EADS/Libye et Dassault : des négociations de longue date

DousteblazykhadafiOu l’on retrouve toujours les mêmes …. Sarkozy, Chirac, Villepin, Alliot-Marie, Lahoud, (certes, pas le même prénom), vente d’armes, çà ne vous dit rien ? Clearstream, bien sûr ! Si on voulait boucler la boucle, il ne nous manquerait bientôt que quelques éléments.

« La négociation du contrat de vente des missiles Milan à la Libye a duré 18 mois et sur les 18 mois qui se sont écoulés, il n’y a pas eu d’intervention directe de l’Elysée a « pourtant » déclaré samedi le directeur du marketing et de la stratégie du groupe européen EADS, Marwan Lahoud.

Si les critiques fusent contre le contrat d’armement que Nicolas Sarkozy aurait récemment négocié avec la Libye parallèlement à la libération des infirmières bulgares, il est important de rappeler que nous faisions d’ores et déjà état ici même sur le blogfinance – en octobre 2006 – de possibles passations de contrat entre EADS, Dassault et La Libye … ce qui à l’époque n’avait pas fait grand bruit, dans tous les sens du terme.

Désormais, la signature approchant, l’information provoque un tollé. Mais si Ségolène Royal ou un éventuel candidat Jacques Chirac ou Dominique de Villepin avait été élu, il leur aurait fallu en tant que chef de l’Etat français annoncer la nouvelle au grand public, indépendamment de la couleur politique, les retombées pour Dassault et EADS étant fort importantes et difficiles à rejeter en ces temps de vache maigre.

Quelques personnes, certes UMP mais plus proches de Villepin et de Chirac, auraient-elles laissé consciemment ou non, Nicolas Sarkozy s’engager tête baissée dans une voie semée d’embûches sur le dossier de ventes d’armes à la Libye, en guise de représailles bien pensées au dossier Clearstream ? Qui sait ?

N’oublions pas que c’est Patrick Ollier lui-même, tout de même conjoint de Michèle Alliot-Marie qui avait fait état en mars 2006 de négociations bien avancées entre Areva et la Libye.

« Il y a eu évidemment du soutien qui a été accordé par les services de la délégation générale pour l’armement comme il se fait dans tous les contrats d’armement de cette nature », a reconnu toutefois Marwan Lahoud sur Europe 1. M. Lahoud a ajouté que « le contrat n’était absolument pas à l’ordre du jour de la visite du président (Nicolas) Sarkozy en Libye », le 25 juillet, observant cependant qu' »une visite présidentielle crée toujours un climat favorable » à la conclusion d’un contrat.

Ceci est tellement vrai qu’une source au ministère français de la Défense avait relaté en octobre 2006 que la Libye pourrait concrétiser un accord à l’occasion d’une visite en France du chef d’Etat libyen Mouammar Khadafi. La Délégation générale pour l’armement (DGA) du ministère français de la Défense avait confirmé à cette date l’existence de discussions avec la Libye en vue de moderniser les armements libyens, dans le cadre de la coopération de défense renouée entre les deux pays en 2005. Un accord visant à permettre la rénovation des armements français qu’elle a acquis dans les années 70, avions F1 et bateaux Corvette, serait en cours de discussion entre les deux pays, avait alors indiqué Paris.

L’accord « visait surtout à permettre à la Libye de retrouver la capacité opérationnelle qu’elle avait avant l’embargo international sur les armes » entre 1986 et 2004, en particulier par la modernisation de 38 Mirage F1 achetés par la Libye entre 1978 et 1980, indiquait alors une source proche du dossier. Mais Tripoli aurait également marqué son intérêt pour des « équipements plus sophistiqués », tels que l’avion de combat Rafale et l’hélicoptère d’attaque franco-allemand Tigre, dont la maîtrise d’oeuvre industrielle est assurée par Eurocopter, filiale du groupe européen EADS.

Aucun calendrier n’avait été avancé pour la visite du chef d’Etat lybien mais on jugeait alors « possible que le colonel Khadafi souhaite l’effectuer sous le mandat du président Jacques Chirac » s’achevant en mai 2007. La venue en France du chef de l’Etat libyen n’aurait pu cependant avoir lieu avant le règlement du dossier des infirmières bulgares condamnées à mort en Libye, car soupçonnées d’avoir inoculé le sida à des enfants libyens, précisait-on …. la presse informait d’ores et déjà à l’époque que le directeur des relations internationales à la Délégation générale pour l’armement (DGA) du ministère français de la Défense s’était rendu à la même époque à Tripoli.

DoustebenghaziRépondant à une question sur la libération des infirmières bulgares, décidément élément déterminant plus pour débloquer les négociations déjà en cours sous le gouvernement Villepin et la présidence de Jacques Chirac, Marwan Lahoud a encore indiqué qu’il n’y avait « certainement pas » eu de donnant-donnant à la libération des infirmières bulgares contre une signature du contrat. « La question des infirmières est bien trop importante pour être mise en regard d’un contrat d’armement », a-t-il dit.

Enfin… les contrats d’armement, c’est tout de même bigrement important pour le gouvernement français, les grands groupes industriels français tels Dassault, Eads, … voire même les partis politiques et les candidats à l’élection présidentielle disent certains, les commissions obtenues sur les ventes pouvant procurer quelques moyens de financement.

M. Lahoud a répété que les contrats pour les missiles Milan et celui pour le système de communications Tetra « sont en négociations depuis plus de dix-mois » et qu' »aucun de ces deux contrats n’a été signé à ce jour ». « Le contrat Milan n’a pas été signé par le client. Aujourd’hui, il est finalisé c’est à dire qu’il est prêt à être signé », a-t-il rappelé. « Aujourd’hui, le contrat est dans les circuits administratifs libyens. Il n’y a eu aucune demande supplémentaire de la part des Libyens », a dit M. Lahoud. Interrogé sur la possibilité d’une signature du contrat lors d’une éventuelle visite à Paris du chef d’Etat libyen à la rentrée, M. Lahoud a répondu n’en être « absolument pas informé ». « Aujourd’hui, les attentes du côté d’EADS et de MBDA, c’est que c’est une question de procédure administrative », a-t-il précisé.

