La Russie annule 90 % de la dette de Cuba …. pour un meilleur accès au pétrole cubain ?

C’est clair, la Russie recherche de nouveaux alliés. Tout comme elle s’était récemment tournée vers la Corée – tant pour l’aspect politique que pour trouver de nouveaux débouchés pour son gaz – le pays offre désormais ses « largesses » à Cuba. L’île des Frères Castro étant loin d’être dénuée d’intérêt … pour les majors pétrolières russes ….

Après la récente visite Laurent Fabius – chef de la diplomatie française – dans le pays, c’est au tour le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov de s’y rendre. Ce dernier « profitant » de l’occasion pour annuler 90% de la dette cubaine, laquelle s’élève à 32 milliards de dollars. L’accord signé en octobre dernier à Moscou, désormais au stade final de la ratification prévoit par ailleurs que 10 % des sommes seront réinvesties dans l’économie cubaine.

Simple hasard de calendrier ?
Si certes les campagnes d’exploration menées dans les eaux territoriales cubaines n’ont pas été fructueuses jusqu’à présent, la levée de l’embargo américain pourrait ouvrir la porte à l’utilisation d’équipements et de matériels permettant de rentabiliser les opérations.
Reste qu’une nouvelle fois Russes et Américains pourraient s’opposer sur le terrain, avais-je laissé entendre dans un article récent, indiquant que les Etats-Unis pourraient vouloir monnayer la levée de leur embargo en échange d’un accès « favorisé » aux champs pétrolifères cubains. Et ce, alors même que la Russie a d’ores et déjà avancé ses pions dans la région. Une « contrepartie » que Moscou pourrait être « amené » à accorder en guise de concession pour son annexion de la Crimée et son oukase sur l’Ukraine, avais-je indiqué.

Quoi qu’il en soit, rappelons que des études américaines estiment que les réserves de pétrole off-shore de Cuba – contenues dans ses eaux territoriales du golfe du Mexique – se situent dans une fourchette compris entre 5 et 9 milliards de barils, La Havane allant même jusqu’à une estimation de 20 milliards de barils.
La zone économique cubaine du golfe du Mexique (d’une superficie de 112 000 km2) a été divisée en 59 blocs pétroliers, dont 22 ont d’ores et déjà fait l’objet de contrats avec des majors internationales.
Grâce à la plate-forme italienne de recherche en eaux très profondes Scarabeo-9, 3 groupes pétroliers internationaux – Repsol (Espagne), PDVSA (Venezuela), PC Gulf (Malaisie) ont mené ces derniers mois des recherches dans la zone maritime cubaine du golfe du Mexique. Sans toutefois obtenir des résultats. A l’heure actuelle, aucune date n’a été fixée pour la poursuite de leurs travaux, tandis que la plate-forme a été acheminée en Afrique occidentale.

– La Russie largement investie dans le potentiel pétrolier cubain –

Au premier semestre 2013, la société étatique russe Zarubezhneft s’est livrée sans succès à l’exploration du pétrole dans le bloc « L » de la zone économique exclusive cubaine dans le golfe, située dans le nord de la province centrale de Ciego de Avil. Une opération menée via l’aide de la plate-forme Songa Mercur, construite par la Russie et gérée par la Norvège.
La société étatique cubaine Cubapetroleos (Cupet) et Zarubezhneft avaient par la suite planifié de forer de nouveau dans le bloc « L » de la zone économique exclusive cubaine à compter de 2014.
Zarubezhneft a ainsi planifié de nouvelles recherches au large de la côte centre-est de Cuba. La société d’Etat cubaine y a lancé l’exploration de 10 nouveaux puits en semi-off-shore, dont un d’une profondeur de 8.200 mètres, ce qui constitue un record pour Cuba.
En novembre 2013, lors d’une rencontre avec le président du groupe pétrolier russe Rosneft Igor Setchine,le président cubain Raul Castro avait quant à lui exprimé son intérêt pour le renforcement de la coopération bilatérale avec la Russie dans les secteurs du pétrole et de l’énergie.

