La Direction générale de la compétitivité de l’industrie et des services DGCIS vient de publier son tableau de bord de l’industrie et de la consommation pour le mois d’août 2010. L’occasion de faire le point sur l’état de la France. Une France en pleine crise. Production industrielle, emploi, solde du commerce extérieur, dépense des ménages : tous les indicateurs sont dans le rouge.
Production industrielle :
L’indice de la production industrielle s’établit à – 1,7 % en juin. La production a baissé de -1,3 % (hors énergie), la production manufacturière ayant fortement diminué dans l’industrie automobile (-7.4%). Le rebond attendu après la crise financière de 2008 marquant finalement le pas après seulement quelques mois de croissance molle :
Emploi industriel :
29 100 emplois directs ont été perdus dans l’industrie au premier trimestre 2010, soit – 0,9 %. Sur les douze derniers mois, ce chiffre se monte à 153 400 (!), soit une hémorragie de – 4,4 %.
L’emploi précaire est lui en pleine expansion : l’augmentation des effectifs intérimaires au premier trimestre 2010 s’établit à + 10,2 %, en hausse quatrième trimestre consécutif.
Sur 4 ans, c’est environ 400 000 emplois industriels qui ont été perdus :
Solde du commerce extérieur :
Le solde des échanges extérieurs de marchandises en juin 2010 (hors matériel militaire) présente un déficit de – 5,0 milliards d’euros. A noter que le déficit industriel s’atténue, en particulier grâce aux très bonnes exportations réalisées par Airbus, les importations progressent plus modérément.
Les bons élèves réalisant des excédents sont, pour le premier semestre 2010, les produits de la pharmacie et de la chimie (6,5 milliards d’euros), les matériels de transport (6,7 milliards d’euros) et les produits alimentaires (3,4 milliards d’euros). Tous les autres secteurs sont déficitaires.
Dépense des ménages :
L’évolution de l’indice d’ensemble des prix sur un an s’établit à + 1,7 % en juillet 2010. Les produits pétroliers ont baissé en juillet mais progressé de + 13.6% sur un an. Les produits alimentaires ont baissé également en juillet, mais augmenté de +1.4% depuis juillet 2009.
En juin, les dépenses de consommation des ménages en produits manufacturés ont diminué de -1,4 %, les achats en équipement du logement de -3.6%. Les autres types de dépenses sont généralement en baisse équivalente.
L’indicateur de confiance des ménages confirme le pessimisme ambiant. La perception qu’ont les ménages de leur situation financière passée plonge, tandis que leur opinion sur leur situation financière future stagne à un niveau négatif. La part des ménages qui jugent être en capacité d’épargner à l’avenir se dégrade. Le nombre de ceux qui estiment que c’est le moment d’épargner progresse de façon significative. Concernant les prix, les ménages estiment que l’inflation devrait rester faible dans les prochains mois, ce qui provoque un report des achats importants.
A environ – 20 points, l’indicateur de confiance des ménages a presque atteint son plus bas de la crise financière de 2008 (-25 pts). Cette crise est aussi une crise de confiance :
Une crise de confiance qui risque d’avoir des répercussions politiques désastreuses pour l’équipe gouvernementale en place. Si les ministres en place tentent d’expliquer cette succession de mauvais chiffres par la crise internationale, les Français seront plutôt tentés d’en rejeter la faute sur l’équipe actuelle. Le prochain remaniement prévu fin octobre devrait, en partie, régler de facto le problème, si la crise a le bon goût de disparaitre par la petite porte. En politique, il faut savoir croire – et faire croire – aux miracles.
A lire en complément : la publication complète de la DGCIS
En France, trouver de l’emploi est quelque chose de difficile surtout avec la crise qui s’installe.
Bonjour , votre article est une source d’information qui m’est très utile surtout pour les statistique.