Le Portugal prêt à abandonner l’euro ?

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Le Portugal en bien mauvaise posture. Si l’Irlande affirme ne pas avoir besoin d’une quelconque aide financière de l’UE ou du FMI, Lisbonne pourrait être rapidement contrainte d’actionner le signal d’alarme. Et d’abandonner l’euro.

Samedi, Luis Amado, le ministre portugais des Affaires étrangères, a déclaré que son pays pourrait être contraint de renoncer à l’euro s’il ne parvenait pas à former un gouvernement de coalition élargie capable de régler la crise financière. Pour lui, la majorité et l’opposition doivent oeuvrer ensemble pour faire face à « une situation extrême ».

« Le pays a besoin d’une grande coalition lui permettant de traverser la situation actuelle. Je crois que les partis politiques comprennent que la solution de rechange à la situation actuelle serait de quitter finalement l’euro », a par ailleurs ajouté le ministre. Selon lui, les marchés pourraient en effet imposer qu’une telle décision soit prise.

Erik Nielsen, chef économiste chez Goldman Sachs, estime quant à lui dans une note de recherche que la Commission européenne pourrait avoir discuté d’une possible aide ce week-end avec le Portugal.

Ces dernières semaines, les investisseurs se sont montrés de plus en plus inquiets de la situation économique et financière du Portugal, le contexte irlandais n’arrangeant rien à l’affaire.

Mercredi, lors de sa dernière émission de dette à long terme de l’année, l’Etat portugais a levé 1,242 milliard d’euros en obligations à 6 et 10 ans à des taux qui n’avaient jamais été observés depuis la création de la zone euro. Cette double émission visait un montant indicatif global de 750 millions à 1,25 milliard d’euros.

 Au final, le Portugal a placé 686 millions d’euros en obligations à échéance 2020 au taux de 6,806%, contre 6,242 lors d’une émission similaire le 22 septembre. Les obligations à six ans ont été placées au taux de 6,156% contre 4,371% fin août.

Les analystes observent par ailleurs que l’intérêt des investisseurs pour la dette portugaise a nettement baissé, la demande a chuté de moitié en ce qui concerne l’émission à 10 ans.

Rappelons que via la mise en place d’un très sévère plan d’austérité, le gouvernement socialiste portugais s’est fixé pour engagement un déficit limité à 4,6% du produit intérieur brut (PIB) en 2011, à comparer au taux de 7,3% estimé pour 2010.

(3 commentaires)

  1. Lundi 15 novembre 2010 :
    « Inquiétudes » de la Commission européenne pour la zone euro.
    Tout en spécifiant qu’aucun plan de sauvetage de l’Irlande n’était en cours de négociation, la Commission européenne s’est inquiétée lundi 15 novembre de la situation budgétaire irlandaise et de ses répercussions pour la stabilité financière « dans l’ensemble de la zone euro ».
    « Il est clair qu’il y a des tensions sur les marchés » et « il est clair que la situation est sérieuse en ce qui ce qui concerne les comptes publics irlandais », a déclaré à la presse le porte-parole de l’exécutif européen pour les dossiers économiques, Amadeu Altafaj, soulignant que « les taux d’intérêt pour emprunts obligataires de l’Irlande, de la Grèce et du Portugal ont beaucoup grimpé ».
    « Il y a des inquiétudes concernant la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble, mais il est exagéré de dire qu’il y a des pressions pour pousser l’Irlande en direction d’un quelconque mécanisme » d’aide financière européen, a-t-il ajouté.
    Il répondait à des rumeurs faisant état de pressions de responsables européens sur Dublin pour que les autorités irlandaises acceptent une telle aide afin de ramener le calme sur les marchés financiers de la zone euro.
    « Nous devons résoudre nos problèmes nous-mêmes. Nous devons calmer cette histoire et nous atteler à résoudre nos propres problèmes », a insisté le ministre irlandais des Affaires européennes, Dick Roche lundi au micro de la radio privée Newstalk.
    Le ministre a ainsi joint sa voix au concert de dirigeants politiques assurant que l’Irlande pouvait se passer de l’aide européenne et n’avait pas demandé à en bénéficier, sans calmer pour autant les spéculations sur un recours imminent au fonds de sauvetage mis en place par l’UE et le Fonds monétaire international (FMI).
    « Nous présenterons à la fin du mois un plan d’austérité sur quatre ans », qui vise à ramener le déficit sous 3% du PIB en 2014, contre 32% prévu cette année, a-t-il rappelé, ajoutant: « c’est totalement irresponsable d’alimenter sans cesse cette histoire et de générer une telle agitation ».
    Même tonalité à la banque centrale européenne. Le vice-président de la Banque centrale européenne Vitor Constancio a estimé lundi qu’il revient au gouvernement irlandais de décider « s’il pense avoir besoin du dispositif d’aides européennes et quand ».
    Les autorités européennes ont évalué la situation du pays et sont « prêtes » à l’aider, s’il en fait la demande, a ajouté le Portugais en marge d’une conférence financière à Vienne.
    Le ton était nettement plus pressant à Lisbonne. Le ministre portugais des Finances, Fernando Teixeira dos Santos, a demandé lundi à Dublin de prendre en considération les autres pays de la zone euro, dans un appel indirect au gouvernement irlandais pour qu’il accepte une aide financière extérieure.
    « Je ne voudrais pas faire la leçon là-dessus au gouvernement irlandais, mais je veux croire qu’il décidera ce qui est le plus approprié à la fois pour l’Irlande et pour l’euro. Je veux croire qu’il saura prendre la bonne décision », a assuré le ministre dans une interview à l’agence de presse financière Dow Jones Newswires, évoquant la crainte d’une « contagion » pour le Portugal de la hausse des taux des obligations d’Etat irlandaises.
    http://www.challenges.fr/actualites/europe/20101115.CHA0113/inquietudes_de_la_commission_europeenne_pour_la_zone_eu.html

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