Qui n’a pas été stupéfait d’entendre le médiatique et toujours fringant Bernie nous causer dans le poste de « dollar fort« , tranduisez « s’inquiéter de la dérive anormale des taux de change » ? Eh bien en toute franchise, pas moi! (et ce n’est pas pour faire le mailn, je vais en 2 mots vous expliquer pourquoi cette sortie anormale pour un patron de la FED qui marche sur les terres du secrétariat d’état au trésor H. Paulson n’est pas du tout surprenante). Toutefois, auparavant, faisons un détour par la flambée du pétrole: tout le petit monde médiatique nous explique le peak oil: or, je pense qu’il n’y a très peu d’effet pénurie dans les cours actuels. Pour vous en convaincre, reprenez l’once d’or et le baril en 1971 du temps de la convertibilité: $35 et $4 respectivement. En 2008, $950 et $130 environ. Les 2 multipliés par 30, et il n’y a pas de pénurie d’or, juste de la défiance vis-à-vis de la politique monétaire US (c’était déja le cas pour le 1er choc pétrolier) et la valeur future des pétro-dollars.
Or, le baril et l’once sont 2 bons indicateurs de ce que les « grands de ce monde » pensent du billet vert et des USA. S’ils flambent tous les 2 de la meme facon, le consensus n’est pas bon, et un message essaie de passer … Et c’est exactement ce qui a été avalisé par Bernanke dans son speech: comme il ne pouvait pas dire « Ok, j’arrète de faire le guignol avec les taux et je laisse plonger les banques », il a dit « j’aime le dollar fort ». Pour les marchés, c’est du pareil au meme, surtout qu’il s’agit de choses sur lesquelles il n’est pas sensé s’exprimer …
En gros, ce qu’il faut retenir, c’est qu’à force de faire chuter le dollar, les détenteurs de dette US ont acheté tout ce qui passait à leur portée et qui n’était pas frappé de protectionnisme (comme le port de New York), incluant les denrées alimentaires, ce qui a provoqué des émeutes. Pour la première fois depuis longtemps, le monde (et surtout le ministre Saoudien) a fait comprendre à l’Oncle Sam que cette fois, dévaluer la monnaie ne ferait pas « évaporer la dette ». Il va donc falloir relever les taux, donc bonne chance au prochain président US!
Dans votre article vous disiez :
« Et c’est exactement ce qui a été avalisé par Bernanke dans son speech: comme il ne pouvait pas dire « Ok, j’arrète de faire le guignol avec les taux et je laisse plonger les banques », il a dit « j’aime le dollar fort ». »
On va voir si Bernanke accepte que la banque Lehman Brothers, qui est une des 4 plus grandes banques US, fasse faillite dans les prochaines semaine. En tout cas le mouvement semble lancé –> voir l’article de Paul JORION :
Lehman Brothers : est-on reparti pour un tour ? (sous entendu pour des faillites bancaires et une crise financière) http://www.pauljorion.com/blog/?p=608
Bravo pour l’article. Il est tant que l’on comprennent vraiment les dessous de cette crise du dollar.
Merci pour vos commentaires interessants! Je regrette d’écrire peu ces temps-ci, mais j’ai un timing très chargé. Ca rentrera dans l’ordre courant juin …