Où l’on reparle de la Centrafrique … sans parler d’opération militaire, mais bien de ses richesses minières … les deux étant cependant fortement liés, ne serait-ce que via le financement des mouvements rebelles.
Alors que Paris a récemment décrié le peu d’entrain de l’Union européenne de déployer une aide militaire dans le pays, les ministres français des Affaires étrangère et de la Défense relevant que « le compte n’y est pas« , la République centrafricaine tente de réintégrer le processus de Kimberley. Lequel est un régime international de certification des diamants bruts, qui réunit gouvernements et industriels du diamant dont l’objectif est d’éviter de négocier sur le marché mondial l’achat des diamants provenant des mouvements rebelles désireux de financer ainsi leurs activités militaires. Tout un programme en sorte.
Les autorités centrafricaines ainsi que la société civile du pays veulent s’inspirer de l’expérience congolaise en matière de mise en oeuvre de la feuille de route des activités liées au secteur des mines, en vue de sortir des mesures d’exclusion qui lui ont été infligées par l’organisation internationale de certification de diamants bruts.
« La Centrafrique devrait intéresser la société civile dans les activités liées à la mise en œuvre de sa feuille de route, si elle tient à lever la sanction infligée par le processus de Kimberley ». Tel est le contenu de la proposition résultant de la concertation bilatérale ayant réuni, le 25 mars dernier à Brazzaville, le ministre congolais des Mines, Pierre Oba, son homologue centrafricain, Olivier Malibangar.
Parmi les recommandations formulées à l’issue de cette rencontre figurent également « le maintien d’un langage concerté et cohérent par toutes les parties centrafricaines impliquées dans la recherche de cette levée » et l’implication de la communauté internationale dans la mise en œuvre de ladite feuille de route.
A l’issue de la concertation avec son homologue, le ministre centrafricain des Mines, Olivier Malibangar, a souhaité le soutien du Congo ainsi que de la communauté internationale pour sortir de cette sanction. Tout en félicitant la Centrafrique pour les avancées déjà réalisées, le ministre congolais des Mines et de la géologie a réitéré quant à lui l’engagement de son gouvernement à accompagner ce pays dans la recherche de solutions à ce problème.
La Centrafrique a été suspendue du Processus de Kimberley le 23 mai 2013, quelques semaines après le renversement du président François Bozizé par les rebelles du Séléka et l’arrivée au pouvoir du président Michel Djotodia.
Alors que l’industrie du diamant fait vivre près d’un quart de la population, M. Djotodia avait alors proposé un plan pour assurer la traçabilité des diamants exportés par son pays. Mais en attendant de pouvoir envoyer une mission, le Processus de Kimberley avait demandé de continuer à affiner le plan.
Rappelons qu’en novembre 2013, les représentants du Processus de Kimberley avaient déclaré lors de leur réunion annuelle que la Centrafrique demeurait suspendue. Maxime Ange Kazagui, secrétaire permanent adjoint du Processus de Kimberley en poste à Bangui avait ainsi indiqué que « sur la base des rapports de l’ONU, le contexte actuel ne permet pas pour l’instant d’envoyer une mission d’évaluation ».
Maxime Ange Kazagui avait par ailleurs rappelé à cette occasion que si la Centrafrique est un producteur de diamants relativement modeste en terme de quantité, occupant le 10eme ou 11e rang mondial selon les années, le pays se situe à la 4e ou 5e place en terme de qualité, avec environ 350. 000 à 400. 000 carats par an. Précisons que la production réelle est estimée au double environ, une économie de contrebande particulièrement importante étant présente dans ce secteur.
« En Centrafrique, on ne peut pas payer deux mois de salaire sans l’apport du diamant », avait ajouté le secrétaire permanent adjoint, redoutant l’impact du maintien de l’exclusion sur l’économie du pays.
Selon un rapport de l’International Crisis Group sur le sujet en date de décembre 2010, « l’extraction artisanale fournit un emploi à quelques 80 000 à 100 000 mineurs à travers le pays, des mineurs dont les revenus nourrissent au moins 600 000 personnes. Son impact économique et social n’est donc pas négligeable dans un pays qui compte 4,8 millions d’habitants. »
Autre élément notable : selon Mr Kazagui, cette mesure bloque l’export, mais non la production, chiffrant alors la valeur stockée à 100. 000 carats. Il estimait alors parallèlement que le stockage ne pourrait perdurer, augmentant les risques de contrebande.
« En toute objectivité il y a des zones dangereuses en Centrafrique (. . ) mais les zones diamantifères sont sous contrôle du gouvernement », avait-t-il ajouté au final.
« Les nouvelles autorités ont présenté un plan mais aussi bien l’Est que l’Ouest du pays ne sont pas sécurisés. Le gouvernement ne contrôle pas ces zones de production. Des éléments durs et certaines factions du Séléka sont revenus », affirmait au contraire Alan Martin de l’ONG canadienne Partnership Africa Canada. Il estimait alors au contraire que la situation avait empiré depuis juin.
