Mali : premier tour de l’élection présidentielle le 28 juillet

Evènement à suivre de très près compte-tenu des enjeux associés. Selon un projet de loi adopté lundi par le Conseil des ministres du Mali, le premier tour de l’élection présidentielle malienne aura lieu le 28 juillet prochain, suivi le 11 août d’un éventuel second tour.

Simple hasard de calendrier ? Alors que l’ombre des Etats-Unis plane sur la région – par ailleurs de dotée de richesses en gaz, or et uranium fort prometteuses – précisons que la visite d’Obama au Sénégal voisin précédera juste de quelques jours ce scrutin d’une importance majeure pour la région du Sahel.

Le communiqué officiel précise par ailleurs que la campagne électorale débutera le 7 juillet prochain pour s’achever le 26 juillet. Celle relative à un éventuel second tour – lequel se tiendra si nécessaire le 11 août – débutera au lendemain du premier tour et s’achèvera le 9 août.
Rappelons qu’en avril dernier, alors que la France est largement impliquée militairement au Mali, le président français, François Hollande, avait déclaré que ce scrutin devrait avoir lieu en juillet, et qu’il serait intraitable sur ce point. L’objectif – affiché – étant que le Mali se dote le plus rapidement possible d’un président légitime. Ou plus exactement d’un président assez souple pour répondre aux « exigences » des multi-nationales et gouvernements particulièrement intéressées par les richesses du sol et sous-sol maliens, diront certains.
Précisons que l’actuel chef de l’Etat par intérim, Dioncounda Traoré, a été désigné à la suite du coup d’Etat militaire qui a renversé le 22 mars dernier le président Amadou Toumani Touré.
A noter également que cette annonce intervient alors que le président burkinabé Blaise Compaoré, médiateur régional dans la crise malienne, a entamé lundi des discussions pour résoudre l’épineux dossier de Kidal. A l’heure actuelle, cette ville du nord-est du Mali est contrôlée par des groupes rebelles touareg, lesquels refusent jusqu’à présent la présence de l’armée et de l’administration malienne.

Rappelons à toutes fins utiles qu’en février dernier, le sénateur américain Chris Coons, président de la sous-commission des Affaires étrangères du Sénat américain pour l’Afrique, avait déclaré à Bamako (capitale du Mali) que les Etats-Unis allaient jouer un rôle militaire plus actif dans le pays. Tout en ajoutant qu’une telle implication n’interviendrait qu’après la tenue d’élections au Mali. 
Chris Coons avait alors indiqué que les Etats-Unis ne peuvent pas coopérer directement avec l’armée malienne tant qu’un gouvernement démocratiquement élu n’aura pas remplacé les dirigeants actuels. Une manière comme une autre de forcer la main, Washington pouvant être enclin à influencer le choix d’un candidat … avais-je alors suggéré.
Depuis, les Etats-Unis ont avancé quelques pions et non des moindres dans la région, notamment au Niger et au Sénégal.
Ainsi, tout comme le 11 septembre avait permis de justifier une surveillance accrue, au nom de la chasse aux terroristes, les opérations menées par les rebelles touaregs et les djihadistes maliens auront permis ni plus ni moins de justifier à sa manière l’installation d’une base militaire US en Afrique via l’Africom, et plus particulièrement au Niger. Le tout assorti d’envois de drones pour pouvoir surveiller l’Afrique du Nord et le Sud Algérien.

S’agissant du Sénégal voisin, rappelons qu’au début du mois de mai s’est tenu en sa capitale à Dakar un atelier sur « le rôle de la sécurité et du développement dans la lutte contre l’extrémisme violent dans le Sahel« . Atelier à l’initiative de l’ambassade des Etats-Unis et du gouvernement du Sénégal nous dit-on, mené en partenariat avec le Centre d’études stratégiques de l’Afrique (ACSS). Regroupant environ 60 participants venant de 13 pays africains, dont des représentants du gouvernement américain et des experts d’organisations internationales telles que le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), et l’Agence américaine pour le développement international (USAID). Tout de même …
La rencontre ‘’permettra d’aborder le rôle des programmes axés sur le développement pour trouver des solutions aux problèmes de sécurité dans la région du Sahel’’, ajoutait-on de source diplomatique. Précisant que ‘’les experts examineront les moyens de coordonner les efforts pour trouver des solutions à long terme pour préserver la sécurité, la paix et la stabilité des citoyens dans une région qui a longtemps souffert de groupes extrémistes violents’’.
Dans le cadre d’une tournée africaine, le Président des Etats-Unis, Barack Obama, sera quant à lui en visite au Sénégal, du mercredi 26 au vendredi 28 juin prochain. La sécurité de Barack Obama et celle de sa famille sont les premières préoccupations de Macky Sall, nouveau président sénégalais. De telle manière que le chef de l’Etat sénégalais a envoyé sur la demande du FBI, des agents de sécurité aux États-Unis pour une meilleure formation.

Un nombre important d’agents, notamment de la Brigade d’Intervention Polyvalente (BIP) et du Groupement d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN) sont actuellement en formation aux Etats-Unis.

Sources : AFP, Presse sénégalaise

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com  – 27 mai 2013

(3 commentaires)

  1. Nord du Mali: le médiateur Compaoré entame les discussions sur Kidal

    OUAGADOUGOU – Le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur régional dans la crise malienne, a engagé lundi des discussions pour résoudre le problème de Kidal, ville dont l’occupation par des groupes armés touareg hypothèque la tenue d’une présidentielle en juillet au Mali.

