Rassurez-vous : pas de risque de caramel ! Mais tout de même, le cours du sucre flambe littéralement ces derniers jours.
La raison d’une telle euphorie ? des perspectives d’une forte baisse de l’offre. Laquelle est consécutive en grande partie à la politique agricole de l’Inde.
Les cours du sucre ont ainsi atteint cette semaine à New York leur plus haut niveau observé en trois ans. Désormais, les cours du sucre ont franchi le seuil de 16 cents la livre à New York, une première depuis l’été 2006 !
Les fonds d’investissement semblent en effet se ruer vers ce nouvel or blanc, les craintes d’une raréfaction de l’offre faisant grimper les prix.
Il est vrai que l’Organisation internationale du sucre (ISO) qui s’attendait à un déficit de 4,9 millions de tonnes pour l’année 2008-2009, a drastiquement révisé ce chiffre vendredi, l’estimant à présent à 7,8 millions de tonne ! Une paille !
Rappelons qu’il y a quelques mois à peine, les paysans indiens ont massivement délaissé la culture de canne, poussés à cela par le faible niveau des cours et les incitations gouvernementales visant à produire des céréales pour faire face à la pénurie de farine en Inde.
La réponse sur le marché du sucre ne s’est pas faite attendre : en trois mois – de janvier à mars – le cours de la livre de sucre brut à New York est passé de quelque 12 à 14 cents.
Pour – tenter – de faire face à la situation (d’exportatrice, l’Inde était en passe de devenir importatrice), New Dehli a supprimé les droits d’importation. Des mesures interprétés par les marchés comme une preuve tangible d’une réelle pénurie …. De nature à faire grimper les cours …
Un bonheur n’arrivant jamais seul, les cours du sucre ont également profité ces derniers jours de la hausse observée sur les marchés pétroliers, le prix du baril ayant franchi le seuil de 60 dollars cette semaine. Rappelons que toute augmentation du prix du pétrole favorise le recours à la canne à sucre en tant que biocarburant, réduisant d’autant les quantités disponibles pour la production du sucre.
Si les cours du sucre ont quelque peu reculé à Londres ces dernières heures, précisons qu’il s’agit avant tout de prises de bénéfices, les prix ayant atteint la semaine dernière leur niveau le plus élevé depuis juillet 2006, à 452,20 livres la tonne à Londres.
Sur le Liffe de Londres, la tonne de sucre blanc pour livraison en août valait 435 livres vendredi à 11H00 GMT contre 445,90 livres la semaine précédente à 14H00 GMT.
Sur le NYBoT américain, la livre de sucre brut pour livraison en juillet valait 15,45 cents, contre 15,37 cents jeudi dernier.
Sources : AWP, Le Monde, AFP