H. du Saillant : nouveau décès dans l’affaire Rhodia après Edouard Stern

Mortbanquier_stern_dusaillantEtrange tout de même, vous en conviendrez. Alors que le procès du meurtre d’Edouard Stern – plaignant avec Hugues du Saillant dans le cadre de l’affaire Rhodia  devrait enfin avoir lieu avant la fin de l’année 2007, l’actionnaire minoritaire du groupe chimique, à  l’origine d’enquêtes judiciaires sur des agissements nuisant à  de nombreux actionnaires, est décédé subitement vendredi à Paris, a annoncé son entourage samedi.

La veille de son décès, M. de Lasteyrie était entendu par la Police Judiciaire, dans le cadre d’une enquête préliminaire sur d’éventuels enrichissements personnels d’intervenants aux dossiers, ajoute le communiqué.

I – Décès d’Hughes de Lasteyrie

Hughes de Lasteyrie, actionnaire minoritaire de Rhodia, à l’origine d’enquêtes judiciaires sur les comptes du groupe chimique et les agissements de certains ex-dirigeants, est mort d’un infarctus vendredi à Paris, a annoncé son entourage samedi.

M. de Lasteyrie, âgé de 58 ans, était le principal plaignant dans « l’affaire Rhodia », avec le banquier Edouard Stern, tué en mars 2005 à Genève, un meurtre certes avoué par sa maîtresse, mais pas totalement solutionné. Le procès de cette dernière devrait avoir lieu avant la fin de l’année.

« La brutale disparition de M. de Lasteyrie n’est pas de nature à  interrompre les procédures engagées par la société Valauret, qu’il dirigeait », indique un communiqué. Sa famille « a pris toutes les dispositions pour que la justice soit en mesure de donner la suite qui convient à toutes ces procédures », précise-t-on de même source.

Né le 7 décembre 1948, diplômé de Sciences-Po, le comte de Lasteyrie du Saillant – descendant d’un ministre des Finances des années 20 – amorce une carrière de banquier à la BNP puis chez Louis-Dreyfus. 

A la fin des années 80, il prend la tête d’une des holdings de l’homme d’affaires Bernard Arnault au moment de la création de LVMH, avant de s’installer à son compte et de s’installer en Belgique en 1998. Sa « spécialité » est de détecter des sociétés sous-cotées pour investir et proposer ensuite à  ses dirigeants un changement de stratégie, explique-t-on dans son entourage. Sa stratégie le pousse à  investir dans Rhodia fin 2001, persuadé que le groupe chimique est sous-évalué. Son titre vaut à  l’époque quelque 10 euros. Trois ans plus tard, en 2004, l’action vaut moins d’un euro, plombée par la révélation de l’endettement majeur de Rhodia.

Le financier – contrôlant encore 0,8% de Rhodia – évalue alors ses pertes à quelque 40 millions d’euros.

II – H. de Lasteyrie et l’affaire Rhodia

Depuis 2004, plusieurs plaintes ont amené les autorités judiciaires à ouvrir une série d’enquêtes sur le groupe Rhodia et les agissements de ses anciens dirigeants et administrateurs ainsi que ceux de son actionnaire principal, Rhône-Poulenc (devenu Sanofi-Aventis).

En 2004, M. de Lasteyrie actionnaire de Rhodia, avait porté plainte pour « présentation de comptes inexacts, diffusion d’informations fausses et mensongères », accusant certains anciens administrateurs et dirigeants du groupe, en particulier l’ex-PDG Jean-Pierre Tirouflet, d’avoir dissimulé le niveau d’endettement de Rhodia et conduit à la ruine nombre de petits actionnaires.

Ces enquêtes ont été confiées aux juges Henri Pons et Jean-Marie d’Huy, précise la famille, (voire insiste la famille, souhaitant là  passer un message … ? ) ces deux personnes étant par ailleurs chargées de l’affaire Clearstream.

Outre sa plainte pour « comptes inexacts », M. de Lasteyrie contestait l’enquête menée par l’Autorité des marchés financiers (AMF), contre laquelle il avait aussi déposé plainte: il l’accusait d’avoir réécrit son rapport sur l’affaire, en ne mentionnant plus certains faits. L’AMF a porté plainte contre M. de Lasteyrie pour dénonciation calomnieuse.

Une enquête préliminaire a également été ouverte récemment par le parquet de Paris sur des achats et des ventes suspects de titres par Jean-Pierre Tirouflet, lorsqu’il était directeur financier de Rhône-Poulenc entre 1988 et 1990.

