Huawei considéré comme cheval de Troie au Canada

C’est désormais beaucoup plus qu’une rumeur …

Alors qu’un récent rapport du Congrès américain a estimé que les constructeurs Huawei et ZTE pouvaient être comparés à de véritables chevaux de en terme de sécurité informatique, c’est au tour du Canada de mettre les points sur les « i ».

Huawei vient ainsi d’être écarté d’un marché public pour la construction d’un réseau de communication gouvernemental sécurisé.

« Le gouvernement choisira avec soin lors de la construction de ce réseau et a invoqué l’exception de sécurité nationale » pour ce projet, a expliqué le porte-parole du premier ministre. Tout de même, l’affaire semble sérieuse …

Les deux géants chinois des télécoms sont pointés du doigt depuis quelques mois. Certains analystes s’inquiétant de leurs rapports troubles avec le gouvernement.

Pour tenter de calmer les doutes, Huawei ne lésine pas en communication sur la sécurité, autorisant des audits de ses équipements, faisant appel à un fort lobbying si nécessaire …

S’agissant du rapport du Congrès US, ce dernier laisse entendre que la technologie du groupe Huawei pourrait être utilisée à des fins d’espionnage par Pékin. Qui croire ? Alors qu’une telle annonce est de nature à plomber les ventes du chinois … et donc de booster à contrario le chiffre d’affaires des concurrents américains tels que Apple.

Un rapport qui tombe tout de même à pic pour la firme créée par Steve Jobs alors que Huawei a désormais pour objectif de se faire connaître du grand public, grâce à des smartphones haut de gamme pouvant rivaliser avec ceux d’Apple.

Le bât qui pourrait blesser : Huawei a commis la « grossière erreur » de n’être pas basé dans un pays allié des Etats-Unis alors même que le secteur des télécommunications est considéré par Washington comme un enjeu majeur de sécurité nationale …

Au final, le rapport US préconise que les deux groupes industriels chinois ne puissent plus signer de contrats ou faire des acquisitions aux Etats-Unis, et que les systèmes du gouvernement américain ne puissent comporter d’équipements ni de pièces de ces deux sociétés.

En tout état de cause, l’enquête diligentée sur le dossier n’aura pas permis de déterminer que le matériel réseau des deux entreprises est digne de confiance. Les équipementiers chinois n’ayant pas daigné répondre à toutes les questions.

Précisons que Huawei a été fondé il y a près de 25 ans via le « soutien » financier de Ren Zhengfei, un ancien ingénieur de l’Armée populaire de libération (APL), lequel aura investi quelques milliers de dollars dans l’entreprise. Depuis lors, l’entreprise est devenue le deuxième fournisseur mondial d’équipements de télécommunications, derrière Ericsson.

En France, le sénateur Jean-Marie Bockel recommande pour sa part de supprimer les équipements chinois des coeurs de réseau, exhortant Huawei à communiquer ouvertement à la presse. Leur proposant une rencontre avec le parlementaire dans les prochaines semaines.

Sources : AFP, Reuters, Le Monde

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