Tchad : menace sur la production de pétrole

Tchadpetrole220Pour les analystes et spécialistes du domaine, il était clair que les évènements actuels au Tchad étaient liés aux approvisionnements de pétrole et aux gigantesques enjeux liés également à son transport. Le doute n’a pu lieu d’être, le ministre tchadien des droits de l’Homme venant d’annoncer qu’il suspendrait sa production de pétrole à partir du 18 avril s’il ne récupèrait pas d’ici là les fonds bloqués dans une   banque en Grande-Bretagne en raison du conflit qui l’oppose à la Banque mondiale.

Par ailleurs , la rupture officielle du Tchad avec le Soudan annoncée vendredi est à rapprocher du contexte lié à la construction de l’oléoduc Tchad-Cameroun.

1 – Menace d’un arrêt de production

Selon, une décision adoptée vendredi matin en conseil des ministres, le Tchad fermera son « robinet de pétrole » le mardi 18 avril à midi (11H00 GMT) si n’intervient pas d’ici là un déblocage des fonds bloqués par la Banque mondiale sur le compte de la Citibank à Londres.

Selon le gouvernement tchadien, le Tchad aurait un besoin d’argent urgent pour résoudre les   problèmes sociaux du pays, tout en excluant néanmoins tout lien entre cet ultimatum et la récente offensive des rebelles du Front uni pour le changement (Fuc) repoussée jeudi par l’armée devant N’Djamena.

La Banque mondiale a ordonné en janvier le blocage des revenus pétroliers tchadiens placés sur un compte bancaire britannique après la décision de N’Djamena de modifier une loi sur la gestion des revenus pétroliers parrainée par l’institution internationale.

2 – Production de pétrole de Tchad

La production de pétrole du Tchad s’élève à l’heure actuelle à 200.000 barils par jour. Devenu pays producteur en 2003, le Tchad est désormais en position de force pour négocier de meilleures conditions de prospection et d’exploitation de ses ressources minérales, constatent les experts. La mise en valeur des champs de Doba devrait rapporter à N’Djamena des revenus de l’ordre de 2 milliards de dollars au cours des vingt-cinq prochaines années, à un rythme d’extraction actuel de 225 000 barils par jour (b/j).

Depuis le début d’exploitation des gisements tchadiens, les opérateurs lorgnent déjà vers les régions périphériques.  Ainsi, le consortium américano- malaisien – composé des compagnies ExxonMobil, Chevron et Petronas – a signé, le 10 mai  2004, avec le gouvernement tchadien, une nouvelle convention de recherches et d’exploitation des hydrocarbures. Selon cet accord, le consortium a pour obligation de forer cinq puits d’exploration sur une période de cinq ans. Conclue après vingt-deux mois de négociations, cette convention, d’une durée de trente ans, concerne les bassins de Doba, Salamat et du lac Tchad. Elle concède à l’

(14 commentaires)

  1. Le Blog Finance remercie Frédérique de ALFA Vendée … de m’avoir fourni l' »infrastructure » nécessaire pour me permettre de publier cette article !!!
    Merci Frédérique !!!

  2. Pour poursuivre dans le même sens, à noter que l’impact du contexte politique et économique au Tchad, va nécessairement avoir des conséquences majeures sur le cours du pétrole dès Lundi …. et par la même sur l’activité des constructeurs automobiles et concessionnaires

