La politique migratoire de Trump pourrait ralentir la croissance prévient la Fed

Si François Hollande critiquait récemment le protectionnisme de Donald Trump, estimant qu’il pourrait nuire à terme aux Etats-Unis, c’est désormais à Janet Yellen, la présidente de la banque centrale des Etats-Unis (Fed) de pointer du doigt la politique migratoire du nouveau président américain. S’exprimant mardi devant le sénat américain, la démocrate a ainsi affirmé que ralentir l‘immigration pourrait ralentir la croissance économique.

Interrogée sur les mesures anti-immigration de Donald Trump, Janet Yellen s’est refusée « à commenter en détail la politique sur l’immigration« . Elle a toutefois fait observé que le ralentissement de croissance de la population active des Etats-Unis avait entraîné une lente progression de l’économie US, et que l’immigration avait alors été une source importante de croissance de la participation à l’emploi. Concluant : « ralentir le rythme d’immigration devrait probablement ralentir le rythme de croissance de l’économie ».

Ces propos font suite notamment à la signature fin janvier par le nouveau président américain d’un décret ordonnant aux autorités chargées de la reconduite à la frontière de cibler en priorité les sans-papiers délinquants ou soupçonnés de délits, fixant ainsi une catégorie beaucoup plus large que sous l’administration Obama, laquelle avait donné la priorité aux expulsions de criminels et de récidivistes.

Durant sa campagne électorale, Donald Trump avait clamé haut et fort vouloir instaurer une politique économique basée sur le principe de « l’Amérique d’abord », privilégiant les citoyens américains aux demandeurs d’emploi immigrés. Il a non seulement promis d’empêcher les entreprises d’externaliser une « main d’œuvre bon marché », mais également « d’imposer comme condition absolue d’embaucher d’abord des travailleurs américains ».

Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump a annoncé sa volonté de créer 25 millions de nouveaux emplois durant les dix prochaines années et d’atteindre un taux de croissance à 4%. Vaste défi … Nombre d’économistes estiment que ces objectifs seront impossibles à atteindre sans reporter l’âge de la retraite ou accueillir un grand nombre d’immigrés, voire même les deux.

« La seule manière de donner du sens à ces propositions pour un économiste est d’augmenter la population », affirme ainsi Jennifer Hunt, ancien chef économiste au ministère du Travail. Des travaux menés par l’Académie nationale des sciences, auxquels elle avait participé avaient conclu pour leur part qu’à long terme, l’immigration bénéficierait beaucoup à l’économie américaine, avec « peu voire pas d’effets négatifs » sur l’emploi ou les salaires des Américains nés aux États-Unis.

Ian Shepherdson, chef économiste à Pantheon Macroeconomics, considère quant à lui que les objectifs de Donald Trump sont « totalement irréalisables » avec la main d’œuvre actuelle. Il fait par ailleurs observé que les entreprises elles-mêmes ont de plus en plus de difficultés à répondre à la demande. Le phénomène ne devrait qu’aller en s’accentuant dans le cas où un programme de grands travaux serait engagé, comme l’a promis Donald Trump.

Pour Ben Zipperer, de l’Economic Policy Institute, une croissance de l’immigration sera d’autant plus nécessaire qu’un Américain sur quatre sera âgé de plus de 65 ans dans les dix prochaines années. Pour lui, la seule solution pour pourvoir les 25 millions d’emplois que Donald Trump entend créer d’ici dix ans, est de faire appel à des immigrés ou demander aux personnes de travailler plus longtemps.

A l’heure actuelle, la main d’œuvre immigrée représente environ 25 millions de personnes.

Sources : AFP, Reuters

Elisabeth Studer – 14 février 2017 – www.leblogfinance.com

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(29 commentaires)