Sources : Legriot.info, Jeuneafrique.com, Agence de presse Xinhua
Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com – 26 mars 2014
A lire également :
http://french.people.com.cn/Economie/8580135.html
Pour les terres rares, le point de vue chinois est-il aussi protectionniste?
Pour les « zakors » sur les petits cailloux c’est comme les « tribunaux dit internationaux », on peut facilement prévoir un jeu de chaises musicales entre les uns et les autres. « protectionniste » toi même !!! pourrait-on dire pour les cailloux.
je dirais plus finement que la stratégie est d’appauvrir encore plus le pays en l’excluant du processus de Kimberley … histoire qu’il vienne manger dans la main … et qu’il soit plus souple sur les négociations concernant le secteur minier et pétrolier
Areva est en effet present en Centrafrique pour l’uranium
et les Chinois un peu trop présent dans le pétrole au gout des USA et de l’UE …
on en reparle …
Centrafrique : La contrebande de diamants explose – 11/08/2014
Pas une pierre. Pas un carat. Depuis le 23 mai 2013 et sa suspension du processus de Kimberley – un régime de certification de l’origine des diamants bruts –, la République centrafricaine (RCA) n’a officiellement exporté aucun des diamants dont regorgent ses rivières. Un manque à gagner important pour cet Etat en faillite. En 2012, même si la majeure partie des pierres était déjà exportée frauduleusement, près de 372 000 carats sont sortis légalement du pays pour une valeur d’environ 45 millions d’euros.
Aujourd’hui, l’ambassade de France à Bangui plaide pour une levée des sanctions.
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L’embargo décrété deux mois après la prise du pouvoir par les rebelles musulmans de la Séléka avait pour objectif d’empêcher les groupes armés de se financer par le commerce des pierres, mais cette mesure a fait exploser la contrebande. ***
De quoi inquiéter le Conseil mondial du diamant (CMD), qui, le 30 juin, a menacé de sanctionner tous les contrevenants à cette mesure d’interdiction. Cette déclaration du CMD fait suite à une perquisition menée deux semaines plus tôt à Anvers, dans les locaux de la société Kardiam.
Des enquêtes sont en cours pour déterminer si des pierres centrafricaines se trouvaient à l’intérieur de « lots mixés » venus de Dubaï.
Plusieurs sources au fait de ces trafics expliquent que l’une des techniques utilisées pour « blanchir » les gemmes exportées de pays sous embargo consiste à les mélanger avec des pierres d’autres origines. Depuis une décennie et les campagnes contre les « diamants de la guerre », le secteur tente de gommer son image sulfureuse. L’instauration du processus de Kimberley répondait à cette ambition, mais sa pleine application demeure difficile dans un milieu où le secret est une tradition.
Comment une société arrive-t-elle à immobiliser de telles sommes ?
Que ce soit à Bangui ou dans les zones d’extraction en province, tous les collecteurs et les bureaux d’achat font grise mine. Selon les acteurs du secteur, le commerce tourne au ralenti, les chantiers ne sont pas lancés en raison de l’insécurité et du manque de financements. « On bricole. Je vends à quelques amis, mais je ne garde pas de stock. La semaine passée, trois Blancs sont venus par avion, mais ils ont perdu leur temps », assurait, il y a quelques jours, un collecteur de Bria, dans l’est du pays. A Bangui, les principaux bureaux d’achat ont adopté des stratégies différentes après la suspension. Selon le groupe d’experts nommé par le comité des sanctions des Nations unies, la Sodiam poursuit ses achats dans les zones diamantifères et stocke ses pierres brutes (plus de 40 000 carats pour une valeur de 6 millions d’euros) en attendant la levée de l’embargo. Ce qui suscite des questions dans le milieu des diamantaires. Une fois l’interdiction d’exporter levée, ces pierres seront-elles considérées comme propres ? Comment une société arrive-t-elle à immobiliser de telles sommes pour une période indéterminée ?
Second bureau d’achat en termes d’importance, Badica, lui, n’a guère de stocks, mais, d’après plusieurs sources, cette société n’a pas cessé ses achats dans les zones de l’est (Bria et Sam-Ouandja) contrôlées par les ex-Séléka. Les deux compagnies avaient été pillées lorsque la Séléka avait conquis le pouvoir, en mars 2013. Sodiam avait même vu Oumar Younous, l’un de ses anciens acheteurs devenu général rebelle, razzier ses bureaux.
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A l’époque, le putsch avait été qualifié par certains de « coup d’Etat des diamantaires ».
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Les principaux acteurs du secteur sont des commerçants musulmans et beaucoup n’avaient pas digéré l’opération « Closing Gate », menée en 2008 par le président François Bozizé et son neveu alors ministre des mines, où en une journée tous leurs biens furent confisqués. La manœuvre avait pour but de faire main basse sur cette richesse facilement monnayable, mais il n’en fallait pas plus pour pousser les commerçants lésés à soutenir des mouvements rebelles dont certains des principaux officiers, Zacaria Damane, Abdoulaye Hissène ou Mahamat Saleh, ont exercé dans le commerce des pierres.
