Où la différence entre pétrole et essence revêt toute son importance …
Pour faire face à une pénurie de capacité de raffinage, l‘Equateur, pays membre de l’Opep, va débuter la semaine prochaine la commercialisation de biocarburant.
Le but : réduire le montant de ses importations d’essence, lequel s’élève à environ 700 millions de dollars par an.
Le biocarburant sera tout d’abord vendu dans le port de Guayaquil, pour être ensuite commercialisé dans l’ensemble du pays. Il contiendra 5% d’éthanol produit à base de canne à sucre.
Si l’Equateur produit environ 491.000 barils de pétrole par jour, le pays manque d’infrastructures de raffinage. Une situation qui l’oblige à importer du carburant.
A noter par ailleurs que près des deux tiers de sa production de brut sont destinés à l’exportation (333.880 bp/j), si l’on en croit les données officielles.
Mais le biocarburant n’est pas la seule solution msie en oeuvre par l’Equateur pour résoudre le problème. En juillet 2008, le président équatorien, Rafael Correa, avait lancé la construction d’une raffinerie sur le Pacifique, aidé en cela par son allié vénézuélien, Hugo Chavez.
Cette semaine, le chantier a été confié au groupe de travaux publics sud-coréen SK-E&C. Le montage financier devrait être prêt en juillet, tandis que les travaux devraient être achevés fin 2013, moyennant 12,5 milliards de dollars d’investissement. Le projet devrait permettre au consortium opéré par le Venezuela et l’Equateur de raffiner 300.000 barils de brut par jour.
Le sud-coréen participera également à la mise en place d’un pool de financement composé d’agences de soutien à l’exportation et d’autres organismes, a par ailleurs déclaré à la presse Carlos Proaño, dirigeant de la société mixte Refineria del Pacifico. Structure dont l’entreprise nationale vénézuélienne PDVSA détiendra 49% des parts, Petroecuador étant majoritaire avec 51% des titres.
La raffinerie sera construite entre les ports de Manta (280 km au sud-ouest de Quito) et Montecristi, à 22 km de Manta, dans la province côtière de Manabi. Le complexe pétro-chimique occupera 3.000 hectares et a pour ambition d’héberger la plus grande raffinerie d’Amérique du sud.
Car l’objectif d’Hugo Chavez est bien celui-là : que le projet « permette au pétrole brut du Venezuela d’être transformé dans la région et non plus aux Etats-Unis« .
« Au lieu d’avoir des raffineries aux Etats-Unis, nous avons décidé de les avoir içi dans notre environnement géopolitique », avait ainsi indiqué le Président vénézuelien en juillet 2008.
Sources : AFP, Reuters