Japon : demande de GNL accrue par le séisme et les déboires du nucléaire ?

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Le gaz naturel liquéfie (GNL ou LNG) pourrait-il combler en partie les besoins énergétiques du Japon, alors que le secteur nucléaire nippon est au plus mal suite au séisme  et tsunami survenus le 11 mars dernier ? Qui sait …

Si l’on en croit le groupe pétrolier américain ConocoPhillips, l’une des conséquences de la catastrophe survenue à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima pourrait être un accroissement de la demande de GNL. La Russie semble quant à elle l’avoir bien compris tentant là aussi d’avancer ses pions et obtenir des soutiens financiers du Japon pour développer de nouveaux champs.

S’exprimant lors d’une conférence d’analystes, Al Hirshberg, directeur de la stratégie de ConocoPhillips a en effet déclaré qu’il tablait sur une hausse de la demande de GNL alors que « le Japon en utilise plus pour remplacer l’énergie » nucléaire. Au delà du contexte nippon, le dirigeant a par ailleurs fait valoir que les gouvernements du monde entier reconsidéraient actuellement leurs plans liés à l’énergie nucléaire, une tendance là aussi à favoriser une demande accrue de GNL.

Le groupe considère par ailleurs que les hydrocarbures dans leur ensemble devraient demeurer la principale source d’approvisionnement énergétique à long terme et représenter « 80% de la demande énergétique en 2035 ». Selon Thierry Bros, analyste senior Gaz naturel Europe et GNL de la Société générale, l’arrêt de la production des réacteurs nucléaires de Fukushima devrait entraîner une hausse des achats japonais de 5 milliards de mètres cubes en 2011, et de 10 milliards en 2012, si l’on tient compte du rebond de la croissance.

A la mi-mars, la Russie a quant à elle annoncé qu’elle allait doubler cette année ses livraisons de pétrole au Japon, tout en lui proposant de coopérer dans le domaine énergétique. « En 2011, le volume de livraisons de pétrole au Japon va doubler, à 18 millions de tonnes », a par ailleurs déclaré M. Setchine.

Le géant gazier russe Gazprom a de son côté débuté ses livraisons supplémentaires, un premier tanker chargé de 100.000 tonnes de gaz naturel liquéfié faisant déjà en route vers le Japon.

Le gouvernement russe a en effet récemment annoncé que toute la production de gaz du projet Sakhaline-2 était détournée provisoirement vers le Japon pour compenser la baisse de production énergétique du pays, dont le tiers provient du nucléaire.

Le premier ministre russe Vladimir Poutine a également dévoilé son intention d’accélérer le développement de nouveaux sites d’exploitation de GNL pour alimenter son voisin. Moscou, en quête d’investissements étrangers, a ainsi proposé au Japon de coopérer dans le domaine énergétique, lui offrant notamment de participer à l’exploitation de deux vastes gisements d’hydrocarbures, Kovykta (Sibérie orientale) et Tchaïanda (Iakoutie, Extrême-Orient russe), détenus par Gazprom.

Les réserves du champ de Kovykta, lequel est considéré comme l’un des sites les plus prometteurs de Russie sont estimées à 1.900 milliards de mètres cubes de gaz. Elles pourraient être notamment destinées à l’approvisionnement du marché asiatique.

Opérationnel depuis février 2009, le seul terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) de Russie est à moins de 200 kilomètres au nord du Japon, sur l’île de Sakhaline. Selon Gazprom, propriétaire du site, environ 65 % du gaz exporté à partir du terminal est destiné au marché nippon.

Certes, selon le BP Statistical Review of World Energy, en 2009, la Russie n’a fourni que 4,3 % du gaz naturel consommé au Japon, mais ces exportations n’en sont qu’à leur début.

Sources : AFP, Presse Affaire