Marque ou crève : le piège africain du foot business

Marque ou crève : tout est dit dans un titre que l’on n’ose comprendre .. mais c’est bien de football qu’il s’agit. Merci à Visa pour l’Image (Perpignan) d’avoir permis de mettre au grand jour le problème, ne serait-ce qu’en proposant ce livre dans la librairie édifiée spécifiquement durant la période du festival de photo-journalisme.

Car si Didier Van Cauwelaert avait osé aborder le problème d’une façon romancée, dans son livre « Rencontre sous X »  , les journalistes Frédéric Loore et Roger Job nous livrent quant à eux photos et texte de leurs reportages saisissants en vue de démontrer comment les jeunes africains se trouvent pris au piège du business du football, ou la valeur d’être humain se trouve réduite aux buts qu’il met et aux mannes publicitaires qu’il permet ainsi de rapporter à son club …

Les photos – récompensées par le Nikon Press Photo Award  2012 – et les textes – dotés du prix de journalisme 2013 du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles – racontent en effet un réalité effarante que le monde du football préfère ignorer.

Les joueurs – ou plutôt les esclaves d’un nouveau genre du football business – viennent de Côte d’Ivoire, du Cameroun, de Guinée, du Mali, du Nigeria ou d’autres terres sacrées du football africain.

Jeunes, seuls, sans le sou et souvent sans papiers, ils vivent d’espoir, de débrouille et de solidarité. Victimes de maquignons déguisés en agents, parfois de véritables trafiquants d’êtres humains, mais le plus souvent piégés par le mirage d’une carrière professionnelle au plus haut niveau en Europe, ces damnés du foot laissent derrière eux l’Afrique indigente qu’ils s’efforcent de fuir, ainsi que des familles abusées et écrasées par le poids de la dette contractée en échange de leur voyage sans retour. Quand ils ne sont pas poussés par les familles elles-mêmes, ces dernières voyant en eux le bon filon permettant de nourrir toute une fratrie, comme c’est le cas au Sénégal.

Au final, beaucoup atterrissent dans des petits clubs de seconde zone. Selon les termes mêmes des auteurs «  leur vulnérabilité nourrit leur exploitation ». Lesquels constatent par ailleurs que « quantité d’autres échouent sur les terrains vagues où aboutissent tous les recalés de la planète foot ».

Elisabeth Studer – 15 octobre 2014 – www.leblogfinance.com

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(22 commentaires)

  1. Le mirage du ballon d’or
    Jeudi, 26 Juin 2014 13:31
    Alors que la Coupe du Monde nous place sous hypnose, voyage d’Anderlecht à Abidjan et Bangkok, avec“Marque ou crève”. Pour réaliser ce livre-enquête, Frédéric Loore et Roger Job ont sondé les ténèbres du foot commercial sous l’éclairage du trafic d’être humains.

    Marcel Leroy

    L’enquête réalisée par les reporters belges Frédéric Loore et Roger Job pour Paris-Match, renforcée et étayée de faits complémentaires, donne un livre, “Marque ou crève” publié aux éditions Avant-Propos.

    Pour l’exposition, dont le livre deviendrait alors le catalogue, il faudra encore attendre. Dommage, car le propos est d’actualité, alors que la vitrine du foot-fric éblouit la planète. A contrario, les enquêteurs ont choisi de nous entraîner dans l’arrière-boutique, spectacle cruel.

    En exergue de cet ouvrage au texte sobre au style clair et maîtrisé (Frédéric Loore), et aux images (Roger Job) allant droit à l’espoir des jeunes Africains pour qui le foot est une issue de secours, cette citation, donne le ton: “ Je ne joue pas contre une équipe en particulier, je joue pour me battre contre l’idée de perdre”. C’est signé Eric Cantona…

    “Marque ou crève”. Frédéric Loore et Roger Job. Editions Avant-Propos. 24,95 euros.Photo Roger Job
    © Photo Roger Job

    A leur manière, les athlètes en guenilles qui s’entraînent jusqu’au bout de leurs forces pour gagner de l’argent en Europe ou en Thaïlande, et procurer des ressources à leurs familles, incarnent cette déclaration jusqu’à l’absurde. Ils usent les terrains de foot avec un seul but en tête, gagner leur vie. Mais ce mirage risque fort de se muer en cauchemar. Des vautours tournent autour de ces jeunes prêts à tout donner pour devenir des acteurs de la scène commerciale du football.

    6.000 euros pour un contrat bidon

    A Abidjan et ailleurs en Afrique, des familles s’endettent lourdement et pour longtemps afin de financer les quelque 6.000 euros qui, via certains intermédiaires pourris, devraient permettre aux jeunes de trouver un emploi dans un club d’Europe ou d’Asie, à l’affût de talents à prix cassés.

    Pour dénoncer ces pratiques et mettre en garde des proies fascinées, Loore et Job nous entraînent sur le terrain, la seule manière de faire.Aller voir et prendre le temps de comprendre. Ces journalistes poursuivent un travail au long-cours, recueillent des éléments à charge contre les “négriers” de notre époque, dans tous les domaines, de la prostitution à la drogue et au travail clandestin.

    A l’entame de l’ouvrage, ils donnent la parole à Serge Trimpont, pour une préface engagée qui s’avère un élément important du travail. Trimpont, qui fut journaliste sportif au “Soir”, est agent de joueurs en Côte d’Ivoire où il épaule des talents et l’a prouvé. Son expérience a inspiré Benoît Mariage pour son film “Les Rayures du zèbre”, avec Poelvoorde.

    Trimpont est le troisième enquêteur de l’équipe qui nous entraîne

    à Bruxelles, au terrain de foot de La Roue. Sur ce terrain vague d’ Anderlecht, des joueurs africains s’évertuent à garder la condition physique pour des jours meilleurs. Puis à Abidjan, autour des zones plantées de rêves où s’épuisent les espoirs et enfin à Bangkok, où le marché du foot, après L’Europe, devient juteux.

    Loore décrit les lieux, recueille les propos, tire le portrait de jeunes qui ont un ballon dans la tête et d’agents qui ont accepté de partager leur expérience et qui disent des vérités.

    Ainsi, au départ des faits, preuves à l’appui, un monde s’ouvre au lecteur qui perçoit la torpeur du terrain, voit les shorts déchirés et les corps qui recherchent la perfection de la géométrie du foot en espérant la monnayer un jour meilleur, découvre des quartiers en marge de la réussite économique. En Belgique, comme à Paris et autres grandes villes occidentales ou asiatiques, des footballers attendent la reconnaissance de leur talent. Il arrive que l’un d’entre-eux gagne à cette loterie. Mais le jeu, la plupart du temps, est truqué. Des Africains qui n’ont pas vingt ans se retrouvent coincés, sans contrat, sans argent, sans toit, sans papiers, livrés à leur sort. Hormis leur solidarité vite à bout de souffle, des associations tentent de les épauler mais c’est compliqué.

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