  3. Le Tchad a toujours été secoué par des «guerres de libération». Depuis Goukouni Ouedeyi jusqu’à Idris Deby, en passant par Hissène Habré, la libération ou la démocratie se joue à coups de canon .
    Certes, Idriss Déby, après avoir chassé Hissène Habré, a réussi à organiser des élections, telles celles de 2001. Mais malheureusement, la découverte du pétrole au Tchad a accéléré la crise politique à la suite de la mauvaise gestion des revenus du pétrole. L’on reproche à Déby et son entourage de s’être enrichis excessivement, plongeant la population dans la pauvreté excessive.
    Cet enrichissement à outrance a poussé le régime Habré à se radicaliser, occasionnant ainsi des dissensions au sein de la classe politique. A dire mieux, Idriss Déby a commencé à faire le vide autour de lui au profit des personnalités issues de sa tribu. Ces distorsions politiques, toujours sur fond des ressources pétrolières mal gérées ont poussé certaines personnalités politiques à prendre leur distance vis-à-vis de Idriss. Tel le cas de l’ancien ministre des Affaires étrangères Laona Gong, représentant du Fuc (Front uni pour le changement), la principale branche armée du Rassemblement pour la démoc ratie et la liberté (Rdl), le principal parti d’opposition au régime Habré, et dirigé par Mahamar Nour.
    L’armée n’a pas été épargnée. Il y a eu des soulèvements accentués par des désertions. De nombreux officiers ont fini par déserter les rangs de l’armée régulière pour se réfugier au Soudan. Justifiant leur dernière offensive, le leader du Fuc, Ali Kedealaye a déclaré : «On veut en finir avec ce désordre, cet amalgame de choses-là. Il faut que ça cesse. Il faut un régime stable, un régime soutenu par l’ensemble de la population». C’est tout dire. Le mot est lâché : désordre . Synonyme certainement de la dictature, de la corruption, de la dilapidation des fonds, de l’ethnicisme. Si le Soudan est accusé, c’est parce que les éléments du Rdl sont en bons termes avec les milices arabes Djandjawids qui luttent contre les rebelles du Darfour, les Zaghawas, dont les combattants du Scud sont également originaires, y compris Idris Deby.
    Bref, le partage inéquitable des revenus du pétrole déstabilise aujourd’hui Idriss Déby.
    LE BRAS DE FER AVEC LA BANQUE MONDIALE
    Comme pour donner raison aux rebelles, Idriss Déby Itno a eu maille à partir avec la Banque mondiale. En effet, sur une décision unilatérale, prétextant la souveraineté nationale, Idris Déby avait décidé de puiser dans la «réserve pétrolière» pour acheter des armes et combattre les rebelles. Auparavant, il avait soutenu que le gouvernement tchadien devrait faire face à la dégradation de la situation sociale, par conséquent il ne pouvait croiser les bras alors qu’il dispose des possibilités financières. Il s’agit, on le sait, d’un fonds ouvert au profit de la «jeunesse tchadienne», de commun accord avec la Banque mondiale. 10% des recettes pétrolières étaient versés dans ce compte. Sur décision de Idriss Déby, ce compte a été dissous et l’ argent utilisé à d’autres fins.
    Malgré la mise en garde de la Banque mondiale, rien n’y fit. D’où la décision de la Banque mondiale de geler toutes les facilités élargies en faveur du Tchad. Auparavant, Idriss Déby s’était attiré la colère des responsables des compagnies étrangères pétrolières qui avaient investi au Tchad en voulant revoir les termes du contrat. Car, selon ces termes, aucune loi ne pouvait être adoptée au Tchad dans ce cadre précis sans avoir reçu au préalable l’accord des responsables de ces sociétés pétrolières qui avaient investi au Tchad. Comme quoi, le pétrole pourrait bien signer la fin du régime Déby.
    L’AFRIQUE CENTRALE EN EBULLITION
    La guerre au Tchad risque d’avoir des répercussions en Afrique centrale. Elle a déjà provoqué des différends entre le Tchad et le Soudan. En effet, N’Djamena continue à accuser Khartoum de soutenir les rebelles tchadiens et d’agresser son régime.
    Mais il y a aussi la République centrafricaine ; un pays qui est également confronté à une certaine rébellion. Pour les besoins de la cause, les différents mouvements rebelles peuvent coaliser et mener des incursions parallèles. Ce qui affectera indubitablement la stabilité de la sous-région encore précaire avec la situation préoccupante en République démocratique du Congo. Il y a risque qu’il y ait des effets d’entraînement négatifs au moment où des efforts énormes sont consentis pour ramener la paix dans la région des Grands Lacs.
    http://fr.allafrica.com/stories/printable/200604140322.html

  4. Tchad:le Fuc nie un soutien du Soudan 2006-04-15
    PARIS, 15 avril (XINHUA) — Les représentants du Front uni pour le changement (Fuc) au Tchad à Paris a nié samedi dans un communiqué tout soutien du Soudan à sa rébellion armée contre le régime tchadien, et ils ont également accusé ce dernier d’avoir recruté des mercenaires européens et des combattants du Darfour .
    « Suite aux accusations très graves lancées à l’encontre du Soudan par Idriss Deby, nous réfutons catégoriquement l’ingérence des pays voisins », indique le Fuc.
    « Nous sommes indépendants vis-à-vis du Soudan comme de tout autre pays étranger », ajoutent les opposants, en assurant que leur mouvement « est un soulèvement populaire ».
    Le Fuc accuse cependant le régime tchadien d’avoir « recruté des éléments de l’opposition armée du Darfour », région de l’ouest du Soudan où un conflit armé opposent depuis 2003 les milices djandjawids pro-Khartoum à des groupes rebelles dont fait partie l’ethnie Zaghawa de M. Deby.
    La France, qui maintient quelque 1.200 militaires dans son ancienne colonie, est accusée par le Fuc de soutenir « aveuglément » le président Deby et d’être directement intervenue pour contrer l’offensive rebelle. Ces accusations sont formellement démenties par le ministère français de la Défense.

