Blé : la France pourrait limiter ses exportations

champ-ble-russie.jpgAlors que la crise financière sévit partout en Europe et aux Etats-Unis, une nouvelle crise pourrait voir le jour, cette fois-ci alimentaire.

Car la météo se mettant de la partie, sécheresses  et inondations ont fortement réduit l’offre des céréales présentes sur le marché; tant et si « bien » que les pays producteurs se voient contraints de limiter leurs exportations pour pourvoir répondre à la demande interne.

Mardi, le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire a ainsi laissé entendre que la France pourrait prochainement mettre en oeuvre des mesures de limitation des exportations de blé. But affiché : maintenir un niveau de stocks adéquat dans l’Hexagone dans l’hypothèse où les ventes de céréales des pays étrangers continuaient à chuter.

«Si jamais la crise devait se poursuivre, il faudrait prendre des dispositions pour limiter les exportations et garantir le niveau des stocks», a ainsi indiqué le ministre sur Canal+.

Mercredi, l’office des filières agricoles FranceAgriMer a relevé sa prévision des exportations de blé tendre français sur le marché mondial pour la campagne 2010-2011, au niveau record de 11,8 millions de tonnes. « Il n’y a pas de problème de stock à zéro. Il y a encore des marchandises à vendre en France« , a néanmoins tenu à souligner Xavier Rousselin, chef de l’unité Grandes Cultures de FranceAgriMer, se voulant rassurant (…) .

Pour étayer ses propos, Bruno Le Maire a par ailleurs rappelé qu’en juillet dernier, suite à l’arrêt des exportations de blé russes consécutif à une sécheresse sans précédent, les prix du blé avaient doublé en trois semaines.

Le prix de la tonne de blé tourne autour de 220 euros aujourd’hui, après 100 euros début juillet 2009, et il «sera peut-être 300 euros» bientôt, s’est alarmé Bruno Lemaire.

Mercredi, les cours du blé européen sur Nyse Liffe ont touché de nouveaux plus hauts depuis le printemps 2008, se hissant jusqu’à 261 euros la tonne.

En septembre dernier, alors que les incendies reprenaient de plus belle en Russie, le Premier ministre Vladimir Poutine, avait annoncé que l’embargo russe sur les exportations de céréales ne serait pas levé avant la récolte 2011.

Rappelons que de telles mesures avaient été prises à l’été 2010 par le gouvernement, la canicule ayant eu un impact non négligeable sur la production agricole russe.  Le 5 août, Moscou avait ainsi annoncé la suspension temporaire à partir du 15 août des exportations de céréales et des produits agricoles. Des propos qui avaient alors provoqué une véritable flambée des cours du blé sur les marchés internationaux, lesquels avaient d’ores et déjà atteints des niveaux records en raison des inquiétudes sur les récoltes.

A la mi-août, le gouvernement russe avait abaissé à 60-65 millions de tonnes sa prévision de récolte de céréales pour 2010, contre 95 millions de tonnes initialement.

Entre le 5 et le 15 août, la Russie avait pu ainsi engranger de « généreux » subsides dont le montant en valeur pourrait presque contrebalancer à terme la perte en volume, les « effets » d’annonce faisant le reste …

C’est dans un tel contexte que le Bruno Le Maire s’est également montré favorable à un «encadrement et une limitation de la spéculation  » sur les matières premières agricoles, appelant également à une meilleure coordination entre Etats. «La question de la volatilité des prix agricoles, n’est pas accessoire, c’est un sujet qui nous concerne tous», a ajouté le ministre.

Selon lui une flambée des cours du blé serait à la fois dramatique pour les éleveurs, la céréale faisant partie intégrante de l’alimentation animale et des rations fournies au bétail; une situation conduisant à une «augmentation du prix de la viande» pour les consommateurs.

Enfin, le ministre n’a pas écarté l’éventualité de l’émergence d’émeutes de la faim dans le cas où la flambée des matières premières agricoles empêcheraient certains pays de s’approvisionner.

Nous en reparlerons …

Sources : AFP, Canal +

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