    Médiateur pour le compte de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), M. Compaoré a d’abord reçu Tiébilé Dramé, émissaire des autorités de Bamako pour le nord du Mali.

    Les autorités maliennes envisagent de tenir le premier tour de l’élection présidentielle le 28 juillet, il faudrait donc aller vite et même très vite, amener les uns et les autres à se mettre d’accord sur un accord intérimaire, a déclaré M. Dramé à la presse à la sortie.

    Nous avons bon espoir que nous avancerons bientôt vers la signature d’un accord intérimaire permettant la tenue de l’élection présidentielle sur toute l’étendue du territoire national au Mali, a-t-il indiqué, sans s’avancer sur le contenu d’un tel accord.

    Un peu plus tard, la date du 28 juillet pour le premier tour du scrutin a été officialisée par le gouvernement malien à l’issue d’un Conseil des ministres.

    Kidal (nord-est) est occupée par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et un autre groupe armé touareg, le Mouvement islamique de l’Azawad (MIA), qui ont refusé jusqu’à présent le retour de l’armée et de l’administration maliennes. Le MIA est désormais fondu dans le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), organisation qui veut fédérer tous les groupes armés encore installés dans le Nord malien.

    Souhaitant un accord inclusif impliquant tous les groupes armés du nord du Mali, Tiébilé Dramé a dit espérer que les conditions seront réunies très vite pour que l’Etat malien, à travers tous ses représentants, retourne dans tout le nord du Mali.

    Il a souligné qu’il se rendrait mardi à Nouakchott pour rencontrer des responsables du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), un autre mouvement armé du nord du Mali.

    Une délégation du MNLA, emmenée par son président Bilal Ag Acherif, a ensuite été reçue par M. Compaoré, qui a conclu ces consultations en recevant le HCUA, conduit par l’un de ses responsables, Algabass Ag Intalla.

    Nous sommes tout à fait disposés à discuter parce que nous savons que c’est la seule manière d’amener la paix durable dans la zone et de trouver une issue favorable à la crise qui nous oppose au Mali, a affirmé le vice-président du MNLA, Mahamadou Djeri Maïga.

    Le MNLA, groupe touareg autonomiste et laïc, avait conquis en 2012 le Nord malien avec des islamistes armés liés à Al-Qaïda, qui en ont ensuite évincé ces rebelles.

    Une opération menée par la France et des troupes africaines a permis depuis janvier de reprendre le contrôle du Nord aux jihadistes tels Ansar Dine, dont le MIA était une dissidence.

    (©AFP / 27 mai 2013 22h21)

  2. Laurent Fabius se rend au Mali pour préparer l’élection présidentielle

    lundi 27 mai 2013 – 17:00

    Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius se rend mardi au Mali, pour la deuxième fois en deux mois, afin de parler de la préparation de l’élection présidentielle, que Paris espère toujours voir organisée en juillet. Laurent Fabius, qui s’était déjà rendu à Bamako début avril, s’entretiendra notamment avec le Premier ministre Diango Cissoko et le président Dioncounda Traoré, selon le programme officiel de la visite publié lundi. Il rencontrera également l’émissaire Tiébilé Dramé, chargé des contacts avec les groupes armés – en particulier la rébellion des Touareg MNLA – dans le nord du pays pour l’organisation du scrutin. « Sur le plan démocratique et politique, les choses semblent avancer, mais la route est encore longue (…) c’est pourquoi je me rends à Bamako pour faire un point d’étape détaillé », avait expliqué vendredi le chef de la diplomatie française, lors d’un point de presse avec son homologue allemand Guido Westerwelle.

  3. Les élections au Mali auront bien lieu à Kidal, promet Hollande

    Créé le 05-06-2013 à 20h03 – Mis à jour à 20h03

    PARIS (Reuters) – Les élections maliennes auront lieu à la date prévue et sur tout le territoire du pays, y compris à Kidal, a promis mercredi François Hollande à l’Unesco, où il a reçu le prix Félix Houphouët-Boigny pour l’intervention militaire française.

    Le président français a voulu démentir ceux qui jugent que le pays ne sera pas prêt le 28 juillet et que les fonctionnaires maliens chargés d’organiser les élections n’auront pas accès à certains bastions touaregs, dont Kidal.

    « Les élections se tiendront à la date prévue, cela veut dire dans tout le Mali, dans toutes les villes du Mali, et donc à Kidal », a déclaré François Hollande.

    Cette ville est la dernière place-forte des insurgés et est contrôlée par les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).

    Interrompus par l’intervention française en janvier, les affrontements ont repris ces derniers jours entre le MNLA et l’armée malienne.

    Le MNLA, allié un temps avec les groupes djihadistes qui s’étaient emparés du nord du Mali, rejette les appels à déposer les armes lancés par Bamako, soutenu par Paris.

    « Aucun groupe armé ne doit rester armé au Mali », a dit François Hollande, qui appuie les efforts du gouvernement malien pour rétablir son autorité sur l’ensemble du territoire.

    Le chef de l’Etat a promis à une salle acquise à l’intervention française de se rendre de nouveau dans le pays pour l’intronisation du prochain président.

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