Une veillée bien symbolique, à maints égards … Face à l’angoisse du licenciement après l’annonce de la fermeture de leur usine de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), les salariés de l’équipementier automobile Molex vont réveillonner, comme à Noël, devant leur usine.
Tant pour marquer le coup et alerter les media … que pour éviter que leur outil de travail ne prenne la poudre d’escampette à leur insu.
Selon Guy Pavan, délégué syndical CGT, « il n’y a pas de raison de ne pas être joyeux car on se bat pour notre droit », soulignant que « le coup sur la tête » de l’annonce de la fermeture est « désormais passé ». Mais, selon lui, « on ne peut pas admettre que l’entreprise ferme, pour délocaliser en Slovaquie, alors qu’elle fait des bénéfices ».
C’est la porte ouverte à tous les abus », avait récemment relevé quant à lui Lionel Garrigues, délégué CFDT, regrettant le « manque de volonté gouvernementale pour empêcher les investisseurs de partir ».
Molex Automobile Sarl, filiale du groupe américain Molex, employant 30.000 personnes dans le monde, a annoncé fin octobre sa décision de fermer en juin 2009 son site de production de connecteurs automobiles, arguant de « la hausse constante du prix des matières premières et l’érosion des prix de vente des produits » pour ce faire.
La direction estime en effet que le site de Villemur-sur-Tarn, fournisseur notamment de Peugeot et Renault, n
L’Américain Molex cesse de payer le plan social pour son ex-usine en France
Le 13/10/2010 à 19:59
Le groupe américain Molex vient de répliquer à l’action engagée aux prud’hommes par près de 200 salariés de son usine française de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), fermée en 2009, en cessant de financer le plan social et en s’en remettant peut-être à la collectivité pour le faire.
Cette décision a suscité la colère de la CGT et du ministre de l’industrie, Christian Estrosi.
« Cette décision (…) nous confirme les méthodes mafieuses de Molex, avec ces mesures de rétorsion contre les 189 salariés qui contestent leur licenciement économique devant les prud’hommes », a déclaré Guy Pavan, délégué CGT mercredi.
« Je ne laisserai pas Molex fuir ses responsabilités et trahir un seul de ses engagements », a déclaré le ministre de l’Industrie dans un communiqué.
Le ministre s’était engagé en faveur d’un plan social avantageux à la mi-septembre 2009 pour obtenir des 283 salariés la fin d’un an de résistance à la fermeture de l’entreprise de connectique automobile. Il avait ensuite qualifié les dirigeants du groupe américain de « patrons voyous ».
La plupart des salariés licenciés en octobre 2009, avec des indemnités de licenciement avantageuses et un congé de reclassement de neuf mois, se sont retrouvés au chômage en juillet 2010. Une quarantaine a retrouvé un emploi chez VMI (Villemur-Industries) créé par le fonds d’investissement HIG à la demande de M. Estrosi.
Les représentants du personnel ont été licenciés six mois plus tard, après accord du ministre du travail Eric Woerth; 19 d’entre eux, encore en congé de reclassement, devaient être payés jusqu’en janvier 2011. Ils s’étaient étonnés la semaine passée de ne pas toucher leur indemnité de septembre.
Un « liquidateur amiable » (la société BTSG), nommé le 28 septembre par le tribunal de commerce de Paris, leur a appris que la filiale française « Molex Automotive SARL », qui n’a plus d’activité industrielle, n’était « pas en mesure d’honorer l’échéance du 30 septembre » et que la maison-mère américaine lui avait signifié mardi son refus d’apporter les fonds nécessaires à sa filiale, après avoir déjà versé 30 millions d’euros.
« La délivrance de 189 assignations devant le conseil des prud’hommes de Toulouse (…) visant à obtenir une indemnisation supplémentaire équivalent à cinq années de salaires (…), les conduisent à cesser purement et simplement toute forme de soutien financier à leur filiale française », explique la lettre adressée par BTSG à l’avocat des Molex, Me Jean-Marc Denjean.
La direction de Molex s’est justifiée en qualifiant « d’exorbitante » l’indemnité demandée aux prud’hommes. Cette action « démontre que l’attitude conciliante de Molex n’est suivie d’aucun effet » déplore le groupe américain. « Cette situation consternante » a conduit sa filiale française à « déposer son bilan », ajoute Molex.