– Un essor freiné jusqu’à présent par l’embargo américain –

Mais l’embargo économique et financier pour le moins drastique que Washington impose à Cuba depuis plus d’un demi-siècle constitue un frein important au développement du secteur pétrolier cubain.
En effet, la majeure partie de la technologie et du savoir-faire du domaine est détenue par des entreprises américaines. Selon Jorge Piñon, expert pétrolier cubain basé aux Etats-Unis, toute entreprise pétrolière internationale qui voudrait opérer à Cuba doit faire face à un surcoût de 15 à 20%, tous les équipements et les techniques devant venir d’Europe ou du Canada.
A noter également que toute technologie pétrolière utilisée à Cuba doit compter moins de 10% de composants des Etats-Unis.
– Une hausse de 50 % de la production pétrolière d’ores et déjà possible selon un expert –
Si l’on en croit Jorge Piñon, Cuba pourrait d’ores et déjà augmenter de 50% sa production pétrolière à l’aide de technologies de récupération améliorée, domaine dans lequel le français Total est très investi. Reste qu’à l’heure actuelle, le recours à de telles méthodes se heurte à l’embargo américain.
Si l’on en croit, Jorge Piñon, ancien président d’Amoco Oil Amérique latine et aujourd’hui expert à l’université du Texas, en appliquant les techniques de récupération améliorée, Cuba pourrait augmenter sa production de 20 000 à 25 000 barils par jour, par rapport aux 50 000 actuellement produits.
Précisons que la récupération améliorée – qui peut utiliser diverses techniques, notamment d’injections de gaz – permet de réduire la viscosité du pétrole, laquelle est particulièrement forte dans les puits exploités à Cuba.
Selon l’expert, si le facteur de récupération primaire est de 7% pour les puits cubains, à l’heure actuelle, c ces techniques permettraient de l’étendre à 17 ou 20%.

– Cuba : nouveau hub pétrolier du Golfe du Mexique ? –

Toujours selon Jorge Piñon, indépendamment de l’exploitation de la manne pétrolière du pays, l’infrastructure pétrolière cubaine pourrait générer d’importants revenus. Selon lui, le port de Matanzas, la raffinerie de Cienfuegos et l’oléoduc qui les relie au centre du pays pourraient servir de centre de raffinage et de stockage de brut et de produits dérivés pour les Caraïbes et le golfe du Mexique.
Une opportunité que la Chine pourrait saisir, Cuba pouvant constituer un hub idéalement placé pour à la fois traiter la production locale et exporter les produits dérivés, à quelques encablures du plus important consommateur au monde, les Etats-Unis.

– Moscou annule également la dette de la Corée … pour favoriser la construction d’un pipeline –

C’est selon le même type de stratégie que Moscou vient d’effacer 90 % de la dette nord-coréenne, soit la quasi-totalité des 10 milliards de dollars de dettes contractées par le pays. Poutine n’ayant rien d’un philanthrope, la “largesse” russe pourrait au final faciliter la construction d’un gazoduc vers la Corée du Sud.

Le vice-ministre russe des Finances, Sergueï Stortchak, a lui-même déclaré que cette somme pourra servir au financement de projets communs en Corée du Nord, parmi lesquels figure la construction d’un gazoduc pour relier les gisements gaziers de Sibérie russe à la boulimique Corée du Sud.

Rappelons que ce projet est développé depuis déjà quelques années par le géant gazier russe Gazprom. L’objectif premier étant de livrer à la Corée du Sud 10 milliards de mètres cubes de gaz par an. Le gazoduc constitue également un élément indispensable pour la stratégie d’expansion asiatique de Gazprom, qui cherche à tout prix un débouché à ses pipelines en provenance de Sakhaline et de Sibérie.

Sources : Ria Novosti, AFP, french.china.org.cn

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com – 29 avril 2014

(34 commentaires)

  1. Russie : le Parlement annule 90% de la dette de Cuba envers l’ex-URSS

    Moscou – La chambre basse du Parlement russe a ratifié vendredi un accord signé entre la Russie et Cuba prévoyant l’annulation de 90% de la gigantesque dette contractée par La Havane auprès de l’ex-URSS, une semaine avant une visite de Vladimir Poutine.