La veille de sa mort, M. de Lasteyrie « était encore entendu pendant plusieurs heures par la police judiciaire, pour faire le point sur ces affaires », et notamment sur cette dernère ramification, selon le communiqué.

Accusé par l’un de ses détracteurs d’être « un raider implacable qui a joué et perdu sur Rhodia », M. de Lasteyrie s’est toujours défendu de ne chercher qu’à récupérer sa mise ou de viser quiconque en justice. « Il se bat au nom de principes et dans l’affaire Rhodia, un certain nombre de principes ont été bafoués », affirmait-on dans son entourage.

Pour rappel, en juin dernier l’AMF a infligé 750.000 euros d’amende à Rhodia et 500.000 euros à Jean-Pierre Tirouflet pour communication financière « inexacte, imprécise et trompeuse » entre 2001 et 2003. Le groupe Rhodia n’est finalement sorti du rouge qu’en 2006 grâce à  ses efforts de désendettement et de redressement. L’action est remontée à 3 euros au printemps avant que Rhodia ne décide de regrouper ses actions à  raison d’1 pour 12.

Rhodia éait né en 1998 de la séparation des activités chimie et pharmacie du français Rhône-Poulenc lors de sa fusion avec l’allemand Hoechst. Le pôle pharmacie deviendra Aventis (fusionné en 2004 avec Sanofi).

III de Lasteyrie et Edouard Stern

Avant d’être assassiné Edouard Stern se trouvait au coeur d’un imbroglio financier mettant en cause Thierry Breton, le ministre de l’Economie et des Finances : l’affaire Rhodia. Et ce n’était pas la seule affaire dans laquelle d’une manière ou d’une autre l’on pouvait retrouver son nom.

Avec Hugues de Lasteyrie, Edouard Stern reprochait à Thierry Breton, lorsqu´il était administrateur du groupe pétrochimique, d’avoir couvert une manipulation comptable. L´effondrement du titre avait éveillé les soupçons du banquier Français qui perdit près de 60 millions d´euros avec son fond (IRR) géré depuis Genève.

Stern se disait menacé et avait même obtenu du directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, un port d’arme. Une officine, Sécurité sans frontère (SSF), proche du Ministère de la défense avait reçu un mandat pour constituer un dossier sur lui. 

Un rapport de douze pages relatives à ses activités financières, sa vie privée, ses amis avait bien été remis à  Thierry Breton. Comme dans l’affaire Clearstream, c’est une haute figure du renseignement français qui a supervisé l’opération. Des perquisitions avaient eu lieu au sommet de l’Etat, dans les bureaux de Thierry Breton en juin 2005, au cabinet du ministre de la Défense, Michèle-Alliot-Marie en avril 2006.

Toutes ces coïncidences n’auront sans doute pas échappé aux juges Jean-Marie d’Huy et Henry Pons, puisqu’ils ont en charge les deux dossiers. En décembre, les deux magistrats se sont rendus à Genève pour prendre connaissance des documents récupérés par leur collègue Michel-Alexandre Graber, en charge de l´enquête sur la mort d’Edouard Stern.

Certains journalistes comme ceux de www.fdesouche.com note que si dans l’affaire Clearstream, c’est Nicolas Sarkozy qui est visé, dans la seconde affaire, il s’agit de l´un de ses proches, le nouveau Président nayant jamais caché sa proximité avec Edouard Stern.

Contrairement à Nicolas Sarkozy, Edouard Stern avait bien des comptes enregistrés chez Clearstream. Quant aux flux financiers dégagés par la vente des Frégates de Taïwan, il était bien placé pour les voir passer, souligne encore www.fdesouche.com et notamment le livre concernant toute l’affaire – interdit en Suisse à l’origine – : Mort d’un Banquier.

Sources : AFP, La Croix, www.fdesouche.com, « Mort d’un Banquier »

(15 commentaires)

  1. Henri Pons est un juge d’instruction français. Avec Jean-Marie d’Huy, il est l’un des deux magistrats instructeurs de l’affaire Clearstream 2 ou affaire du Corbeau, survenue en marge de l’affaire des frégates de Taiwan.
    Henri Pons et Jean-Marie d’Huy instruisent également l’affaire Rhodia, l’affaire Vivendi et l’affaire du « comité d’entreprise » d’EDF.

