Boeing 787 : un défaut de fabrication stoppe la production d’un sous-traitant

Alenia_Aeron_Shipment_787_hr Les temps sont durs pour Boeing … et encore plus pour le futur appareil du constructeur US, le 787 Dreamliner.

Alors qu’en juin dernier, le groupe de Chicago rendait public un nouveau retard pour le premier vol d’essai du géant des airs version outre-atlantique, l’avionneur a indiqué vendredi avoir fait cesser la fabrication de certaines pièces de fuselage  du 787 « Dreamliner » dans une usine de l’équipementier italien Alenia Aeronautica. Raisons invoquées : des défauts de fabrication.

Boeing a en effet ordonné le 23 juin dernier au sous-traitant concerné l’arrêt de la production de ces pièces, en raison d' »un changement du processus de fabrication ».

L’information rendue publique par une porte-parole du groupe, Loretta Gunter, confirme ainsi une information publiée dans le Wall Street Journal vendredi.

Plus précisément, les longerons (élément d’une aile supportant la voilure) étaient fabriqués « en dehors des normes prescrites par Boeing », un dysfonctionnement de nature à créer de minuscules plis sur la surface du fuselage.

Après examen des éléments déjà fabriqués dans l’usine italienne, « seulement deux zones sur le fuselage nécessitent d’être renforcées pour disposer de la solidité désirée » selon la porte-parole.

Afin de rassurer ces clients, Boeing précise que les dites zones sont accessibles depuis l’extérieur des avions (sans nécessité de revoir l’assemblage), affirmant même que leur renforcement est relativement simple. Espérons-le …

Un patch composite sera appliqué sur dix pièces encore stockées à l’usine d’Alenia, les autres seront adaptées sur le site de Boeing à Charleston.

La société italienne fabriquera les nouveaux longerons dès que les ingénieurs Boeing en auront élaboré les caractéristiques, de façon à ce qu’il n’y ait plus besoin de les renforcer après fabrication. Reste à connaître la date à laquelle tous les éléments seront disponibles pour permettre une reprise … aucune précision n’étant fournie sur ce point à l’heure actuelle.

Toujours aussi optimiste, Boeing affirme haut et clair que cet incident n’aura bien évidemment « aucun impact sur le calendrier et le coût » du 787 Dreamliner. Il est toutefois permis d’en douter …

Précisons que le 23 juin, date de la demande d’arrêt de production des éléments incriminés, est également la date à laquelle Boeing informait d’un nouveau retard pour le premier vol d’essai du Dreamliner, le justifiant par « un besoin de renforcer une zone sur une section du fuselage ».

Sources : AFP,

Puget Sound Business Journal (Seattle)


(2 commentaires)

  1. D’après le Seattle Times, qui est généralement bien informé pour tout ce qui concerne Boeing, le problème est lié au renforcement des longerons par une nouvelle technique de fabrication. Cela a entrainé des tensions sur le fuselage et de légères ondulations, qui pourraient à la longue engendrer un délamination du matériau composite. La solution la plus propre serait de redessiner les longerons, mais Boeing aurait choisi de simplement renforcer le fuselage aux endroits où des micro vagues sont apparues. Dans le Seattle Times, l’auteur de l’article met la faute sur Alenia. Mais cela ne correpond pas à la description qu’il donne du problème dans son article. Alenia y apparaît comme un simple exécutant. Or il s’agit d’un problème de conception.

  2. C’est bien ce qu’il me semblait en lisant à travers les lignes.
    Vous confirmez : un pb de conception cote Boeing
    d’ailleurs la phrase suivante le laisse sous entendre : « les nouveaux longerons dès que les ingénieurs Boeing en auront élaboré les caractéristiques »

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