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Après avoir opéré dans leur zone d’origine du nord de la RCA, leur prise de contrôle des zones minières de l’ouest en 2013 s’est faite dans la violence. En octobre, plus de 50 personnes furent tuées dans la localité de Garga et, comme le signale l’International Crisis Group (ICG) dans son rapport intitulé « La crise centrafricaine : de la prédation à la stabilisation », « Certains “creuseurs” [les petites mains de l’extraction] ont intégré les anti-balaka pour se venger des exactions et des rackets commis par la Séléka ».
Le paysage modifié dans le sang
En effet, depuis l’éviction du pouvoir de la Séléka en janvier, une sorte de « révolution sociale » s’est produite dans l’ouest de la Centrafrique. Le paysage a été modifié dans le sang, une quarantaine de musulmans ont été massacrés à Guen, lorsque les creuseurs, formant le gros des bataillons anti-balaka, ont chassé les collecteurs de confession musulmane et repris le contrôle de l’activité.
Selon Aurélien Llorca, le coordonnateur du groupe d’experts des Nations unies, « les images satellites dans cette zone montrent une expansion du nombre de chantiers et les deux leaders anti-balaka sur place ont su reprendre leurs relations avec les collecteurs de la Sodiam et de Badica ». « Ils ne veulent plus de collecteurs tchadiens, car ils les considèrent comme trop associés à la Séléka. Mais ils essayent de faire revenir les Sénégalais et les Maliens, car ils manquent de financement », ajoute une autre source bien informée.
Plusieurs opérateurs du secteur racontent que des bureaux se sont ouverts de l’autre côté de la frontière, au Cameroun, pour écouler la marchandise. Dans l’est du pays, où sont repliés les ex-Séléka, les sites ne sont, le plus souvent, pas directement contrôlés par les anciens rebelles, mais leurs officiers rackettent les collecteurs et la route des contrebandiers mène vers le Soudan et le Tchad.
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Enfin, une dernière voie passe par la frontière avec la République démocratique du Congo par le biais de réseaux libanais, principalement chiites.
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De bonne source, toutes ces filières d’exportations illégales, qui bénéficient de la complicité des autorités des différents pays, mènent principalement à Dubaï, où les pierres obtiennent sans difficulté des certifications du processus de Kimberley avant de repartir vers Anvers, Tel-Aviv ou Bombay.
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Pour M. Llorca, « le principal défi des casques bleus lorsqu’ils seront déployés [le 15 septembre au plus tôt] sera de reprendre le contrôle de la filière diamant ».
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Depuis des années, la RCA est une « gemmocratie », estime l’ICG. L’empereur Bokassa, Ange-Félix Patassé, François Bozizé, Michel Djotodia ont tous tenté, lorsqu’ils étaient au pouvoir, de mettre la main sur le commerce des pierres.
Une autre richesse dont dispose la RCA attire moins l’attention, c’est l’or, dont les exportations continuent. De graves violences se sont produites fin juin dans la région de Bambari et, selon certaines sources, la volonté des anti-balaka de prendre le contrôle de la mine de Ndassima, sous la coupe des ex-Séléka, n’est peut-être pas étrangère à cette vague meurtrière.
Source : Le Monde.fr
http://www.lopinion.fr/18-juin-2014/centrafrique-juteux-business-chefs-guerre-seleka-13497
On en reparle … !
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Centrafrique : alerte rouge sur la liberté de la presse
(27/08/2014) Depuis plus d’une année, les menaces de mort pleuvent sur les journalistes de République centrafricaine qui tentent de poursuivre leur mission d’informer. Et le dernier rapport de Reporters sans Frontières-RSF est accablant. Témoignages
Gilles Labarthe / DATAS
Le contexte de la liberté de la presse s’est encore dégradé en République centrafricaine (RCA), enclavé entre le Tchad, des deux Soudan, les deux Congo et le Cameroun. Un premier signal d’alerte avait été lancé dès mars 2013, après la mise à sac de la plupart des sièges de radios et de rédactions par les éléments de la Seleka, coalition de mouvements rebelles musulmans emmenés par leur leader nordiste Michel Djotodia, marchant sur la capitale Bangui. Le renversement le 24 mars 2013 du président François Bozizé n’a rien arrangé.
Depuis décembre 2013, c’est aussi la montée en puissance des « anti-balaka » qui menace la liberté d’informer. Ces milices dites « chrétiennes », mais composées autant de jeunes désoeuvrés, de coupeurs de route, de paysans spoliés, que d’anciens partisans civils et militaires du régime de Bozizé, s’en prennent elles aussi aux journalistes.
Sur le dernier classement de la liberté de la presse publié en mai dernier par Reporters Sans Frontières-RSF pour la période 2013-2014, le Centrafrique a perdu 44 places, dégringolant à la 109 position sur 180. Les journalistes sont désormais pris entre deux feux. « Accusés par les deux bords de faire le jeu de l’une ou l’autre des factions », souligne RSF.
