Madagascar : l’extraction de pétrole de Tsimiroro autorisée, un partenaire étranger bientôt dévoilé

Alors que Madagascar  se remet à peine d’inondations d’une ampleur sans précédent – pouvant conduire certains à mener des opérations de type « invasion humanitaire » – l’Etat malgache vient de rendre officiel son accord le développement d’activités d’extraction et de commercialisation du pétrole, huile lourde, du site de Tsimiroro pour les 25 années à venir. C’est en effet ce qu’a indiqué vendredi la société Madagascar Oil.

Le 15 avril 2015, le président malgache Rajaonarimampianina Hery a en effet décrété en Conseil des ministres, l’octroi à l’OMNIS (Office des Mines Nationales et des Industries Stratégiques) d’un titre minier d’exploitation d’hydrocarbures et d’un titre minier de transport d’hydrocarbures relatifs au périmètre contractuel de Tsimiroro.

« Le pétrole reste aux malgaches, donc c’est la société d’État malgache (OMNIS) qui a obtenu les titres d’exploitation et de transport » a expliqué quant à lui à la presse Joeli Valérien Lalaharisaina, ministre auprès de la présidence chargé des Mines et du Pétrole.

Mais ne rêvons pas … selon les déclarations mêmes du ministre, l’OMNIS collaborera par la suite avec des entreprises étrangères. Madagascar Oil et OMNIS ont d’ores et déjà établi un contrat avec un partenaire, mais à l’heure actuelle son nom n’a pas été dévoilé.

Madagascar Oil – société malgache basée aux Bermudes et cotée à Londres, fondée en 2004 en vue d’explorer cinq champs à Madagascar – prévoit de produire 5.000 à 6.000 baril par jour d’ici trois ans. Selon une estimation faite en 2011, le potentiel de Tsimiroro, dans laquelle la compagnie a investi 330 millions de dollars ces onze dernières années, est de 1,7 milliard de barils. Le chiffre de 2,1 milliards de barils de réserves est également véhiculé par les medias.

Début mai 2014, la compagnie a soumis une déclaration de commercialisation, conformément aux termes de son contrat de partage de production avec l’Office des Mines Nationales et des Industries Stratégiques (OMNIS) portant sur ce bloc. Formalité qui lui imposait une période de 180 jours pour fournir le plan de développement de ce bloc onshore situé à 125 km de la côte ouest de Madagascar.

En novembre 2014, nous nous interrogions sur le fait que la peste fasse son retour à Madagascar , alors même que le Japon y concurrence les USA pour l’accès à ses nouvelles richesses en pétrole . Nous suggérions alors que la peste pourrait être à Madagascar ce qu’Ebola est pour l’Afrique : une maladie diffusée par l’oncle Sam pour servir ses intérêts financiers et chasser des territoires terrestres ou off shores – désormais riches en pétrole – les majors pétrolières de Japon, Chine, Inde ou de tout autre pays « concurrent » .

La peste pourrait en effet s’avérer être une arme redoutable « envoyée » par certains pour chasser certaines majors pétrolières de Madagascar, alors que du pétrole a récemment été découvert. Il est même fort possible que la pandémie actuelle soit le résultat d’un plan machiavélique du même type que celui qui pourrait être mis en oeuvre via Ebola, avais-je alors indiqué.

Il n’en demeure pas moins que – simple coïncidence ? – le Japon – qui doit faire face à des problèmes d’approvisionnement énergétiques accrus suite à la catastrophe de Fukushima – montre un intérêt grandissant pour le pétrole et le gaz de l’Afrique et tout particulièrement celui de Madagascar.

Fin 2013, le Centre d’information d’exploitation pétrolière (ICEP) nippon a ainsi envoyé une mission sur le territoire malgache en vue de « collecter des informations relatives aux extractions de gaz et d’hydrocarbures en Afrique et à Madagascar », selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères de Madagascar. Déplacement certes qualifiée alors de visite de courtoisie selon le chef de la diplomatie malgache Ulrich Andriantiana … mais il n’y a pas de fumée sans feu.

Rappelons à cet égard que le gouvernement malgache comprend deux ministères en charge de la politique extractive, le ministère des Mines pour toutes les ressources en amont et le ministère des Hydrocarbures pour celles en aval.

L’Icep, créé quant à lui il y a plus de 20 ans à l’initiative du ministère japonais du Commerce, travaille avec l’organisme du pétrole du Japon. Il est géré par l’ensemble des entreprises oeuvrant dans le secteur pétrolier japonais.

Element notable : cette visite intervenait alors que la major américaine Exxon Mobil avait annoncé quelque semaines auparavant, au début du mois de novembre 2013, que ses filiales à Madagascar avaient obtenu l’extension de leurs licences de partage de production.

Quatre ans après avoir interrompu ses opérations à Madagascar, en raison d’un « cas de force majeure » lié à la suite du coup d’État de 2009, le géant pétrolier et gazier avait également annoncé la reprise de ses opérations dans le pays. Dans un communiqué publié le 06 novembre 2013, Exxon Mobil indiquait ainsi que les licences de ses filiales dans le pays avaient été renouvelées par le président Andry Rajoelina le 17 juillet 2013. L’entreprise peut désormais « reprendre ses travaux d’exploration et d’évaluation environnementale pour les opérations à terre et en mer préalable au forage en eaux profondes » avait ajouté le groupe US.

À travers ses filiales dans le pays, Exxon Mobil détient des participations dans les champs d’exploration de Ampasindava (70%), Majunga (50%) et Cap Saint-André (100%), dont il est également l’opérateur.

A noter que Madagascar partage une frontière maritime avec le Mozambique où le groupe italien ENI a mis à jour des réserves de gaz naturel estimées à plus 1000 milliards de mètres cubes. Au final, Madagascar disposerait de plus de 200 blocs d’exploration offshore non attribués.

Madagascar Oil est très active  dans le secteur  des hydrocarbures de la Grande Ile où la société met déjà en valeur des gisements de pétrole lourd ainsi que du gaz et du pétrole classique sur cinq blocs onshore.

Sources : Jeune Afrique, Agence Ecofin, Exxon Mobil, Presse malgache, AFP, BFM

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com  – 19 a vril 2015

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(25 commentaires)

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