Terres rares : l’Allemagne exhorte la Chine à revoir ses restrictions

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Où l’on reparle des terres rares. Alors que le prix de ces matières premières indispensables à la fabrication d’écrans plats, de lasers ou de voitures hybrides ne cesse de s’envoler, l’Allemagne a demandé vendredi à la Chine de revoir ses restrictions à leurs exportations. Lors de sa visite à Berlin, le vice-Premier ministre chinois Li Keqiang s’est entretenu à ce sujet avec la chancelière Angela Merkel, au deuxième journée de sa visite. Non sans signer à la suite une série d’accords commerciaux de plusieurs millions de dollars.

A cette occasion, Berlin a demandé à Pékin « de réfléchir une nouvelle fois sur les restrictions à l’exportation qu’elle a imposées ou qu’elle prévoit d’imposer« . Vendredi, le porte-parole du ministre allemand de l’Economie, Rainer Brüderle, avait pour sa part indiqué que les terres rares étaient « importantes pour les progrès de la recherche d’une nation industrielle » comme l’Allemagne.

Jeudi, à la suite de sa rencontre avec M. Li, M. Brüderle avait d’ores et déjà diffusé un communiqué très ferme sur le sujet, demandant « un accès ouvert, équitable et fiable aux matières premières chinoises ».

Rappelons qu’en décembre dernier, la Chine a décidé de réduire de 35% les quotas d’exportation de terres rares pour le premier semestre 2011 , déclenchant les protestations de Tokyo et de Washington, pays les plus fortement impactés. En octobre 2010, déjà, USA, Allemagne et Japon avaient tiré la sonnette d’alarme, inquiets de l’impact d’une éventuelle restriction de l’offre sur leur économie nationale. La Chine est en effet accusée, notamment par le Japon, de restreindre l’accès à ces minerais indispensable à l’industrie électronique et la production automobile.

Il est vrai que l’Empire du Milieu jouit d’une place de choix en la matière : si le pays possède le tiers des réserves mondiales, 97% des 17 minerais que constituent les « terres rares » vendus en 2009 étaient d’origine chinoise.

Certes, à l’automne dernier, un porte-parole du ministère chinois de l’Industrie avait indiqué que la Chine n’utiliserait pas son quasi-monopole sur le commerce des terres rares comme « un outil de marchandage« . Une annonce qui intervenait alors qu’une rencontre prévue entre les ministres de l’Economie du Japon, de Chine et de Corée du Sud à Hanoï avait été annulée. Selon des sources gouvernementales nippones l’annulation aurait été réclamée par la Chine, laquelle n’aurait guère apprécié les allégations faites à son encontre laissant entendre qu’elle menait sciemment une politique de restrictions de ses exportations de terres rares.

A la même période, le ministre allemande de l’Economie avait indiqué pour sa part que l’Allemagne avait été fortement pénalisée par la pénurie mondiale de terres rares, estimant que le gouvernement devait se prémunir contre la spéculation sur les matières premières.

Pour mémoire, les terres rares rassemblent 17 minéraux tels que le samarium, le germanium ou le scandium, dans lesquels se trouvent certaines matières premières essentielles à l’industrie de pointe. Y figurent également l’idium qui permet de fabriquer les écrans plats pour les téléviseurs, le tungstène, matériau indispensable à la construction des têtes de missiles, ou l’antinium qui entre dans la composition des semi-conducteurs.

A l’heure actuelle, les gisements de ces minéraux se concentrent dans trois régions de Chine. Leur extraction a souvent lieu dans des mines clandestines, notamment en Mongolie intérieure où les conditions de travail des mineurs laissent à désirer … permettant ainsi de réduire fortement les coûts salariaux et de s’assurer la suprématie mondiale sur le marché.

Certains experts estiment quant à eux que Pékin limite ses exportations de terres rares en vue de forcer les entreprises étrangères de haute technologie à venir s’implanter en Chine, histoire de s’approprier leur technologie au passage. Ce qui pourrait expliquer la remarque du ministre allemand de l’économie, ce dernier affirmant cette semaine que les transferts de technologie n’étaient avantageux pour les deux partenaires que « lorsqu’ils sont consentis volontairement, et à des conditions équitables ».

Si la question du marchandage n’est pas écartée, reste que la Chine utilise de plus en plus les terres rares … pour ses propres productions. Depuis 2005, les volumes de terres rares qu’elle exporte chutent ainsi d’environ 5 % par an.

Or, si l’en croit le site spécialisé dans l’écologie et l’environnement Planetoscope, la demande mondiale en terres rares, dont le marché devrait représenter 3 milliards de dollars en 2015, s’accroît de plus de 15 % par an à l’heure actuelle.

Sources : AFP, Reuters, RFI

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