L’organisation dresse un bilan sinistre : en une année, trois journalistes sévèrement agressés, et trois morts. La journaliste centrafricaine Elisabeth Blanche Olofio est décédée à Bangui le 22 juin dernier, des suites de violences commises en janvier 2013 par des hommes de la Seleka. Cette mort fait suite à celle de la photographe française Camille Lepage, tuée en mai 2014, lors d’un reportage à l’ouest du pays. RSF recense encore 24 journalistes menacés de pressions diverses, et 7 menacés de mort.
Parmi eux, le journaliste-blogueur Johnny Vianney Bissakonou. Ayant reçu des menaces de la Seleka – il a été accusé de la « diaboliser » et de « ternir l’image du pays » – il s’est réfugié en France, où nous l’avons contacté.
Comment accuser Johnny Vianney Bissakonou de partialité ? Il a toujours dénoncé les crimes commis contre la démocratie, de part et d’autre. A Bangui, il se définissait comme un « porte-parole du citoyen lambda ». De 2010 à 2013, il a collaboré à Radio Ndeke Luka, une station soutenue par la Fondation Hirondelle, spécialisée dans la formation et l’appui de journalistes en situation de conflit.
Il a d’abord informé ses concitoyens et les médias internationaux sur les dérives autoritaires du régime Bozizé. Un potentat en chassant un autre, il a ensuite écrit sur les exactions commises par la Seleka. Toujours en cherchant à nuancer la présentation du contexte actuel, tandis que des journalistes occidentaux diffusaient des généralités hâtives, parlant de conflit « ethnique », « religieux », voire de « génocide ».
« Oui, les gens sont massacrés sur la base de leur appartenance religieuse. Mais la population est prise en otage par une minorité d’individus qui manipule des groupuscules de bandits en vue d’accéder au pouvoir politique ». Johnny Vianney Bissakonou renvoyer dos-à-dos les factions de hors-la-loi qui sèment la terreur afin de mieux piller les richesses du pays.
Au centre des enjeux, un moyen de financement des conflits sur lequel il est impossible d’enquêter en RCA sans risquer sa vie : les diamants bruts. Une manne « qui a intéressé toutes les présidences successives ». Le contexte du conflit actuel est marqué par la lutte entre camps rivaux pour la prise de contrôle de ce secteur lucratif. Lutte qui implique des protagonistes évoluant dans le premier cercle du pouvoir. Mais qui oserait les dénoncer ?
Des menaces de mort, Maurice Wilfried Sebiro, directeur de publication du site d’informations Centrafrique Libre, en a encore reçu le 22 juillet 2014, de la part de Jean-Jacques Demafouth, actuel conseiller à la Présidence en matière de sécurité, ex-ministre de la Défense et ancien chef rebelle. Il n’a pas apprécié la tournure d’un article concernant son passé récent. Et lui aurait formulé cet avertissement : « Ne mettez plus pied à Bangui, sinon vous verrez ce qui vous arrivera ».
Les responsables de formation ne sont pas non plus épargnés. A Bangui, le journaliste-reporter Pascal Chirhalwirwa, originaire de la ville de Bukavu (Est de la République Démocratique du Congo) travaillait depuis 2009 comme coordinateur national de projets de développement et d’appui au secteur des médias en Afrique centrale, pour l’Institut Panos. Il témoigne depuis le Cameroun, où il a fini par se réfugier.
« En décembre 2012, j’ai été évacué avec ma famille après les premières attaques de la Seleka. De retour en février 2013, j’ai essayé de reprendre les activités. Ça n’a pas traîné. Quand la Seleka a renversé le régime de Bozizé, nos bureaux ont été pillés et saccagés dès l’entrée des rebelles dans la ville. Revenu à Bangui en mai 2013, j’ai été contraint de quitter le pays encore une fois, à la suite de menaces téléphoniques de mort, proférées par des personnes inconnues ». Le phénomène s’est généralisé : « Le contexte d’insécurité et les menaces que les journalistes subissent les poussent à l’autocensure ».
Parmi les sujets les plus sensibles : rendre compte de manière objective des exactions, ou dénoncer les liens de personnalités politiques avec des affaires de corruption. « L’accès aux sources d’information et aux zones d’exploitation des diamants est très difficile et très risqué. Les protagonistes du conflit et responsables des partis politiques ne sont souvent pas prêts à dévoiler aux médias leurs sources de financement ».
Pour l’heure, que faire pour soutenir le travail d’information des journalistes en Centrafrique ? La solidarité au niveau international reste une voie. « Toutes ces menaces de mort passent malheureusement sous silence ». Et restent sans suite, faute d’enquêtes pour identifier les auteurs de ces pressions. « La justice s’investit peu, ou presque pas », regrette Pascal Chirhalwirwa.
