécessitant de mettre à l’arrêt une centrale française exploitée par le groupe.

    Et début mai, la ministre de l’Environnement et de l’Energie, Ségolène Royal, avait indiqué que les premiers résultats des tests menés par Areva étaient bons, assurant que les pièces étaient conformes malgré des documents mal faits.

    Mais pour l’ASN, les affirmations d’Areva sont prématurées: le spécialiste du nucléaire doit encore prouver que ces anomalies ne mettent pas en cause la résistance des pièces.

    A ce stade, Areva estime que la tenue mécanique des matériels, l’intégrité des équipements, n’est pas mise en cause. L’ASN estime que les justifications fournies à ce jour sont insuffisantes pour aboutir à cette conclusion, a déclaré mardi Guillaume Bouyt, chef de l’antenne de l’ASN basée à Caen, lors d’une conférence de presse.

    Par ailleurs, une instruction est également en cours à l’ASN sur des anomalies détectées sur des générateurs de vapeur équipant des réacteurs français, du type de celles détectées sur la cuve de l’EPR.

    mpa/fpo/az

    AREVA

  3. On connait aujourd’hui les dates précises des choix de fabrication et des lancements de fabrication des pièces défaillantes du réacteur de Flamanville 3, 2005 et 2006.(les autres éléments ont été fabriquées au Japon)

    http://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-27168-historique-asn.pdf

    Contrairement à ce qui est écrit supra les ateliers du Creusot CREUSOT FORGE et CREUSOT-MECANIQUE n’appartenaient pas à AREVA aux dates auxquelles les pièces défaillantes ont été forgées et usinées. Ils étaient la propriété de Michel Yves Bolloré, le frère de Vincent qui les vendra à AREVA le 1er Septembre 2006 pour un montant de 175 M€, alors qu’il les avait acquis par une sorte de flibusterie 3 ans plus tôt pour rien.

  4. Merci Victor JF
    C’est le même coup que pour les Centrales Japonaises dont le système et surtout l’implantation ne sont pas l’oeuvre de TEPCO mais de G.E.

  5. La centrale nucléaire de Flamanville totalement à l’arrêt
    Le réacteur n° 2 a été arrêté lundi à la suite de « la détection d’une fuite d’eau sur un circuit situé dans la partie non nucléaire ». Un incident avait déjà provoqué l’arrêt, depuis février, de l’autre réacteur de la centrale.

    Le Monde.fr avec AFP | 20.03.2017

    La centrale nucléaire de Flamanville ne produit plus d’électricité depuis lundi 20 mars à la suite de l’arrêt dans la matinée du seul des deux réacteurs encore en fonctionnement, a annoncé Electricité de France (EDF) :
    « Lundi vers 6 heures, les équipes de la centrale de Flamanville ont procédé à la mise à l’arrêt de l’unité de production n° 2 à la suite de la détection d’une fuite d’eau sur un circuit situé dans la partie non nucléaire. »
    « Les équipes mobilisées »
    EDF ajoute que « le circuit de refroidissement est alimenté par de l’eau de mer. Les équipes sont actuellement mobilisées pour diagnostiquer le circuit et le réparer ». Il est « trop tôt » pour dire si son redémarrage est une question d’heures, de jours ou de semaines, a précisé le service communication de la centrale située dans le département de la Manche. Le site Internet du gestionnaire du réseau électrique à haute tension RTE évoque pour l’heure une indisponibilité de vingt-quatre heures pour ce réacteur.
    L’autre réacteur de la centrale, le réacteur n° 1, est à l’arrêt depuis le 9 février à la suite d’une détonation et d’un départ de feu dans la salle des machines, une zone non nucléaire. Son redémarrage est prévu le 31 mars, selon EDF. L’arrêt du réacteur n° 2 n’a pas de lien avec celui du réacteur n° 1, a affirmé le service de communication de la centrale. Celle-ci a représenté 4,5 % de la production nucléaire française en 2016. Un troisième réacteur est en construction à Flamanville, un chantier dont les déboires font régulièrement polémique.

  6. Anomalies détectées dans 8 centrales, l’ASN exige des réparations rapides

    Paris – L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé à EDF d’effectuer des réparations « au plus tôt » sur des équipements électriques de secours de 8 centrales qui présentaient des anomalies potentiellement préjudiciables en cas de fort séisme, a-t-elle indiqué mardi.

    Ces anomalies concernent « la tenue au séisme des systèmes auxiliaires des groupes électrogènes de secours (diesel de secours) », des centrales nucléaires de Belleville, Cattenom, Flamanville, Golfech, Nogent, Paluel, Penly et Saint-Alban », a détaillé l’ASN dans un communiqué.

    Concrètement, les ancrages (au sol, au mur, etc.) de ces équipements de secours ont montré un risque de faiblesse, qui pourrait les faire se décrocher en cas de séisme majeur, rendant indisponibles ces équipements, qui sont censés garantir l’alimentation électrique de la centrale en cas de défaillance de l’alimentation électrique externe.

    Une première anomalie avait été détectée par EDF en mars dernier à la centrale de Golfech, un évènement signalé par l’électricien, qui avait ensuite mené des contrôles sur l’ensemble des 20 réacteurs de 1.300 MW du parc français, détaille l’ASN.

    EDF a signalé mardi au gendarme du secteur que cette défaillance pouvait potentiellement concerner ces 20 réacteurs.

    « Compte tenu de l’importance du sujet » l’ASN a demandé à EDF de « résorber au plus tôt » cette défaillance, à savoir « sous trois semaines » pour au moins l’un des deux diesel de secours et « sous un mois et demi » pour le second, a expliqué à l’AFP Julien Collet, directeur général adjoint de l’Autorité.

    Dans un communiqué distinct, EDF a indiqué avoir entamé « un programme de renforcement de ces ancrages sur l’ensemble de unités de production de 1.300 MW » et que les « remises en conformité » de ces équipements sont « en cours » et seront achevées dans les délais.

    L’événement a été classé au niveau 2 sur l’échelle INES (échelle internationale de classement des événements nucléaires) qui en compte sept, souligne EDF, précisant que « les défauts à l’origine de cette déclaration n’ont eu aucun impact sur la sécurité des salariés ni sur l’environnement ».

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