Le taux des nouvelles obligations à dix ans proposées par l’Etat japonais est tombé mercredi sous la barre de 1 %. Un niveau extrêmement bas qu’il n’avait plus atteint depuis sept ans. Un indicateur de taille démontrant l’inquiétude croissante des investisseurs quant à l’économie internationale …. mais permettant au Japon de se renflouer à moindres coûts.
La baisse du taux observée mercredi est consécutive à une augmentation des souscriptions. Alors que les investisseurs nippons semblent actuellement attirés par ce type de placements, ces derniers étant considérés comme moins risqués, l’absence de cibles attractives et de candidats aux emprunts ne fait qu’accentuer le phénomène. A l’heure actuelle, les sociétés privées rechignent en effet à emprunter, l’environnement économique demeurant incertain.
« La demande pour ces bons du Trésor augmente parce qu’existe parallèlement une faiblesse d’appels de fonds de la part des entreprises« , a ainsi expliqué le ministre des Finances japonais, Yoshihiko Noda.
Certes, cette situation procure un avantage non négligeable à l’Etat japonais : le faible taux de rendement lui permet en effet de financer à moindres coûts les opérations rendues nécessaires pour combler le déficit budgétaire.
A la mi-juin, le Premier ministre japonais, Naoto Kan, avait prévenu que la colossale dette publique de son pays pouvait créer à terme un « risque d’effondrement » financier. Un argument de poids pour tenter de justifier « une vaste réforme fiscale » qu’il juge désormais « inévitable« .
« Nos finances publiques sont les pires des pays développés. Il est difficile de continuer à mener des politiques budgétaires qui dépendent largement de l’émission de bons du Trésor« , avait-il ainsi déclaré lors de son discours de politique générale devant le Parlement.
Selon lui, si le pays continue « d’émettre de nouvelles obligations au niveau actuel, la dette dépassera 200% du produit intérieur brut d’ici à quelques années ». Vous avez bien lu : 200 % … Selon le FMI, le taux pourrait même atteindre 246 % en 2014. La deuxième économie mondiale doit en effet supporter l’une des plus importantes dettes du monde, soit plus de 9700 milliards de dollars américains.
« A l’image des problèmes en zone euro provoqués par la Grèce, il y a un risque d’effondrement si nous ne faisons rien contre l’augmentation des dettes publiques et perdons en conséquence la confiance des marchés d’obligations », avait alors souligné le chef du gouvernement.
Petite précision tout de même : la dette du Japon est détenue à 95 % par des investisseurs nippons.
En mai dernier, Teizo Taya, un ancien membre du conseil d’administration de la Banque du Japon (BoJ) avait toutefois mis en garde ceux qui considèrent que le Japon est à l’abri d’une crise budgétaire affirmant que les investisseurs étrangers qui détiennent 5% de la dette « pourraient déclencher une crise s’ils se mettaient à les vendre ». De plus, selon lui, le gouvernement japonais ne commencera à réformer les finances publiques que lorsque la crise aura émergé. Une situation qui pourrait bien se traduire par un renchérissement de ses coûts de financement.
Sources : AWP, afp