Synthèse et analyse en cours de :
Centrafrique : ce que les médias français ne vous diront pas
Par Sam La Touch
Mondialisation.ca, 11 août 2014
Le blog de Sam La Touch
La situation en Centrafrique est cahotique même si des négociations porteuses d’espoir ont débuté entre les parties en conflit en RCA mais la couverture médiatique française du conflit, qui ravage ce pays depuis un an et demi, est des plus discutable. Si l’on en croit les médias mainstream et même de nombreux médias qui se prétendent “libres”, la situation actuelle résulterait avant tout des conflits entre les milices rivales mais nulle mention n’est faite du rôle délétère des autorités françaises dans son “ancienne” colonie. Tout au plus, il apparaît dans la majorité des articles publiés dans les médias français sur le sujet, que le gouvernement français téléguidé par l’Etat-major aurait fait une erreur d’évaluation en envoyant un nombre trop faible de soldats (1200-1600) pour rétablir la paix dans un pays grand comme une fois et demi la France au risque de dégrader encore plus la situation. Ces analyses pour la plupart excluent toute approche diachronique tenant compte du rôle français dans le conflit actuel en RCA. De sorte que la lecture synchronique de la situation, dans le hic et nunc, sur un modèle typiquement africaniste, ne peut fournir aux citoyens lambda qu’une grille de lecture racialiste.
La situation pouvant se résumer à cette version simpliste : un conflit éclate entre une milice rebelle hétéroclite (Séléka) et le pouvoir en place de Bozizé. Cette milice a renversé le pouvoir autocratique en place par un coup d’Etat. Parvenu au pouvoir, en mars 2013, la Séléka a perpétré des massacres visant la population civile à majorité chrétienne. Les forces armées françaises sont intervenues pour faire cesser les conflits perpétrés par la milice de la Séléka et s’interposer entre milices de la Séléka et anti-balakas (soutenus par les partisans de l’ancien président). Cette lecture laisse à penser qu’il s’agit d’une affaire purement centrafricaine entre rebelles et loyalistes dans un pays africain où la force française aurait tant bien que mal tenté d’apporter une sorte de pacification à l’escalade meurtrière qui frappe le Centrafrique. Cette approche simpliste et africaniste ne semble absolument pas tenir compte du contexte géopolitique néocolonial qui l’a vu naître.
Or le Centrafrique n’est pas n’importe quel pays, il s’agit d’une “ancienne” colonie française où la France a des intérêts économiques, militaires et géopolitiques considérables. En occultant l’implication française tant dans sa dimension historique et économique, la plupart des médias français opèrent une double forclusion qui fournit implicitement une lecture racialiste du conflit. Mais si nous réintégrons une analyse historique et géopolitico-économique de la situation en s’attardant sur le rôle de “l’ancienne” puissance coloniale, on découvrira l’ampleur des responsabilités françaises dans le cauchemar dans lequel le Centrafrique est plongé
. Ce scotome françafricain frappant les médias français qu’il soit mainstream ou “libre” tient sans doute à de nombreux facteurs qui révèlent sans doute toute les particularités du magistère médiatique français à l’égard de la politique africaine de la France.
Ce processus d’autocritique si faiblement développé à l’égard de l’exécutif et de la politique étrangère de son propre pays tient sans doute pour partie au régime français de “monarchie républicaine” où l’exécutif a été sanctuarisé par la Constitution du Général en 1958 dans le contexte des “évènements d’Algérie”. Cette aporie médiatique en ce qui concerne la politique africaine a plus avoir avec le régime politique dans lequel la presse se meut qu’à ses caractéristiques intrinsèques. Pour pousser l’exemple à son paroxysme, on pourrait dire qu’il est nettement plus aisé de faire un travail journalistique décent dans une démocratie que sous un régime totalitaire. Si les critiques des médias US, britanniques ou allemands (notamment la presse “libre” et même de la presse mainstream) sont beaucoup plus virulentes et fréquentes à l’égard des décisions de l’exécutif de leurs gouvernements respectifs (nous nous en faisons d’ailleurs régulièrement l’écho sur ce blog avec de nombreux articles anglo-saxons traduits en langue française) – décisions qui se discutent effectivement au Parlement – en France elles ne sont encore qu’à l’état de reliquat particulièrement en ce qui concerne les domaines réservés à l’Etat-major et à ses affidés de l’Elysée. Le régime de la Vème République est un frein puissant au journalisme d’investigation sur un sujet où souvent l’omerta a régné notamment en ce qui concerne la Françafrique (qui n’existerait plus actuellement selon bon nombre de médias français collaborationnistes qui semblent minimiser voir occulter un phénomène d’une grande criminalité).
