Brésil : contrat majeur de sous-marins avec DCNS ?

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Beaucoup d’humour le Brésil ! Alors que l’UMP réunie et Nicolas Sarkozy en particulier sont empêtrés dans l’affaire de Karachi – liée à des retro-commissions occultes  qui auraient été versées dans le cadre de la vente de sous-marins Agosta par DCN(S) au Pakistan – le quotidien Estado de Sao Paulo rapporte que la marine brésilienne souhaiterait acquérir 6 sous-marins à propulsion nucléaire et 20 autres à propulsion conventionnelle d’ici à 2047. Et devinez à qui ? à DCNS, bien évidemment !

Finalité de l' »emplette » pour le Brésil : protéger ses colossales réserves de pétrole en eaux très profondes.

Le coût estimé de chaque sous-marin nucléaire est de 550 millions d’euros. Des 20 sous-marins classiques, 15 seront neufs et cinq d’ »occasions » mais modernisés.

Selon le journal, le cas échéant, la Marine brésilienne disposerait ainsi de la force de dissuasion la plus puissante du continent sud-américain.

Dans le cadre du Programme de développement de sous-marins (ProSub) déjà en cours, le premier sous-marin atomique coûtera deux milliards d’euros, une somme liée aux coûts de transfert de technologie du chantier naval français DCNS, nous dit-on. Les autres navires seront facturés au seul prix de la construction dans le nouveau chantier d’Itaguai, sur le littoral de Rio de Janeiro.

En septembre dernier, a d’ores et déjà eu lieu l’inauguration de l’école de conception de sous-marins de DCNS à Lorient. Cette école a été créée dans le cadre du contrat de vente de 4 sous-marins signé en septembre 2009 avec la Marine brésilienne, le plus important contrat jamais signé par le Groupe à l’international, des termes mêmes de DCNS.

L’école de conception de sous-marins a pour objectif de fournir au Brésil l’assistance pour la conception de la partie non-nucléaire du premier sous-marin brésilien à propulsion nucléaire dont l’entrée en service est prévue en 2025.

Une trentaine d’ingénieurs et techniciens de la Marine brésilienne ont déjà intégré l’école. Au cours des prochains mois, les stagiaires brésiliens seront formés par des collaborateurs de DCNS, spécialistes de la conception de sous-marins. Le transfert de technologie se poursuivra ensuite au Brésil.

Plusieurs centaines de collaborateurs de DCNS travaillent déjà sur le programme initial de sous-marins qui représente près de 3 millions d’heures de travail durant ses cinq premières années. La majorité des centres du Groupe sont concernés, principalement Lorient pour la conception, Cherbourg pour la production, Ruelle pour les équipements stratégiques, Indret pour la propulsion et Toulon pour le système de combat.

Le « hasard de calendrier » fera que cet article de la presse brésilienne voit le jour au moment même où une très sombre affaire de commissions assombrit l’horizon du parti politique au pouvoir en France.

Alors appel du pied du Brésil pour que la France et DCNS n’oublient pas de le récompenser de choisir français ? Qui sait …

Rappelons par ailleurs qu’en septembre dernier, le gouvernement brésilien a réaffirmé ses droits sur sa plate-forme continentale, dans une zone riche en pétrole, au-delà des 200 milles marins. Un décret paru au Journal officiel prenant ainsi de cours l’Organisation des Nations Unies (ONU). Une commission interministérielle coordonnée par le commandement de la Marine a ainsi décidé que « le Brésil avait le droit d’examiner au préalable les demandes de prospection sur sa plate-forme continentale, au-delà des 200 milles marins » (370 km).

Une zone d’une importance cruciale pour le pays

qui a annoncé, il y a deux ans, la découverte de gigantesques gisements de pétrole brut en haute mer, sous une épaisse couche de sel. Si ces réserves sont confirmées, le Brésil pourrait devenir l’un des premiers pays producteurs de pétrole du monde.

En 2004, le Brésil a présenté une demande auprès de la Commission de l’Onu chargée du dossier des limites de la plate-forme continentale. Toutefois, à la suite, de nombreux pays avaient exprimé leurs réserves, et ce, d’autant plus que la majeure partie des zones productrices de demain pourraient se situer dans des territoires maritimes.

En 2007, le Brésil a présenté un autre projet similaire, sans toutefois avoir obtenu à l’heure actuelle une décision de la Commission à cet égard. La question est en cours d’examen à la Convention de l’Onu sur le droit de la mer, laquelle examine les demandes des pays désireux d’étendre leur souveraineté sur le sol marin au-delà des 200 milles de la zone économique exclusive, jusqu’à 350 milles.

Dans le cas du Brésil, l’extension de sa souveraineté sur le sol marin ajoute 960.000 km2 à sa zone maritime, qui compte actuellement 3,5 millions de km2.

Sources : AFP, DCNS, HSBC

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Brésil : frontière maritime étendue à de zones de pétrole off-shore

 

(5 commentaires)

  1. Sarko ne serait-il pas en train de prévoir une éventuelle possibilité de financement occulte de sa future campagne présidentielle avec des commissions et rétro commissions.
    Tous les régimes de la terre sachant désormais que sarko n’est qu’un voyou assoiffé de rétro commission bradant de plus la technologie militaire.

  2. ca va devenir dur de trouver quelques subsides pour financer les elections, reste peut-être Kadhafi … ou les Russes
    parce que Liliane , ca va être difficile et pas trop discret, le Pakistan encore moins
    Proglio, il a eu son poste c’est bon, Lagardère nétait pas au Fouquet’s,
    Dassault pas prêt à tout pour rachter le Parisien
    Ah, mon Dieu, les temps sont durs !

  3. Les Russes ?
    DCNS. consortium commun avec la russie
    2 novembre 2010
    .
    La compagnie russe unifiée de construction navale (OSK) et le groupe français de construction navale militaire DCNS ont signé hier un accord de coopération prévoyant la création d’un consortium commun. Cet accord intervient alors que l’expiration de l’appel d’offres lancé par la Russie pour un navire de type Mistral intervient le 5novembre. Une telle vente, qui constituerait une première pour un pays de l’Otan, est vue d’un mauvais oeil par certains alliés.

  4. 20:15 01/11/2010 RIA Novosti
    SAINT-PETERSBOURG, 1er novembre – RIA Novosti
    Le groupe russe unifié de construction navale (OSK) et le groupe français de construction navale militaire DCNS ont signé lundi un accord sur la création d’un consortium de construction navale civile et militaire, a déclaré le président du groupe russe Roman Trotsenko.
    « Nous avons signé un accord à long terme qui prévoit un échange de technologies », a indiqué M. Trotsenko, sans préciser à quels appels d’offres le consortium participera.
    Plusieurs chantiers navals russes et étrangers font concurrence à la France, avec laquelle Moscou négocie en exclusivité la vente de navires. Parmi les sites russes en lice, on trouve les chantiers navals de l’Amirauté (Saint-Pétersbourg), de Iantar (Kaliningrad) et de Zvezda (territoire du Primorié).

  5. Le contract avec DNCS prevoit, denas le cas bresilien, seulement le transfert de la technologie de construction du casque. Le propulseur (reacteur) nucleaire est de technologie purement bresilien et est en developpement par la marine du Bresil il y six ans deja.

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