    Ce déplacement à Cuba du président russe est notamment destiné à intensifier les relations commerciales bilatérales. Vladimir Poutine doit y rencontrer Fidel Castro, qui s’est retiré du pouvoir pour des raisons de santé en 2006 au profit de son frère Raul, selon le Kremlin.

    Un accord signé entre Moscou et La Havane le 25 octobre 2013 prévoit l’annulation de 35,2 milliards de dollars de dettes et le remboursement du solde (environ 3,5 milliards de dollars) sur dix ans. Les fonds remboursés seront placés sur des comptes dédiés et seront intégralement réinvestis par la Russie dans l’économie cubaine, prévoit le texte.

    Le sujet avait été à l’ordre du jour d’une visite du Premier ministre Dmitri Medvedev en même temps qu’une dizaine d’accords de coopération économique. Mais aucun détail n’avait été fourni sur les modalités du règlement de cette dette de Cuba envers l’ex-URSS (dont la Russie était une des quinze républiques fédérées), qui a longtemps constitué un obstacle à la normalisation des relations entre La Havane et son ancien allié à l’époque de la Guerre froide.

    Personne ne pensait que cette dette serait remboursée un jour, a souligné le député Andreï Makarov, du parti présidentiel Russie Unie, en présentant le texte.

    Depuis 2005, Moscou et La Havane relancent leurs relations, réduites à néant avec la désintégration du bloc soviétique au début des années 1990. La Russie est actuellement le neuvième partenaire commercial de Cuba, avec des échanges de 224 millions de dollars en 2011, loin derrière le Venezuela, la Chine et l’Espagne, les trois premiers partenaires économiques de l’île.

    Pendant sa visite à Cuba le 11 juillet, Vladimir Poutine portera une attention particulière au développement des relations économiques et commerciales et des investissements, à la réalisation de projets communs dans les domaines de l’énergie, du transport, de l’aviation civile, de l’espace et de la santé, a précisé le Kremlin vendredi.

    La Russie avait, à l’occasion de la visite de M. Medvedev en 2013, conclu des accords portant sur la location de trois Antonov-158 civils et sur la fourniture de pièces détachées, la coopération spatiale à des fins pacifiques, la médecine et la biologie nucléaire, les douanes et l’éducation.

    Selon l’agence de presse Interfax, plusieurs compagnies russes ont déjà fait part de leur intérêt pour de nouveaux investissements à Cuba, dans les hydrocarbures (Zaroubejneft) et l’électricité (Inter RAO).

    Zaroubejneft a déjà entrepris des recherches au large de la côte nord-est de ce pays avec la plate-forme norvégienne Songa Mercur.

    Après Cuba, Vladimir Poutine doit se rendre en Argentine le 12 juillet pour parler notamment relations commerciales avec la présidente Cristina Kirchner.

    Le journal russe Vedomosti écrivait mardi que le géant du gaz russe Gazprom pourrait à cette occasion sceller sa participation à des projets dans ce pays de Wintershall, filiale du chimiste allemand BASF.

    Les discussions portent notamment sur deux gisements en mer déjà en exploitation, ceux de Carina et d’Aries, qui produisent actuellement 12 millons de m3 de gaz par jour.

    Vladimir Poutine se rendra ensuite au Brésil où il participera à la cérémonie de clôture du Mondial de football, la Russie devant accueillir la prochaine coupe du monde en 2018.

    Le président russe, isolé par les Occidentaux en raison de la crise ukrainienne, doit participer à un sommet des pays émergents des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud).

    Tous ces pays ont vu leur économie ébranlée depuis un an et demi en raison de l’évolution de la politique monétaire américaine qui a entraîné des départs de capitaux de leurs territoires vers les Etats-Unis.

    Ils tentent de mettre sur pied leur propre banque de développement et leurs propres fonds de réserve de devises, sur le modèle de la Banque mondiale et du FMI, deux institutions ayant leur siège à Washington.

    AFP / 04 juillet 2014 17h54)

  2. 12:32 04/07/2014

    MOSCOU, 4 juillet – RIA Novosti

    La Russie effacera 90% de la dette cubaine avant la visite du président Vladimir Poutine à Cuba, écrit vendredi le quotidien RBC Daily.