Outre cette surdétermination politique oppressante, on se doit aussi de tenir compte de la situation particulière de la presse française. En effet celle-ci est passée au fil du temps sous la tutelle de multinationales constitutives du lobby militaro-industrio-financier qui opère dans les “anciennes” colonies d’Afrique (Total, Areva, Bouygues, Dassault, Lagardère, Bolloré, Orange,…). Elle subit qui plus est une autre forme de dépendance. Une double dépendance même : étatique et idéologique. Etatique, car fait particulier dans un pays démocratique, la grande majorité de la presse française est subventionnée par l’Etat questionnant encore une fois son indépendance. Idéologique parce que les représentations du magistère intellectuel sont connotées par le courant nationalo-souverainiste qui prend souvent des accents rouge-brun dans les médias dits “libres” ou de “gauche” soulignant aussi les représentations profondément (néo)colonialistes de la société française.
Mais revenons au Centrafrique et aux informations que vous ne retrouverez pas (ou si peu) dans les médias français.
1. Les médias français ne vous diront pas que la majorité des kleptocrates installés à la tête de ce pays – souvent qualifié de “porte-avions” français en raison de la présence de sa base militaire et aérienne séculaire – l’ont été par l’armée ou/et les services français depuis l’ère des “indépendances” de Bokassa à Samba-Panza en passant par Bozizé et plus récemment Djotodia. Ils ne vous diront pas que Paris s’est toujours arrangé pour assujettir son ancienne colonie et la maintenir dans une situation de totale dépendance économique, militaire et politique envers “l’ex”-métropole ayant ainsi contribué à sa paupérisation chronique.
2. Ils ne vous diront pas que le dictateur Bozizé a été installé et renforcé en 2006-2007 avec l’aide de l’armée française et de ses mirages pour conquérir l’ensemble du pays.
3. La quasi-totalité de la presse française ne vous dira pas non plus que le dictateur Bozizé n’avait plus le soutien de l’actuel gouvernement français en raison du contrat qu’il avait signé avec la Chine lui attribuant l’acquisition du bloc pétrolier A. Pas plus qu’ils ne vous diront que le dictateur Djotodia arrivé au pouvoir en mars 2013 s’est empressé d’annuler ce contrat et d’assurer qu’il continuerait à traiter avec “l’ancienne” puissance coloniale (Pro-French Central African Republic coup leaders scrap Chinese oil deals ; France, Japan form alliance targeting Chinese influence in Africa). En toile de fond de l’engagement tchadien, la France manoeuvre dans les coulisses (en lien étroit avec les USA), sur fond de partage du pétrole centrafricain à la frontière avec le Tchad (US, France deploy troops to Central African Republic). Il y a aussi d’autres intérêts miniers notamment diamantifères et en uranium tels que signalés par le journal l’Humanité dès le début 2013 et qui ont été source par le passé de tension entre la France et Bozizé notamment autour du projet d’Uramin et d’Areva.
The Guardian de Londres a rapporté que “La coalition de combattants rebelles de la Séléka, a commencé à saisir les villes des zones minières dans le pays riche en diamants le mois dernier (janvier 2013), et a déclaré qu’il n’attaquera pas la capitale Bangui et devrait entamer des négociations avec le gouvernement à Libreville, la capitale du Gabon voisin dés la semaine prochaine.” – WSWS a rapporté que le président Bozizé a insinué que la révolte contre lui avait quelque chose à voir “avec l’octroi des contrats d’exploration pétrolière plus tôt cette année qu’il a accordé à des sociétés chinoises et sud-africaines” – Quant au rôle de l’Occident dans cette affaire, l’Humanité (Paris) a noté dans un article publié mardi et traduit ci-dessous dans son intégralité, “il est certain que Paris ne perd pas de vue les intérêts français centraux en RCA. Cette République est une caricature d’une économie d’extraction typique des anciennes-colonies d’Afrique. Le géant français de l’énergie Areva se développe dans Bakouma, à 900 kilomètres (560 miles) au nord-est de Bangui, un projet d’exploitation d’uranium. Le gisement a été découvert dans les années 1960 .. . par le Commissariat à l’énergie atomique“. (NEWS: US, French troops heading to Central African Republic as rebels advance on capital).
4. La majorité des médias français ne vous dira pas que le dictateur Idriss Déby qui a armé la Séléka est un dictateur qui a été maintenu au pouvoir en 2008 grâce à l’intervention militaire française. De sorte que lorsque les médias pointent du doigt la responsabilité de premier ordre du “despote” Déby, ils oublient de dire que Déby n’est bien souvent que le pantin tchadien des intérêts de l’Etat français dans la sous-région. Ils ne vous diront donc pas qu’il a été installé à la tête du Tchad grâce au soutien des services et de l’armée française en 1990. L’autocrate Déby vient d’ailleurs d’accéder à la demande française de créer la plus grande base militaire française en Afrique à Ndjamena dans le cadre de la mission “Barkhane” qui prétend lutter contre le terrorisme dans la région saharienne et sub-saharienne. Ils ne vous diront donc pas que Déby est un pantin françafricain qui exécute les volontés de l’Etat-major français et de l’Elysée en Afrique : au Mali et au Tchad et ailleurs posant plus généralement la question des responsabilités françaises directes et indirectes dans la crise actuelle en Centrafrique.