M. Lahoud a ajouté que le deuxième contrat, portant sur le système de communications Tetra, est « un petit peu moins en avance ». « Nous avons négocié depuis un petit peu moins de dix-mois, toutes les conditions sont réunies pour finaliser, mais nous n’avons pas finalisé encore formellement ce contrat », a-t-il dit. Le dirigeant d’EADS s’est enfin dit « un petit peu étonné que l’on commente des contrats militaires non signés ».

Un haut responsable libyen a annoncé jeudi à Tripoli que son pays avait signé un contrat d’armement avec MBDA (filiale d’EADS, du britannique BAE Systems et de l’italien Finmeccanica) pour l’achat de missiles Milan à hauteur de 168 millions d’euros et conclu un deuxième contrat avec EADS pour un système Tetra de communication radio à hauteur de 128 millions d’euros.

En octobre 2006, le quotidien Al-Hayat, citant des « sources informée à Paris et Tunis », indiquait que la France et la Libye avaient « accompli un grand pas » vers la signature d’une série de contrats militaires et la vente d’une vingtaine d’Airbus. D’ores et déjà, la presse précisait alors que des patrouilleurs maritimes pourraient également être modernisés avec des missiles anti-navires Otomat de MBDA (société commune d’EADS, BAe Dynamics et Alenia). Aucun information n’avait pu filtrer sur d’éventuelles négociations pour la vente de matériels neufs, tel l’avion de combat Rafale de Dassault ou des hélicoptères militaires (Tigre ou NH90 d’Eurocopter, autre filiale d’EADS).Le premier salon de la défense libyen « Lavex » prévu du 4 au 6 décembre 2006 à Tripoli devait permettre aux industriels français de concrétiser de telles opportunités, précisait alors le journal.

Lors de sa visite à Tripoli en février 2005, la ministre française de la Défense Michèle Alliot-Marie avait signé un accord définissant les futures relations de défense entre les deux pays. Cet accord comprend trois volets: dialogue stratégique, coopération militaire et coopération en matière d’armement.

En ce qui concerne les avions civils, la compagnie aérienne libyenne Afriqiyah a déjà signé « une lettre d’intention » avec Airbus en juillet 2006 au salon de Farnborough pour 12 avions –9 moyens courriers (6 A20 et 3 A319) et 3 long courrier A330–, assortie de huit options (5 A319 et 3 A330). Le montant total de la commande pour 20 appareils serait de l’ordre de 1,8 milliard de dollars, d’après les prix catalogue d’Airbus.

Le ministère des Affaires Etrangères du gouvernement Villepin avait alors précisé que la France et la Libye souhaitaient entamer une coopération en matière de sécurité intérieure « constructive et dynamique ». La première décision concrète dans cette voie a été la nomination, en septembre 2005, d

(6 commentaires)

  1. tiens !
    J’ai aussi retroucé cela :
    Visite en Libye de M. Nicolas Sarkozy (6 octobre 2005)
    Nicolas Sarkozy, ministre d

  2. Libye/Infirmières: contrat Milan « n’est pas une contrepartie » (fils Kadhafi)
    TRIPOLI, 4 août 2007 (AFP)
    Le fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam, a affirmé samedi à l’AFP que le contrat d’armement signé par la Libye avec une filiale d’EADS n’était « pas une contrepartie » à la récente libération des infirmières et du médecin bulgares.
    « L’accord d’armement signé entre la Libye et la France n’est pas une contrepartie en échange de la libération des infirmières », a-t-il déclaré, en pleine polémique sur d’éventuelles contreparties données à la Libye pour la libération du personnel médical bulgare.
    « Je n’ai pas lié la libération des infirmières et l’achat par la Libye de missiles Milan », a affirmé Seif al-Islam, faisant allusion à son entretien avec le quotidien français Le Monde publié mercredi. « C’est inadmissible qu’une telle affaire humanitaire fasse l’objet d’un troc », a-t-il dit.
    Il a ajouté que les négociations pour ce contrat d’armement « avaient commencé il y plus de 18 mois ».
    Ce contrat porte sur l’achat de missiles antichar Milan à hauteur de 168 millions d’euros et d’un système Tetra de communication radio pour 128 millions d’euros.

  3. A noter également que la Libye est depuis fort longtems le 1er fournisseur en pétrole … de la Suisse !
    Pays neutre, il s’entend 🙂

  4. Pour rappel
    Source : CNRS 2006
    Nuclear desalination : an inter-regional, collaborative effort at CEA
    NISAN Simon (1) ; DARDOUR Saied (1) ;
    CEA, FRANCE
    Résumé / Abstract
    Cet article résume nos études en cours sur l’application possible de l’énergie nucléaire pour le dessalement de l’eau de mer dans le cadre du programme de développement et de recherche du CEA et dans le contexte de plusieurs collaborations internationales coordonnées par le CEA :
    avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), avec les pays d’Europe du Sud, avec l’Inde et avec les pays nord-africains *** tels que la Tunisie et la Libye. ***
    Au lieu de se limiter aux études générales conventionnelles, l’objectif principal du travail entrepris est d’apporter des avancées novatrices substantielles dans l’utilisation des réacteurs nucléaires comme une source d’énergie compétitive sur le plan économique et respectant l’environnement.
    Le document détaillé présente les résultats des études portant sur les aspects suivants :

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