Barroso : l’euro ne serait pas un frein aux exportations de l’UE

Euro_fourmi Voilà qui risque de jeter un « froid » du côté des dirigeants des grands groupes industriels français, tels qu’Airbus notamment, ou en tout cas risque de remettre en question la pertinences des propos pointant du doigt la dépréciation du dollar, pour expliquer les mauvais chiffres de la balance commerciale de la France : le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a estimé jeudi que l’euro fort ne constituait pas un problème majeur pour les exportations des pays de l’Union.

De tels propos pourraient également relancer le débat sur les mesures de délocalisation « justifiées » par la parité euro/dollar

« Bien sûr, nous sommes préoccupés » par la parité euro-dollar, mais « l’augmentation de l’euro n’a pas provoqué de problèmes majeurs dans nos exportations », a déclaré José Manuel Barroso lors d’une rencontre avec la presse économique, à Paris.

Pour rappel, l’euro a atteint jeudi un nouveau plus haut historique face à la monnaie américaine. Il s’est cependant replié mardi face au dollar, évoluant autour de 1,56 dollar, après des indicateurs américains moins mauvais que prévu et, à l’inverse, des indices européens en berne, qui relançaient les spéculations sur une baisse des taux en zone euro.

« Il faut éviter de faire de l’euro un bouc émissaire« , a dit Jose Manuel Barroso, selon qui les exportations des pays européens vers les pays tiers « se portent bien et même très bien ».

Dans la mesure où l’Hexagone effectue la plupart de ses exportations avec des pays qui ont la même monnaie, « ne disons pas que c’est à cause de l’euro fort que la France a des problèmes d’exportation », a-t-il par ailleurs ajouté, soulignant que la France avait un excédent commercial avec les Etats-Unis.

« Le problème, c’est avec les pays qui ont la même monnaie » que la France, au sein de la zone euro, a-t-il ajouté, notant que c’est « un problème de compétitivité des différentes économies ».

La Commission Européenne semble ainsi anticiper d’éventuelles argumentations du gouvernement français pour tenter d’expliquer sa légèreté face à ses engagements de réduction de déficit public. Le message est clair : l’euro ne pourra être accusé de tous les maux pour soustraire la France à ses obligations vis à vis de ses partenaires.

Prenant l’exemple de l’Allemagne, Barroso a aussi fait remarquer que « la force exportatrice ne se construit pas sur une monnaie faible mais par des produits performants ». Et vlan pour la France, et la qualité de sa production industrielle. C’est sûr, une BMW ou une Audi dispose de plus d’atouts dans son sac qu’une Logan ou une Laguna 3.

Le président de la Commission européenne a également indiqué qu’il fallait laisser la Banque centrale européenne (BCE) lutter contre l’inflation, alors que la BCE a laissé inchangé jeudi à 4% son principal taux, réaffirmant que sa priorité était la lutte contre la hausse des prix.

« L’euro dit fort – en fait c’est plutôt le dollar qui est faible – travaille contre l’inflation donc l’euro travaille pour le pouvoir d’achat », a-t-il aussi estimé.

Interrogé sur les conséquences de la crise financière actuelle et sur l’hypothèse d’une récession aux Etats-Unis, M. Barroso a estimé que l’Europe ne serait pas « immune aux vents froids venus de l’autre côté de l’Atlantique ». « Il y a le risque d’une récession » aux Etats-Unis, a-t-il noté, reconnaissant que si elle devait de produire, « il y aurait des conséquences » en Europe, qui doit donc faire preuve d’une « extrême vigilance ». Les « difficultés existent », a-t-il dit, citant la pression sur les marchés financiers et le ralentissement de la croissance mondiale, et « nous avons des raisons de croire que cela va continuer ».

Mais malgré les remous sur les marchés mondiaux et la hausse du prix des matières premières, Barroso s’est déclaré néanmoins confiant dans la santé de l’économie européenne. « Il n’y a pas de raison de sombrer dans le pessimisme. Nos fondamentaux économiques sont sains », a-t-il assuré.

« L’euro a joué un rôle efficace d’amortissement des chocs externes », a-t-il ajouté, faisant remarquer qu’un baril de pétrole à 100 dollars valait aujourd’hui 66 euros.

Monsieur Sarkozy, vous voici prévenu, Monsieur Barosso semble être loin d’être dupe face à vos affirmations pointant du doigt l’euro pour justifier l’état financier de la maison France …

Sources : Reuters, AFP

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