5. Ces médias ne vous diront pas que “le chef de guerre”, François Hollande (tel qu’il fut nommé par l’AFP), a refusé de faire intervenir l’armée française lors de la montée en puissance de la Séléka début 2013 malgré des accords de coopération militaire entre la France et la RCA et surtout comment il a refusé de faire intervenir l’armée française pour défendre les accords de paix centrafricain signés en janvier 2013 à Libreville entre la Séléka et l’autocrate Bozizé condamnant de facto le gouvernement intérimaire qui était né de cet accord.
“D’une manière générale si nous sommes présent ce n’est pas pour protéger un régime mais pour protéger nos ressortissants et nos intérêts” (François Hollande, en mars 2013,“La France n’interviendra pas,mars 2013)
6. Ils ne vous diront pas non plus que des mercenaires français issus de l’armée française, ainsi que des officines de sécurité français sont venus sécuriser le pouvoir du nouveau kleptocrate Djotodia soutenu par l’axe franco-tchadien (avec en arrière plan les USA qui disposaient aussi de soldats sur le terrain). Pas plus qu’il ne sera question des nombreux réseaux françafricains qui sont venus graviter autour de ce nouveau tyran imposé par un coup d’Etat dans la plus pure tradition françafricaine. Il n’y a donc quasiment rien eu, dans la plupart des médias (hormis dans quelques médias spécialisés), sur l’arrivée ou le renforcement des réseaux françafricains Miterrrand, Guéant, Attias, Fabius…autour du dictateur Djotodia en RCA. [(Centrafrique : retour sur la non intervention française (BdA) ; Eburnanews Les révélations d’un officier centrafricain sur le putsch contre Bozizé: Des soldats français y étaient avec les rebelles de la Séléka; LDC Les Français sécurisent Djotodia].
7. La majorité des médias français ne vous dira pas que la France, en décembre 2013, a initialement désarmé exclusivement les Sélékas lors de l’intervention militaire Sangaris favorisant ainsi les représailles sanglantes par les anti-balakas à l’encontre de lapopulation civile d’origine musulmane et participant ainsi de par son attitude partiale (avec un virage à 180 degrés par rapport à sa politique étrangère antérieure caractérisée par son soutien envers la Séléka en mars 2013) au chaos centrafricain.
8. Ces médias ne vous diront pas non plus que Djotodia et Déby qui ont participé directement au carnage centrafricain – Djotodia parce qu’il était à la tête de la Séléka ; Déby parce que nombre de ses soldats constituaient le gros des troupes de la Séléka avec l’aval français – sont protégés par le gouvernement français et ne font l’objet pour le moment d’aucunes poursuites internationales pour leurs crimes en Centrafrique. Au contraire, le dictateur Idriss Déby a été célébré par le “chef de guerre” François Hollande et son M.A.E comme il se doit. Preuve s’il en était de leurs complicités, pour ne pas dire de leurs collaborations actives.
9. Ils n’évoqueront pas non plus les liens entre les composantes islamistes de la Séléka et leurs homologues de Boko Haram ainsi que les nombreux islamistes qui ont opéré en Libye sous guidage des services français et britanniques lors de la destruction de la Libye par les forces atantistes.
Tous ses éléments occultés mériteraient pourtant d’être intégrés dans les analyses médiatiques concernant le contexte géopolitique qui a vu naître la crise centrafricaine afin d’aider à la désaliénation du citoyen lambda sur la politique africaine de la France. Une quasi-absence de débats au Parlement, des médias dépendants de l’Etat et des lobbies militaro-industrio-financiers françafricains, (sans compter un certain nombre journalistes français non négligeables qui ont trouvé une source annexe de revenus substantiels en allant trouver de la “fraîche” auprès des dictateurs installés par la France en Afrique dans son pré-carré), une situation désastreuse de la presse en matière d’investigation sur la politique africaine de la France, une idéologie néocolonialiste profondément enracinée dans l’histoire nationale, autant d’éléments qui vont à l’encontre de la philosophie des Lumières dont se targue la France. Une philosophie qui apparaît de plus en plus comme une gigantesque duperie anesthésiante des consciences collectives sur les crimes et les politiques prédatrices commises en Afrique au nom des concitoyens. Un “abyme” français où les “ténèbres” ne sont pas forcément là où on l’aurait pensé si l’on veut bien se donner la peine d’ouvrir les yeux.