  5. Vendredi, les autorités avaient exhibé 160 prisonniers rebelles et une quinzaine de véhicules saisis lors d’un rassemblement à N’Djamena.
    Ce qui n’empêche pas de nombreux habitants d’être sur les nerfs, compte-tenu de l’afflux de civils blessés dans les hôpitaux et des impacts de balles visibles sur les façades des bâtiments dans le centre-ville.
    « On a beaucoup amputé. Les blessures proviennent principalement de balles », témoigne Duccio Staderini, délégué de l’ONG Médecins sans Frontières-Belgique (MSF) dans la capitale tchadienne, dont l’antenne soigne 110 blessés civils dans deux hôpitaux.
    LA DIRECTION DU PALAIS
    Les blessés aux bandages sanguinolents sont étendus dans des tentes de campagne dressées devant l’hôpital central. Des militaires en treillis de camouflage et au « chèche » noué autour du cou effectuent des patrouilles en « pick-ups » dans les rues avoisinantes.
    La carcasse calcinée d’une jeep de l’ANT gît non loin des grilles tordues du bâtiment de l’Assemblée nationale, qui a essuyé le plus fort de l’attaque rebelle.
    D’après des N’Djaménois, trois militaires gouvernementaux ont été brûlés vifs dans ce véhicule. Le sol est jonché d’impacts de balle.
    La confusion sur l’endroit où se sont repliés les assaillants et leurs projets ne contribue pas à calmer les esprits
    Source : Reuters

  6. Elisabeth :
    Il n’existe aucun doute dans mon esprit que le gouvernement tchadien est corrompu jusqu’a l’os mais vous ne trouvez pas que le Tchad est en train de se faire rouler par les compagnies petrolieres ?
    225,000 barils par jour et le Tchad ne recevra que 2 milliards de dollars au cours des 25 prochaines annees ?
    C’est tout simplement scandaleux quand le baril vaut plus de 70 dollars a l’heure actuelle.

  7. les deux milliards sont peut etre les tarifs officiels … entre temps, quelques armes peuvent transiter par ci par là … ainsi que de gros contrats … je suis l’affaire et vous tiens au courant
    En tout cas , tel est le cas avec la Cote d’ivoire , ou le quarté gagnant de la corruption s’articule autour de petrole , armes , cacao et diamants …

  8. je tenais à envoyer mes pensées à tous les Français présents au Tchad et au personnel de l’Ambassade … mon cousin en étant membre en tant que gestionnaire …
    Courage !!!!

  9. j’essaie d’ailleurs de le contacter pour avoir des nouvelles du terrain si possible et vous tiens au courant

  10. CQFD …. lutte entre USA et France pour avoir la suprématie sur le petrole de la région ….
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    N’DJAMENA (Reuters) – Le gouvernement tchadien a annoncé lundi avoir accepté une offre de médiation américaine dans son litige avec la Banque mondiale portant sur l’exploitation de son pétrole des gisements de Doba.
    N’Djamena a repoussé dans le même temps de deux semaines son ultimatum à la Banque mondiale, sommée de débloquer les redevances tirées de l’exploitation du pétrole sous peine de fermer les robinets de l' »or noir ».
    Dans un premier temps, N’Djamena avait menacé d’arrêter sa production pétrolière de 200.000 barils par jour à partir de (demain) mardi en milieu de journée.
    Le gouvernement a publié un communiqué annonçant que la date-limite fixée à la Banque mondiale était repoussée à la fin du mois et qu’il acceptait une offre de bons offices de l’administration américaine dans ce litige.
    « Le gouvernement est heureux d’accepter l’offre de médiation du gouvernement américain et a décidé d’accorder le répit pour cette médiation proposé par le département d’Etat, à savoir jusqu’à la fin du mois d’avril », précise le communiqué diffusé sur les ondes de la radio nationale tchadienne.
    Le « M. Afrique du département d’Etat », Jendayi Frazer, est attendu à cet effet dans la capitale tchadienne à une date non précisée.
    La Banque mondiale, qui a financé la construction de l’oléoduc acheminant l' »or noir » de Doba, dans le sud du Tchad, au terminal de Kribi (Cameroun), sur le golfe de Guinée, a gelé depuis cinq mois les avoirs pétroliers tchadiens.
    Elle a pris cette mesure en rétorsion à la décision du gouvernement du président Idriss Déby de revenir en décembre 2005 sur son engagement de verser 10% des revenus de l' »or noir » à un « fonds pour les générations futures », préférant financer des dépenses immédiates, probablement militaires.
    Le consortium qui exploite les gisements de Doba associe les Américaines Exxon Mobil et Chevron au Malaisien Petronas.
    Dans son communiqué, le gouvernement tchadien précise avoir demandé à ces trois compagnies pétrolières de verser directement leurs redevances au Trésor tchadien.
    Outre le gel des avoirs pétroliers tchadiens, la Banque mondiale a suspendu le 12 janvier ses prêts à ce pays en reprochant à N’Djamena d’avoir enfreint leurs accords.
    … On fait le point au plus tot ….

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