  2. Septembre 2006 ….
    Hughes de Lasteyrie : L’affaire Rhodia c’est lui !
    Le comte Hughes de Lasteyrie du Saillant ne se laissera couper ni la tête ni la langue.
    Dans l’affaire Rhodia, l’aristocrate de la finance a déjà dépensé 4 millions d’euros en frais de procédure et il n’a pas fini pour autant de faire trembler l’establishment.
    Entre août 2001 et mars 2002, il a acquis l’équivalent de 45 millions d’euros d’actions Rhodia, à 11 euros l’unité en moyenne. Or le titre ne vaut plus que 1,80 euro,
    contre 21,34 euros lors de l’entrée du titre en Bourse en juillet 1998 !
    La plainte au pénal déposée en avril 2004 par Hughes de Lasteyrie au nom de Rhodia est instruite par les juges Henri Pons et Jean-Marie d’Huy.
    Le préjudice est estimé par l’accusation à 2,85 milliards d’euros. Partie civile, l’association de Colette Neuville regroupe déjà une cinquantaine de petits porteurs.
    L’ex-président de Rhodia, Jean-Pierre Tirouflet, est accusé d’abus de biens sociaux au profit de Rhône-Poulenc, ex-maison mère du chimiste. De connivence, il aurait accepté le transfert chez Rhodia de sites pollués, afin de faciliter un mariage à parité entre Rhône-Poulenc et Hoechst (pour former Aventis, racheté depuis par Sanofi).
    Dans les comptes, faux ou trompeurs, les futurs coûts de nettoyage des sites auraient été sous-évalués, Rhône-Poulenc se contentant de doter sa fille de 179 millions d’euros au départ, puis de verser un solde de 88 millions avec l’accord des actuels dirigeants de Rhodia.
    Lesquels sont accusés par Hughes de Lasteyrie de continuer à couvrir Sanofi-Aventis. Ils ne se sont résolus à se porter partie civile qu’en janvier 2006.

  3. Article tiré en fait du journal Le Point :
    A noter également :
    « Deux amis contre Rhodia
    Ces derniers temps, Edouard Stern et Hugues de Lasteyrie se téléphonaient pratiquement tous les jours pour parler de Rhodia.
    Les deux financiers s

  4. Th.BRETON – qui devait aller enseigner le « Gouvernement d’entreprise » aux US !!? – était aussi administrateur de DEXIA.
    DEXIA, dont par ailleurs un certain M. ROELANTS -lié, a-t- on dit à d’importants politiciens socialistes belges – avait dirigé la filiale LUXEMBOURGEOISE DEXIA-BIL, avant d’aller diriger CLEARSTREAM.
    (C’est sous la direction de ce M. ROELANTS que DEXIA-BIL a pris une participation de 69% dans LABOUCHERE, dans des conditions étonnantes.
    LABOUCHERE, acquise par le groupe DEXIA,a couté à celui-ci quelques MILLIARDS d’euros, et d’innombrables procès; a couté aussi environ 400 millions d’euros au Tresor piblic Luxembourgeois…
    Entre autres « curiosités » de cet achat :
    la CAISSE des DEPOTS avait, deux ans environ avant celui-ci – une « joint venture » assez étrange également(via certaines « conservations ») avec LABOUCHERE…

  5. ….pour E :
    Merci.
    … c’est une très profonde (comme les « gorges » ..) mine – me semble -t-il !.
    Et, pt-être une oeuvre d’intéret public…
    Difficile de connaitre en détail, p.ex., certaines « affinités » – largement occultes, et parfois multinationales – qui sont sans doute fondamentales, et créent des sous-ensembles, souvent en opposition et lutte entre eux, entre les différents « intéressés » …
    Mais il est certain que les actionnaires minoritaires (p.ex. les environ 50%- de DEXIA. Ce cas, avec LABOUCHERE et la CAISSE, rappelle un peu CREDIT LYONNAIS – SLAVENBURG des années 80/90..) se font régulièrement « plumer »; les instit. étant souvent + ou – conduits à « s’écraser », malgré leurs propres intérets parfois divergents, pour des raisons « politiques » au sens propre comme au sens figuré.( P.ex le Gouvernement Lux., dans DX.. )
    Mais quelques uns (des minoritaires) se « refont » parfois plus ou moins( cf. VIVENDI), ou obtiennent compensation (sans doute, pour DX/L : Gvnmt Lux.,vs Gvnmt Fr./CDC, m’a-t-on dit..).
    Quant aux managers (même « top », parfois trop naifs au départ – même s’ils étaient déja très « majeurs et vaccinés » – pour des raisons d’éducation, voire même d’éthique !!!),les indélicats devraient pt-être s’en méfier davantage : cf. le cas VINCI.
    PS : revenant à RHODIA, il y a ainsi – au moins – un « troisième homme »

  6. petite rectification, malgré sa mort tragique, M. de Lasteyrie n’a jamais été « comte » – Si tant est que cela puisse signifier qq chose aujourd’hui.
    Les journalistes aiment bien stigmatiser…

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