TSG estime que la procédure va mener à la liquidation judiciaire et indique que le futur mandataire liquidateur pourra solliciter l’intervention de l’association de garantie pour les salaires (AGS) chargée de se substituer aux entreprises défaillantes.
M. Estrosi « condamne avec la plus grande fermeté l’attitude » de Molex, « exige » que le groupe tienne ses engagements et assure qu’il emploiera « tous les moyens de droit possibles afin que Molex garantisse le paiement des sommes dues ». Le président de la Région Midi-Pyrénées Martin Malvy (PS) a aussitôt répliqué: « Ce ne sont pas des surenchères verbales que nous attendons mais bien des solutions ».
Dans un contexte de désindustrialisation, Molex est devenu un symbole de ces entreprises jugées rentables et viables, mais sacrifiées sur décision étrangère au nom d’une logique financière globale échappant au personnel.
Toulouse7.com
En mars dernier, 2 jours après sa prise de fonction, Eric Woerth, Ministre du Travail avait donné son aval, malgré l
Affaire Molex: la CGT doute de l’impartialité du cabinet Woerth
Les services du ministre du Travail ont autorisé le licenciement des représentants du personnel de l’usine, fermée en octobre 2009. Problème: un conseiller de Woerth est lié aux avocats de la direction de l’entreprise.
Le combat des salariés est devenu emblématique du combat contre les fermetures d’entreprises rentables. (AFP)
Le syndicat CGT de l’usine Molex de Villemur-sur-Tarn, fermée en octobre 2009, a adressé lundi 6 septembre une lettre ouverte à Eric Woerth émettant des « doutes sur l’impartialité » des services du ministre du Travail qui ont autorisé le licenciement des représentants du personnel.
Le syndicat s’appuie sur une enquête de France Inter diffusée le 20 août révélant qu’un conseiller personnel d’Eric Woerth, Eric de Sérigny, travaillait par ailleurs pour la société d’investissement Athéma.
Celle-ci collaborait avec les avocats de la direction de l’usine de connectique automobile, qui a licencié ses 280 salariés malgré 11 mois d’une lutte devenue emblématique du combat contre les fermetures, décidées à l’étranger, d’entreprises rentables.
L’ami de Patrice de Maistre
Le syndicat CGT pointe un « possible conflit d’intérêts » et estime que ces faits suscitent « de nombreuses interrogations sur l’honnêteté de la décision prise à notre encontre (…) qui méritent pour le moins des explications, voire le retrait de votre décision ».
Le dossier Molex « n’a jamais été évoqué par moi avec le ministre », avait répondu Eric de Sérigny à France Inter.
Eric de Sérigny, haut cadre financier, précisait qu’il travaillait à titre « bénévole » pour Eric Woerth, alors trésorier de l’UMP, sur les relations avec les chefs d’entreprise.
Il est notamment l’ami de Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt (L’Oréal), et a soutenu, tout comme Eric Woerth, sa candidature à la Légion d’honneur. L’attribution de cette distinction à Patrice de Maistre fait l’objet d’une enquête préliminaire sur un possible trafic d’influence.
L’aval d’Eric Woerth
Après Eric de Sérigny, le directeur général du Travail, Jean-Denis Combrexelle, a réfuté toute « intervention » du cabinet d’Eric Woerth dans le licenciement des représentants syndicaux pour raison économique.
Le président de la région Midi-Pyrénées, Martin Malvy (PS), a en revanche réclamé que le dossier qui a conduit à la décision du ministère soit « rendu public ».
L’affaire remonte à fin mars 2010 quand Eric Woerth, quelques jours après sa nomination au ministère du Travail, a donné son aval, malgré l’avis de l’inspection du Travail, au licenciement des représentants du personnel de cette usine.
Le ministère a expliqué que « la cessation d’activité totale constitue une cause économique de licenciement ».
La CGT rejette cet argument dans sa lettre à Eric Woerth et à la direction générale du Travail. Elle dénonce leur « empressement » à rendre cette décision quelques jours avant la comparution de deux dirigeants de Molex à Toulouse, le 6 avril 2010, pour « délit d’entrave au comité d’entreprise ». Ils ont été condamnés à six mois de prison avec sursis.
187 salariés devraient déposer un dossier devant les prud’hommes d’ici à fin septembre pour contester leur licenciement.
(Nouvelobs.com)
06/09/2010