  1. Les USA auront du mal à réaliser 4% de croissance, selon une enquête
    Reuters
    (Reuters) – Les promesses de déréglementation et de relance budgétaire de Donald Trump devraient donner un léger coup de pouce à l’économie américaine cette année, montre une enquête de Reuters publiée mardi, mais les économistes pensent que la probabilité que la croissance atteigne les 4% visés par le nouveau président est faible.
    Trump s’est engagé à procéder à d’importantes baisses d’impôts pour les particuliers et pour les entreprises, tout en promettant des dépenses budgétaires massives et un allègement de la réglementation, afin de relancer la croissance aux Etats-Unis.
    Malgré l’exubérance des marchés qui a immédiatement suivi l’élection de Trump, les 58 économistes qui ont accepté de répondre à une question supplémentaire jugent que les chances d’atteindre une croissance de 4% sont faibles.
    « Les marchés sont allés trop vite », note Ethan Harris, économiste en chef chez Bank of America Merrill Lynch. « Ils n’ont pas entièrement intégré l’importance de la période d’incertitude que nous sommes en passe de traverser ni le risque que certaines mesures soient très négatives pour la croissance. »
    Seuls deux des économistes interrogés s’attendent à une croissance supérieure à 4%, et pas avant le deuxième semestre.
    DEUX GRANDS RISQUES: DOLLAR ET PROTECTIONNISME
    Les économistes prévoient en moyenne une croissance annualisée de 2,1% à 2,5% pour chaque trimestre de 2017, une fourchette inchangée par rapport à celle de l’enquête de janvier et proche des autres enquêtes menées depuis l’élection du 8 novembre. Depuis lors, l’indice S&P 500 a gagné environ 10%.
    Les meilleurs prévisionnistes des enquêtes de Reuters de l’an dernier prédisent aujourd’hui une croissance au mieux de 3% cette année. L’économie a crû au rythme annualisé de 3,5% au cours du trimestre qui a précédé la victoire de Trump.
    La vigueur du dollar, qui s’est apprécié de plus de 3% depuis le 8 novembre, constitue l’un des deux principaux risques économiques, avec le protectionnisme, cette année.
    Néanmoins, près des trois quarts d’un échantillon d’économistes plus restreint ayant répondu à une question supplémentaire jugent que la relance par le budget promise par Trump soutiendra l’économie et compensera probablement le coup de frein des mesures protectionnistes.
    Mais les projets de dépenses publiques n’améliorent en rien les perspectives de l’inflation et des salaires. L’indice des prix « PCE core », principale mesure d’inflation de la Réserve fédérale qui exclut certains éléments volatils, est attendu en hausse de 1,7% à 1,9% chaque trimestre, un niveau inférieur à l’objectif de 2% de la Fed.
    Des responsables de la banque centrale ont souligné que dans une économie arrivée à la fin du cycle de reprise, une politique budgétaire expansionniste pourrait conduire à une remontée des taux d’intérêt plus rapide qu’anticipé.
    La dernière enquête, qui englobe 20 « primary dealers » (des banques traitant directement avec la Fed), montre que la Fed devrait laisser le taux des Fed funds inchangé entre 0,50% et 0,75% à l’issue de sa réunion des 14 et 15 mars. Seuls 12 des 105 économistes interrogés prévoient une hausse des taux à cette occasion.
    Les économistes interrogés tablent en majorité, comme en janvier, sur une hausse d’un quart de point du taux d’intervention au deuxième trimestre, puis une deuxième de même ampleur au quatrième trimestre, qui porterait la fourchette à 1,00%-1,25%.
    La présidente de la Fed, Janet Yellen, a redit mardi que la banque devrait sans doute relever les taux d’intérêt lors d’une de ses réunions de politique monétaire à venir, tout en soulignant l’importance des incertitudes qui entourent la future politique économique du nouveau gouvernement américain.

  2. Franchement dans le domaine économique pourquoi certains électeurs ont voté Trump ? Parce que la croissance était superbe ?
    On peut rêver une croissance à 4%, alors que c’est la déflation truquée qui donne des chiffres de croissance depuis 2007 !!

  3. Quand le trucage touche tous les domaines, les stratèges militaires parlent de camouflage.

  4. C’est sur il est très vilain ce Trump !! et ceux qui sont à l’origine de la division du Soudan ? Et de la Yougoslavie ? sur des critères religieux, ils assument la famine au soit disant « Sud Soudan » ? et la merde religieuse à nos portes en Bosnie ?
    Trump n’a qu’un avantage, son élection est le premier acte posé par les électeurs pour faire avancer quelques criminels vers des Tribunaux Internationaux des vrais !!

  5. http://www.ledevoir.com/international/etats-unis/492092/etats-unis-les-empechements-a-l-impeachment-de-donald-trump

    Les pseudo démocrates anti-Trump sont surtout des criminels qui représentent des objectifs inavouables
    Il est bien normal qu’ils cherchent à éviter le sort peu enviable que l’avenir leur réserve.
    l’oreille du loup pointe sous la peau de mouton !!!
    Qu’on envoie rapidement des vieux rafiots bourrés de « boat Peoples » à nos amis anglais !! on en profitera pour mettre Kouchner comme capitaine !!

