Pétrole et gaz : le hongrois Mol souhaite se renforcer dans le croate INA

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La Hongrie, la Croatie et Mol, façon aussi détournée que discrète pour la Russie d’avancer ses pions sur l’échiquier gazier international ? Qui sait …

Alors qu’en mars 2009, la compagnie pétrolière russe Sourgoutneftegaz a conclu un accord en vue d’acquérir 21% de la société hongroise pétrolière et gazière hongroise, cette denière a annoncé vendredi qu’elle souhaitait acquérir 8% de la compagnie croate INA, dont elle détient déjà 47% des actions. Coût envisagé pour l’opération : près de 300 millions d’euros.

« MOL fait une offre de 2.800 Kuna (378 euros) par action pour les 800.910 actions d’INA détenues par les particuliers », a ainsi annoncé vendredi la société hongroise dans un communiqué.

L’offre représente une prime de 64% par rapport au prix de l’action à la clôture du 2 décembre. En cas de succès de l’opération, MOL pourrait ainsi acquérir la majorité du capital en actions de la société pétrolière croate. Cette dernière est détenue à 45 % par l’Etat croate à l’heure actuelle, les 8% restant se trouvant entre les mains de particuliers, dont une majorité de salariés actuels ou anciens.

L’offre n’est pas une offre publique d’achat, car la compagnie « détient avec le gouvernement croate 92% des actions de la société, ce qui lui permet, selon les lois de la Croatie, de faire une offre sur le reste des actions sans avoir recours à une offre publique d’achat officielle », précise par ailleurs le communiqué.

Rappelons qu’en mars 2009, la compagnie pétrolière et gazière autrichienne OMV avait annoncé la vente de sa participation de 21,2% dans MOL à Sourgout, numéro quatre de la production de pétrole en Russie, pour 1,4 milliard d’euros, soit 19.212 forints (62,70 euros) par action. Un montant représentant près du double du dernier cours de cloture (9.940 forints).

Les analystes s’interrogeaient alors sur les raisons qui avaient pu pousser Sourgout à agir de la sort alors que le groupe n’avait pas jusque-là pas affiché d’ambitions à l’étranger, contrairement à ses homologues russes.

L’enjeu du dossier pourrait bien être celui-là : l’acquisition d’une participation dans MOL, dont les intérêts se concentrent en Hongrie et en Slovaquie, étend l’influence de la Russie dans des pays durement affectés par l’interruption des livraisons de gaz russe lors de la guerre du gaz entre Russie et Ukraine.

S’agissant de la Croatie, précisons que le pays consomme près de 3,2 milliards de mètres cubes de gaz par an. 60% de cette consommation sont couverts par ses propres ressources, le solde des 40% sont importés depuis la Russie …

Mieux encore, en mars 2010, un accord sur le passage et l’exploitation du gazoduc South Stream sur le territoire croate a été signé par le ministre russe de l’Energie Sergueï Chmatko et son homologue croate, Djuro Popijac, en présence des Premiers ministres russe Vladimir Poutine et croate, Jadranka Kosor.

En septembre 2009, la Croatie avait ,fait part à la Russie de son souhait de voir le futur pipeline transiter par son territoire. Concurrent du gazoduc Nabucco soutenu par l’Union européenne, South Stream est porté par les compagnies russe Gazprom et italienne Eni.

Mais au final, ces deux gazoducs sont prévus pour arriver en Autriche d’où le gaz sera ensuite distribué vers le reste de l’Europe.

Sources : AFP, Ria Novosti, MOL, Les Echos