Alors que plusieurs medias étrangers laissent entendre que l’ancien dirigeant libyen, Muammar Kadhafi aurait été exécuté sur ordre de Nicolas Sarkozy … pour éviter qu’il ne parle trop, reprenons un par les dossiers qui auraient pu susciter de telles craintes, voire commanditer de tels actes de la part de l’ancien président français et alors … futur candidat aux élections présidentielles 2012. Ils sont nombreux …
Rappelons que dès 2006, nous vous informions ici-même de la proximité d’un accord entre le groupe nucléaire public français Areva et le Président libyen , le colonel Kadhafi.
Nous avions par la suite suggéré en 2007 que la visite de Cécilia Sarkozy en Libye n’était peut-être pas uniquement empreinte de pensées humanitaires…. alors que les Etats-Unis faisaient alors les yeux doux au gouvernement libyen en vue d’obtenir des contrats dans le domaine nucléaire …. et pétrolier.
Ce qui devait arriver Areva laissais-je entendre ici-même, en juillet 2007 … précisant alors que le réseau Sortir du nucléaire venait d’accuser Nicolas Sarkozy de se livrer à « un troc nucléaire » en proposant au numéro un libyen Mouammar Kadhafi « de la technologie nucléaire en échange des infirmières bulgares ».
« Promouvoir le nucléaire, et tenter d’étendre cette technologie sur la planète, est de façon générale une très mauvaise chose pour l’environnement », soulignait alors dans un communiqué le réseau, une fédération d’associations. Mais « fournir de la technologie nucléaire à un dictateur est encore plus irresponsable », commentait ainsi l’ONG.
Nicolas Sarkozy avait pour sa part assuré alors – lors d’une conférence de presse à l’Elysée – qu’il n’avait « absolument pas été question » d’un quelconque accord dans le domaine nucléaire.
Sur l’antenne de France 2, Claude Guéant, interrogée par la journaliste avait néanmoins failli « lâché le morceau», frôlant tout de même la gaffe en précisant que le dossier ne rentrait pas dans le cadre des accords négociés ces derniers jours, ce qui laisserait tout de même supposer que le dossier existe bien , et qu’il pourrait faire partie de tractations parallèles.
Le secrétaire de l’Elysée n’avait pas caché que la Libye devait être considérée comme une importante source potentielle de contrats pour les groupes industriels français … ce qu’elle est déjà …
Rappelons en effet que la Libye et la France ont signé en mars 2006 àTripoli un protocole d’accord sur la recherche nucléaire civile, le premier du genre depuis l’annonce par le dirigeant libyen en 2003 de sa décision de renoncer à son programme d’armes de destruction massive. Ce protocole porte sur les recherches et l’utilisation de la technologie nucléaire dans le domaine civil, notamment médical. A noter que que Claude Guéant avait précisé – toujours en 2007 – que les accords passés avec la Libye comporteraient un volet médical … sans préciser les détails …
Certes, soulignait alors « Sortir du nucléaire », « MM. Sarkozy et Kadhafi parlent de +nucléaire civil+, mais l’expérience et l’actualité (par exemple en Corée ou en Iran) montrent que nucléaire civil et militaire sont intimement liés » ajoutait la fédération d’associations.
Si Mouammar Kadhafi avait officiellement renoncé à un programme nucléaire militaire, mais « ce dictateur est un habitué des revirements brutaux et des pratiques dissimulatoires », affirmait alors le réseau associatif. Dénonçant « avec la plus grande vigueur la +monnaie d’échange+ utilisée par les Sarkozy – l’épouse du chef d’Etat étant son +pion avancé+ en Libye – pour arriver à leurs fins ».
Précisons par ailleurs qu’à cette date, la Libye cherchait des sources alternatives aux matières fossiles pour sa production d’électricité. Elle envisageait alors de recourir au nucléaire civil dans le cadre des procédures de l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA).
Areva, leader mondial du nucléaire, avait été approché par le régime de Tripoli pour faire une offre. « On a bien été sollicité », avait ainsi indiqué à Reuters un porte-parole du groupe français en ajoutant toutefois que rien ne pourrait se faire dans accord bilatéral et sans agréments internationaux.
Après la libération des infirmières et du médecin bulgares, Nicolas Sarkozy avait annoncé qu’il se rendrait en Libye pour un « déplacement politique pour aider la Libye à réintégrer le concert des nations » .
Interrogé sur les véhémentes critiques de l’association « Sortir du nucléaire » lors d’une conférence de presse, le chef de l’Etat avait déclaré : « Ca n’a absolument rien à voir. Je tiendrai des réunions cet après-midi avec Bernard Kouchner (alors ministre des Affaires étrangères) et le Premier ministre pour préparer mon voyage mais il était très difficile de faire un accord alors même que je ne savais si les infirmières allaient être libérées. Ca n’a absolument rien à voir ».
Le président français Nicolas Sarkozy avait également assuré que « ni l’Europe ni la France » n’avaient « versé la moindre contribution financière à la Libye » pour obtenir la libération des infirmières bulgares. « La France a-t-elle versé un euro, la réponse est non« , l’Europe « a-t-elle versé un euro dans le cadre de cette négociation au-delà du protocole d’accord qui était sur la table (…) la réponse est non », avait déclaré M. Sarkozy dans une conférence de presse à l’Elysée.
Le président d’alors saluant par ailleurs salué « la médiation et l’intervention humanitaire du Qatar« . « Nous avions convenu à un moment de la négociation, M. Barroso et moi, qu’il fallait faire intervenir un Etat ami », avait-t-il déclaré. « Après, les discussions qui ont eu lieu entre le Qatar et la Libye, deux pays arabes, sont des discussions qui les regardent, et s’ils ont à communiquer dessus, ils communiqueront dessus », avait ajouté M. Sarkozy.
A noter que Qatar exploite conjointement avec l’Iran les plus grands champs gaziers du monde. Tandis que Téhéran, France et Areva ont des relations très intimes via Eurodif/Sofidif … Ceci pouvant expliquer cela …
« Un succès de la diplomatie », titrait le journal allemand Der Spiegel daté du 23 juillet 2007. A l’heure où l’hebdomadaire hambourgeois bouclait son édition, la peine de mort frappant les infirmières bulgares avait été commuée en prison à vie, mais rien n’indiquait encore que leur extradition pourrait survenir rapidement.
Le magazine expliquait alors comment Berlin et l’UE avaient « durant des mois », mené une « offensive diplomatique » pour débloquer le dossier.
Pour Der Spiegel, Nicolas Sarkozy avait alors offert à Muammar Khadafi « une bonne occasion de faire de la surenchère » : « Comment interpréter autrement la proposition de la première dame de France de moderniser l’hôpital de Benghazi ? » . « Ce n’est qu’une fois que l’entreprenant Sarkozy sera revenu de Libye qu’on pourra enfin respirer à Berlin et à Sofia » rajoutait alors le quotidien allemand.
pour rappel