  6. Bakir Izetbegovi?, Président du collège présidentiel !!! Comme Franco et Pinochet le père de Monsieur Pingouin est mort pèpère avec les mains pleines de sang !! Toute ces équipes de criminels font de très beaux discours en costard cravate bien loin de la réalité !! Les criminels qui protègent ce genre de fantaisies religieuses débiles « créatrices » de pseudo-états religieux finirons dans les « Livres » ( les vrais ) comme exemples du vide de la pensée !!!

    https://gadebate.un.org/fr/71/bosnie-herzégovine

  7. Le FMI a laissé inchangées mardi ses prévisions d’accélération de la croissance aux Etats-Unis, prenant acte du regain de confiance impulsé par Donald Trump tout en pointant le flou de son plan de relance.

    Comme prévu en janvier, le produit intérieur brut des Etats-Unis devrait progresser de 2,3% cette année et de 2,5% en 2018, marquant une nette accélération par rapport à la performance en demi-teinte de l’année dernière (1,6%), a indiqué le Fonds monétaire international dans son rapport semestriel sur la conjoncture.

    Moins de 100 jours après l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, le FMI continue donc de croire à une accélération de la croissance américaine à court terme sur fond de promesse de dérégulation et de baisses d’impôts sur les sociétés.

    « Jusqu’à maintenant, le changement attendu de politique économique a dynamisé les marchés financiers et renforcé la confiance des milieux d’affaires, ce qui pourrait alimenter encore davantage l’élan actuel », écrit le Fonds monétaire international, notant que la croissance était auparavant freinée par de faibles investissements.

    Selon le Fonds, cet optimisme est en particulier alimenté par le plan de relance budgétaire que le président a promis d’engager, notamment par une politique de grands travaux de 1.000 milliards de dollars.
    Le FMI souligne toutefois que « l’ampleur et la nature » de ce plan reste entouré d’incertitudes et met en garde contre de possibles effets pervers.

    Si le levier budgétaire était actionné de manière trop vigoureuse, l’inflation pourrait ainsi grimper et forcer la banque centrale américaine à fermer le robinet du crédit plus vite que prévu, au risque de provoquer des turbulences financières.

    Autre promesse de M. Trump, la réforme de la fiscalité des entreprises, qui passerait notamment par une réduction de l’impôt sur les bénéfices, est elle aussi porteuse d’incertitudes.

    Sur le plus long terme, le FMI se montre par ailleurs beaucoup plus pessimiste que le pensionnaire de la Maison Blanche. Dans un « horizon lointain », le potentiel de croissance américain ne sera que de 1,8% alors que M. Trump a assuré pouvoir atteindre une expansion économique de 4%.

  8. La réforme fiscale de Trump « probablement un peu retardée » (Mnuchin)

    AFP18/04/2017

    La grande réforme fiscale promise par le président américain Donald Trump « sera probablement un peu retardée en raison de la réforme de la santé », retoquée fin mars, a indiqué mardi le secrétaire au Trésor au Financial Times.

    L’objectif initial de faire adopter par le Congrès un texte sur le sujet avant août « est très optimiste voire pas réaliste actuellement », a expliqué Steven Mnuchin au quotidien britannique, tout en soulignant qu’il misait toujours sur un remaniement du code fiscal d’ici la fin de l’année. Donald Trump a dû retirer en mars son projet de réforme de la loi dite « Obamacare » sur la santé, faute d’un soutien suffisant de ses propres troupes au Congrès.

    L’administration avait dans la foulée de cet échec mis l’accent sur la réforme fiscale, une autre grande promesse de campagne, espérant des discussions moins âpres au sein de sa majorité.
    Mais remanier l’ensemble du code fiscal, ce qui n’a pas été fait depuis 1986, a été l’un des défis que plusieurs présidents, républicains comme démocrates, ne sont pas parvenus à surmonter vu les obstacles de procédures et les délicats compromis nécessaires.

    Les économies qu’il était prévu de faire sur « Obamacare » devaient par ailleurs compenser en partie les réductions d’impôts envisagées et donc la baisse de revenus pour le budget fédéral.

    Alors que les leaders républicains insistent pour que le remaniement fiscal soit « neutre » pour le budget, c’est-à-dire sans incidence sur les recettes budgétaires, M. Mnuchin a insisté auprès du Financial Times sur le fait que « la croissance économique génère beaucoup de revenus ».
    La différence entre une croissance de 1,8% et de 3% est « stupéfiante », a-t-il estimé en affirmant que selon les scénarios retenus, les revenus générés pouvaient varier de près de 2.000 milliards de dollars.

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