Nous sommes donc en mesure d’éclairer la version africaniste simpliste – relayée dans les médias français – à partir des éléments occultés par les communicants de l’Elysée et de l’Etat-major :
Le dictateur Bozizé installé par la France en Centrafrique est tombé en désuétude pour des raisons de divergences économiques majeures avec Paris (Uranium, Diamants, Pétrole). La France plutôt que de soutenir le gouvernement intérimaire issu des accords de transition de Libreville, en janvier 2013, a lâché son dictateur pour défendre “ses intérêt”s. Elle a donné le feu vert aux tirailleurs tchadiens pour intervenir au sein de la Séléka et défaire le pouvoir en place. Le “chef de guerre” de l’Elysée a laissé les manettes au Général Puga (libre comme l’air et sans contrôle parlementaire) et il a été convenu que l’armée française ne s’opposerait pas à ce coup d’Etat mené par des islamistes aux accointances lointaines avec les islamistes libyens (soutenus par les services français contre le régime de Kadhafi) et de Boko Haram. Lors de l’arrivée à Bangui du nouveau dictateur Djotodia issu de la Séléka, la France a sécurisé son pouvoir en renforçant ses troupes, en envoyant des mercenaires et ses officines de sécurité à ses côtés. Les réseaux Mitterrand, Fabius, Attias, Guéant… se sont redéployés autour de cette nouvelle manne financière et d’un dictateur plus favorable aux intérêts français. Djotodia a fait part clairement de son souhait d’annuler les contrats pétroliers (portant sur le bloc A à la frontière avec le Tchad) signés entre le Centrafrique et la Chine. Les massacres commis par les Séléka se sont amplifiés dans tout le Centrafrique car cette milice s’appuie sur une base ethnico-religieuse minoritaire et se heurtait aux partisans de l’ancien dictateur, les anti-Balakas. Devant la multiplication des massacres par les Sélékas sur les populations civiles, la communauté internationale et l’ONU ont pointé du doigt leurs responsabilités et leur soutien Tchadien mettant implicitement en cause la France pour complicité de crimes contre l’Humanité. Dans ce contexte, “le chef de guerre” et son Etat-Major (Le général Puga) ont décidé d’intervenir militairement en Centrafrique, en décembre 2013, avec un bon millier de soldats dans un pays grand comme une fois et demi la France. L’intervention des militaires français a consisté essentiellement au début à désarmer les Sélékas (et parfois à soutenir en sous-main les anti-Balakas) intensifiant règlements de compte et massacres de grande ampleur contre la communauté musulmane accusée d’être sympathisante des Sélékas. Des régions entières se sont vidées de leur population musulmane, il n’y a quasiment plus de musulmans dans Bangui. Le pays est partagé en deux : le sud chrétien et le nord musulman et il est au bord de la division. La France a défait le dictateur Djotodia grâce à son armée et aux pressions politiques et diplomatiques puis a installé avec les faveurs de l’ELysée et du M.A.E Fabius, Catherine Samba-Panza au pouvoir. Toutefois l’ex-dictateur Djotodia, est protégé actuellement de toute poursuite devant la justice internationale grâce à sa protection française. Il en va de même concernant le dictateur françafricain, Idriss Déby, grandement impliqué dans ce drame puisque qu’une partie des troupes de la Séléka était composée initialement de soldats tchadiens avec un équipement neuf. Actuellement, ce dictateur qui rend des services aux forces fançaises en Afrique (Mali, Centrafrique) a été adoubé par François Hollande, son ministre de la Défense, son M.A.E et tout son Etat-Major. Il est redevenu, malgré les graves crimes contre l’Humanité qui lui sont reprochés, le chouchou de l’appareil “socialiste” d’Etat et de l’Etat-major en Afrique.
Sam La Touch
Centrafrique: levée partielle de l’embargo sur le diamant
Par RFI Publié le 27-06-2015
A Luanda, l’assemblée du processus de Kimberley, l’organisation qui régule le commerce du diamant, a décidé vendredi 26 une levée partielle de l’embargo qui pèse sur la Centrafrique depuis deux ans. Les diamants extraits dans la « zone verte », c’est-à-dire dans l’ouest du pays, pourront être exportés et l’Etat centrafricain pourra en retirer des recettes fiscales.
Pour les autorités de transition, qui bataillaient depuis des mois pour obtenir ce résultat, c’est une bouffée d’oxygène. Combien l’Etat peut-il escompter ? Les autorités ne veulent pas s’avancer. Tout dépend de la production, et elles entendent bien encourager les artisans et les ouvriers miniers à reprendre le travail.
Pour Joseph Agbo, le ministre centrafricain des Mines, cette décision n’est qu’une première étape. « Même si la levée partielle est un pas dans la bonne direction, l’objectif reste et demeure la levée de la sanction sur toute l’étendue du territoire pour qu’effectivement, le diamant puisse retrouver sa place en tant que produit d’exportation », explique-t-il.
Malgré l’embargo, des diamants centrafricains sortaient du territoire pendant la crise. La levée partielle devrait faire baisser le trafic. « Annihiler le trafic ? Non, je ne suis pas si naïf. Mais c’est vrai que la sanction avait, en quelque sorte, emplifié cette chose-là. Dorénavant, tous ceux qui vont continuer à s’aventurer à exporter dans des conditions frauduleuses, on leur fera une chasse vraiment sans merci », promet M. Agbo.
Avant la crise, le secteur du diamant faisait vivre directement ou indirectement un quart de la population centrafricaine. La production tournait autour de 900 000 à 1 million de carats par an, un objectif a retrouver pour les autorités de transition.
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