    Jeudi le gouvernement a transmis à la Douma un projet de loi concernant la ratification des accords intergouvernementaux avec l’île, selon lesquels ce pays latino-américain serait libéré de 90% de sa dette envers la Russie, soit 31,7 milliards de dollars sur un total de 35,2 milliards de dollars.

    Selon ces accords signés en octobre 2013, la partie cubaine remboursera les 10% restants de la dette pendant dix ans, en deux versements par an.

    La phase active des négociations sur l’effacement de la dette cubaine a eu lieu l’année dernière et le remboursement se chiffrait alors à 32 milliards de dollars. Les sources de l’agence de presse américaine Reuters soulignent qu’en décembre 2013, Moscou et la Havane s’étaient mis d’accord sur l’amortissement de la dette accumulée depuis l’époque soviétique.

    Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a confirmé les détails de l’accord en avril dernier. Selon le ministre, l’argent remboursé sera réinvesti dans l’économie cubaine. « Nous étudions un projet de nœud de transport international avec la participation de la Russie et d’autres pays sur le territoire cubain », a-t-il souligné.

    Cet effacement de la dette cubaine sera l’amortissement financier le plus important de l’histoire de la Russie postsoviétique. Jusqu’à présent l’Irak occupait la première place: en février 2008 Moscou et Bagdad s’étaient entendus pour effacer 12 milliards de dollars sur les 12,9 milliards de dette irakienne. Dès 1996 la Russie a, au total, « pardonné » les dettes de 23 pays pour un montant de près de 100 milliards de dollars. Sans compter les accords avec Cuba.

    La semaine prochaine Vladimir Poutine commencera sa tournée dans les pays d’Amérique latine. Selon une source proche de l’administration présidentielle, il fera effectivement escale à Cuba et cette visite portera notamment sur la coopération militaire et technique.

    Samedi 12 juillet, le leader russe arrivera à Buenos Aires dans le cadre de sa première visite officielle en Argentine, annoncée fin juin lors de sa rencontre avec les ambassadeurs étrangers. Selon le président russe, la coopération économique sera le sujet principal des négociations avec la dirigeante argentine Cristina Kirchner: « J’envisage d’aborder en détail tout l’éventail des questions bilatérales et internationales d’actualité, fixer des projets conjoints mutuellement avantageux dans le domaine énergétique, aussi bien que dans l’atome pacifique, la construction mécanique et la coopération militaire et technique. »

    Dimanche 13 juillet, Vladimir Poutine assistera à la finale de la Coupe du Monde du football à Rio de Janeiro. Après le match il prendra part à la cérémonie symbolique représentant la transmission des droits d’organisation de la Coupe, du Brésil à la Russie. Ensuite Poutine se dirigera vers la ville de Fortaleza au nord-est du pays qui, dès le 15 juillet accueillera le sixième sommet des pays du BRICS. Il est probable que ses participants annonceront la création de la Banque de développement du groupe. Les sources de Reuters au sein du ministère sud-africain des Finances ont indiqué en avril que tous les préparatifs formels du lancement du nouveau système financier étaient déjà achevés.

    L’objectif principal de la création d’une telle banque réside dans le financement de projets conjoints d’infrastructure. Les cinq pays-membres devraient offrir des contributions égales aux fonds initiaux de la banque – 50 milliards de dollars – et au fonds anticrise – 100 milliards de dollars. Certaines sources estiment que le sommet pourrait porter sur l’entrée éventuelle de l’Argentine dans le groupe des BRICS. Le Buenos Aires Herald a écrit fin mai que lors de la rencontre entre les chefs de la diplomatie des deux pays, le Russe Sergueï Lavrov avait officiellement invité la partie argentine à prendre part au sommet en tant qu’observateur. Plus tard les autorités russes ont précisé que ce droit d’invitation appartenait au Brésil en tant que pays-hôte du sommet.

  3. La semaine prochaine Vladimir Poutine commencera sa tournée dans les pays d’Amérique latine. Selon une source proche de l’administration présidentielle, il fera effectivement escale à Cuba et cette visite portera notamment sur la coopération militaire et technique.

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