Areva : enlèvement de 4 cadres du groupe au Niger

Nigermnj Quatre cadres français travaillant pour Areva et expatriés au Niger ont été enlevés par la rébellion touareg du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) a annoncé dimanche un porte-parole du groupe nucléaire français, entré en contact avec eux.

Si en janvier 2008, Areva a renouvelé son partenariat avec le Niger pour 2008 et 2009, son implantation dans le pays est loin de faire l’unanimité. Des impacts importants de l’exploration minière sur la santé des salariés locaux sont également à déplorer.

« Quatre collaborateurs expatriés français du groupe au Niger ont été enlevés par des membres du MNJ, alors qu’ils circulaient dans la région d’Arlit dans le nord du pays » où Areva exploite des mines d’uranium, a expliqué Jacques-Emmanuel Saulnier, porte-parole du groupe Areva.

Il s’agit de trois hommes – un directeur d’exploitation et deux de ses collaborateurs – et d’une femme, une géologue, « âgés entre 30 et 50 ans », a-t-il précisé. Ces personnes sont « saines et sauves et ont pu entrer en contact avec leur hiérarchie » et c’est eux qui ont révélé l’identité de leurs ravisseurs, a ajouté le porte-parole. « Le groupe Areva », a-t-il dit, est « totalement mobilisé, en liaison avec les autorités nigériennes et françaises, pour la libération de ses collaborateurs ».

Les quatre cadres français kidnappés au Niger, salariés du groupe nucléaire français seront libérés sans négociations « avec un message pour la direction d’Areva », a déclaré à la suite dimanche la rébellion touareg du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ).

Selon le chef du MNJ, Agali Alambo, joint depuis Lagos, les quatre employés ont été enlevés « sans un coup de feu et en pleine ville d’Arlit (la « capitale » de l’uranium) alors qu’ils faisaient un jogging ».

« Ils sont en bonne santé et sont arrivés à notre camp. Nous ne demandons rien pour leur libération. Nous voulons faire passer le message au gouvernement qu’il est impossible de faire quoi ce soit en matière de prospection et d’exploitation avant la résolution des problèmes dans le nord du pays », a poursuivi le chef du MNJ.

Depuis début 2007, les autorités nigériennes doivent faire face aux actions du MNJ qui réclame de disposer d’une plus grande part des bénéfices tirés de l’uranium tant au niveau des populations locales que pour le développement de leur région.

Areva, numéro un mondial du nucléaire civil, exploite depuis 40 ans deux gisements d’uranium, l’un à ciel ouvert à Arlit pour la Société des mines de l’Aïr (Somaïr) et l’autre souterrain pour la Compagnie minière d’Akokan (Cominak), près d’Arlit. Les deux sites ont produit en 2006 près de 2.260 tonnes d’uranium.

Lle Niger est le troisième producteur mondial d’uranium (8 % loin derrière le Canada et l’Australie) et pourtant c’est un des pays les plus pauvres du monde où 70 % de la population avait moins de 20 ans en 2005. L’uranium représentait en 2007 environs 35 % des exportations du Niger(80 % en 1970), 5% du PNB sans compter toutes les activités induites : sous-traitants, commerce, artisanat, tacherons…

En décembre 2006, Anne Lauvergeon, la présidente du directoire du groupe AREVA avait déclaré que le groupe qu’elle dirige espérait, à l’avenir, »doubler la production minière du Niger et faire de lui, l’un des premiers pays exportateurs d’uranium.

En juin 2007, les relations entre le Niger et le groupe nucléaire civil français avaient commencé à nettement se dégrader. La situation s’était empirée en juillet avec l’expulsion de Dominique Pin, le patron local d’Areva, accusé de financer les rebelles touaregs du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ). Le groupe français a néanmoins rejeté les accusations. D’après le président nigérien Mamadou Tandja, ce soutien présumé du groupe français au MNJ vise à empêcher d’autres compagnies étrangères concurrentes de s’installer dans la zone pour exploiter l’uranium. Les rebelles ont de leur côté accusé la société chinoise Sino-U, qui prospecte l’uranium dans la région, d’avoir aidé le gouvernement à acheter des armes.

Sources : AFP, afrik.com

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(26 commentaires)

  1. L’enlèvement a eu lieu hors d’Arlit, a côté d’Akokan.
    La situation au Niger a justifié depuis le milieu de semaine dernière la qualification en zone rouge des secteurs nord du Niger.
    Un minibus a sauté sur une mine, ainsi qu’un camion de la société paraminière FORAMCO.
    Il est difficile de lier l’enlèvement à la position d’AREVA NC (ex COGEMA). De fait, Arlit et ses deux satellites miniers vivent de l’exploitation des mines de la COMINAK et de la SOMAIR, et il n’est pas besoin d’être génie en géopolitique pour comprendre qu’un retrait des capitaux des entreprises du secteur engendrerait une misère sans nom.
    Vous indiquez que l’exploitation minière génère des soucis de santé auprès des populations riveraines des périmètres exploités. Peut-être est-ce vrai, toutefois, les diagnostiques sont fournis au moyen de personnels et matériels relevant directement des hopitaux implantés par AREVA à Arlit.
    En somme, l’enlèvement n’est pas crapuleux (a priori, pas de rançon demandée), et pas orienté contre les activités d’AREVA. C’est avant tout un moyen de porter un message hors des frontières du NIGER, en impliquant deux gouvernements sur une problématique locale.

  2. Sur l’aspect sanitaire :
    L’association Sherpa, en collaboration avec Médecins du Monde, la CRIIRAD et les employés d’Areva au Gabon et au Niger, ont récemment rendu public les résultats de leur enquête conduite dans les mines d’uranium du groupe.
    Dans ces deux pays, ils accusent les dirigeants d’Areva d’avoir négligé les conséquences sanitaires et environnementales de leurs activités.
    Les tests effectués par la CRIIRAD sur la radioactivité au Niger et au Gabon viennent quant à eux de révèler des taux d’exposition des employés d’Areva 40 fois supérieurs aux normes fixées par l’OMS. Par ailleurs, l’enquête affirme que la protection des travailleurs n’était pas correctement assurée.  » Ils étaient exposés à des poussières radiotoxiques sans port de masque ni équipement de sécurité « , explique Jean-Pierre Getti. Aucune information ni formation n’était délivrée ».
    « Ils n’étaient même pas informés des risques qu’ils encourraient « , confirme Almoustapha Alhacen, président de l’association AGHIR N’ MAN (association nigérienne de protection de l’environnement).
    Selon Jean-Pierre Getti, président de Cour d’assises à Paris et vice-président de Sherpa, « au Niger les problèmes sanitaires et environnementaux sont identiques » qu

  3. […] contre l’action militaire de la France pourrait se traduire par des attaques voire des enlèvements – ou même pire – de ressortissants français à travers le monde ? Cela y ressemble […]

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